Formule E à New York: pas besoin de bouchons

18/07/2017 17:59 EDT | Actualisé 18/07/2017 18:02 EDT
Louis-Philippe Dubé

Un texte de Louis-Philippe Dubé

Si la ville de New York est bien connue pour ses redoutables bouchons de circulation, la venue de la Formule E dans les rues de son arrondissement de Brooklyn a amené non seulement le sport automobile en ville, mais également une panoplie d'idées, innovations et concepts qui prônent, selon les responsables de l'organisation, le transport collectif, l'autopartage et le développement durable.

J'ai eu l'opportunité d'assister aux épreuves #9 et #10 du championnat de Formule E 2017 qui se sont déroulées dans la Grosse Pomme le weekend dernier, et qui ont connu une popularité surprenante avec près de 18 000 billets vendus pour les deux jours de l'événement.

La Formule E, en bref

La Formule E en est à sa quatrième saison. Pour 2017, la série s'est déplacée dans plusieurs villes du globe comme Berlin, Marrakech, Mexico et Hong Kong. Les deux dernières épreuves se dérouleront à Montréal les 29 et 30 juillet prochains.

Louis-Philippe Dubé

Les deux caractéristiques principales de la Formule E: les monoplaces qui y participent sont propulsées par des moteurs 100% électriques, et les circuits sur lesquels les épreuves prennent place sont aménagés en milieu urbain. Les 20 pilotes ont à leur disposition deux voitures chacun. Chaque épreuve est d'une durée de 50 minutes environ, et chaque pilote doit faire un changement de voiture quelque part durant l'épreuve.

La statue de la Liberté en arrière-plan

Vous l'aurez deviné, contrairement à d'autres sports motorisés, il n'est pas nécessaire d'emporter des bouchons ou autres équipements de protection auditive pour y assister; la Formule E produit environ 80 décibels, ce qui est supérieur à un véhicule de promenade moyen (70 décibels) et inférieur à une Formule 1 actuelle (120 décibels).

Louis-Philippe Dubé

Je suis forcé d'admettre que mes premières heures sur le site ont été remplies de questionnements. Tous les événements de sports motorisés d'envergure auxquels j'ai assisté impliquaient du bruit, de la boucane et cette odeur unique de carburant à indice d'octane élevé. Tout ça a été troqué par des bruits de composantes perceptibles à l'oreille, des vibrations des déflecteurs en fibre de carbone et une sonorité s'apparentant à celle de voitures téléguidées survitaminées. Pour un amateur de sport automobile traditionnel, le choc est rude.

Par contre, au cours des deux jours passés en bordure de piste, j'ai pu assister à des rivalités dignes des plus grandes courses. Les voitures sont maniées par des pilotes d'expérience, qui doivent composer avec la gestion de l'énergie, ce qui ajoute un volet intéressant à la compétition.

Louis-Philippe Dubé

Cette combinaison de talent et de stratégie a donné droit à des échanges animés et des moments forts, surtout vers les derniers tours. Et au terme des deux épreuves remportées par le pilote anglais Sam Bird de l'écurie DS Virgin Racing, le sentiment de « papillons dans le ventre » qu'amène chez moi la compétition automobile était bel et bien au rendez-vous.

Au-delà de la piste

Comme mentionné plus haut, le cirque de la Formule E traîne avec lui un lot de partenaires qui, généralement, font la promotion du développement durable. Le eVillage, c'est l'endroit à l'intérieur de la piste où ces entreprises organisent des présentoirs et activités interactives en lien avec leurs idées et technologies. L'organisation va même jusqu'à lancer des voitures robotisées sur la piste.

Louis-Philippe Dubé

Toutes les technologies automobiles ne sont pas nées en compétition, mais la quête de la victoire force les constructeurs et équipes à pousser la note et les limites des lois de la physique. Considérant qu'en course automobile, le pire ennemi est le poids, on peut espérer que dans l'éventualité où certains constructeurs se lançaient dans une course effrénée de développement de composantes - comme des batteries - de plus en plus légères pour gagner, l'industrie automobile en général pourrait en bénéficier.

Et l'intérêt qu'ont les constructeurs pour la Formule E ne fait que grandir. On a qu'à penser à Audi et BMW qui ont récemment fait des annonces de participation directes, en plus des constructeurs déjà impliqués.

Louis-Philippe Dubé

Conclusion

« Nous aimerions que le championnat se termine tous les ans à Montréal » a affirmé Alejandro Agag, le PDG de la Formule E.

Montréal connaît elle aussi son lot de bouchons de circulation, mais au même titre que New York, ses citoyens semblent motivés à appliquer les technologies et valeurs transmises par la Formule E, un sport qui ne requiert pas de bouchons dans les oreilles pour l'apprécier, et qui met l'emphase sur la mobilité électrique. Reste à savoir si les Montréalais seront au rendez-vous à la fin du mois de juillet pour assister à cet événement silencieux, mais tout de même palpitant.

Source: EcoloAuto.com