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Justin Trudeau presse les gouverneurs américains de maintenir une solide relation avec le Canada

À l'assemblée annuelle estivale des gouverneurs américains

14/07/2017 16:29 EDT | Actualisé 14/07/2017 16:31 EDT
Brian Snyder / Reuters

PROVIDENCE, Rhode Island - L'assemblée annuelle estivale des gouverneurs américains accueille pour la première fois de son histoire un chef d'État ou de gouvernement, soit le premier ministre du Canada.

Dans une allocution, vendredi, Justin Trudeau s'est évertué à faire valoir que le Canada est le plus important client des États-Unis, et de loin.

C'est en évoquant le poète américain Wallace Stevens que le premier ministre canadien a entamé son allocution devant les gouverneurs des États américains.

Wallace Stevens vendait des assurances le jour et ne rédigeait ses vers que le soir venu, a rappelé M. Trudeau à son auditoire.

« Je suis ce qui m'entoure », a écrit le poète. Citant cette phrase, Justin Trudeau a affirmé que les peuples américain et canadien partagent un même continent et que leurs solides relations se doivent d'être maintenues.

Puis, passant sans s'essouffler de la poésie à l'économie, Justin Trudeau a expliqué aux gouverneurs que le Canada constitue, pour leur pays, un client plus important que la Chine, le Japon ou encore le Royaume-Uni.

En fait, le Canada achète davantage des États-Unis que la Chine, le Japon et le Royaume-Uni combinés.

Une visite qui a son importance

Plus tôt dans la journée, Justin Trudeau avait eu l'occasion de discuter avec le vice-président des États-Unis, Mike Pence.

Ces entretiens prennent place dans un palais des congrès du Rhode Island. Des dizaines de gouverneurs américains y sont réunis de même que plusieurs représentants canadiens issus du fédéral et des provinces.

Cette rencontre est importante dans la mesure où Ottawa, Washington et Mexico s'engageront sous peu dans la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Nombre d'observateurs craignent que ces pourparlers ne minent la relation canado-américaine.

M. Trudeau a pu s'entretenir avec quelques-uns des gouverneurs. Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, est sorti de la rencontre en reconnaissant les différends entre les deux pays quant aux politiques sur les produits laitiers, tout en réfutant l'idée que tout irritant pourrait entraîner le démantèlement de l'ALENA.

M. Walker a déclaré aux journalistes que « l'accord a besoin d'être amélioré », ajoutant qu'il s'agit d'un traité « vieux de deux décennies » et qu'il y a toujours moyen d'améliorer les choses.

Établir des liens avec d'éventuels alliés

Les États-Unis doivent faire connaître leurs positions en vue des futures négociations de l'ALENA la semaine prochaine.

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Les représentants canadiens affirment que l'objectif à long terme est de créer des relations qui seront utiles, advenant la possibilité que le Canada ait besoin d'alliés qui se positionnent en faveur de l'ALENA.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, la ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, le ministre des Transports de la Nouvelle-Écosse, Loyd Hines, et des sénateurs font notamment partie de la délégation au Rhode Island.

« Nos discussions ici ont un but : le libre-échange et les renégociations de l'ALENA », a dit Christine St-Pierre, qui devait rencontrer un représentant mexicain et les gouverneurs de quatre États américains.

« Il s'agit d'un exercice de relations publiques pour convaincre nos partenaires de l'importance des échanges », a-t-elle ajouté.