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Montréal accueillera un premier colloque québécois sur l’accumulation compulsive

Le TAC est un véritable problème de santé publique pour les municipalités.

07/07/2017 12:52 EDT | Actualisé 07/07/2017 13:24 EDT
Shutterstock / MCarper

Montréal sera l'hôte du tout premier Colloque québécois sur le Trouble d'accumulation compulsive (TAC), aussi connu par son nom anglais « hoarding », en mars 2018. Ce problème de santé mentale causerait d'importants défis pour les municipalités et la santé publique.

Le TAC a été popularisé ces dernières années par des émissions américaines comme Hoarders ou Hoarders: Buried Alive («Enterrés vivants»). On y voit des gens qui accumulent des quantités phénoménales d'objets et expriment une incapacité à s'en départir.

« Les gens qui sont atteints d'un TAC ne peuvent pas se départir de ses objets parce qu'ils les aiment. Ils associent leur identité à ces objets, qui en viennent à prendre la place des amis, des connexions sociales, du soutien », affirme Yulyia Bodryzlova, chercheuse et organisatrice du colloque pour l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM).

Selon la chercheuse, le TAC est un trouble de l'anxiété. Les personnes atteintes utilisent ces objets pour combler un vide.

La santé publique en cause

Selon Mme Bodryzlova, le trouble d'accumulation compulsive peut apporter plusieurs problèmes pour les propriétaires de logements, pour les municipalités et pour les services de santé. Le colloque tentera de leur fournir des outils pour répondre à ces problèmes tout en respectant les droits des personnes atteintes.

« Ce trouble est souvent associé aux puces de lit et à une détérioration plus rapide bâtiment, explique la chercheuse. Il y peut y avoir des problèmes de salubrité. Quelles sont options pour la sécurité de bâtiment? Comment peut-on traiter ces gens de façon éthique? Comment gérer les droits propriétaires et ceux des locataires? Le colloque abordera ce genre de question. »

Ces informations sont en forte demande au sein des municipalités québécoises, selon la chercheuse.

« Nous avons beaucoup de demandes du milieu municipal, affirme-t-elle. Jusqu'à présent, nous avons formé 25 intervenants sur le TAC et nous avons rencontré 16 villes par visioconférence. »

Mme Bodryzlova souligne toutefois qu'il faut faire la différence entre le TAC et le syndrome de Diogène, deux problèmes de santé mentale qui sont souvent amalgamés dans des émissions comme Hoarders.

« Quand on voit des tas d'ordures éparpillés partout, c'est le syndrome de Diogène. C'est de la négligence, ces gens-là n'ont tout simplement pas la motivation pour se ramasser. Ça se répercute sur l'ensemble de leur vie, alors que les gens qui ont un trouble d'accumulation compulsive sont généralement fonctionnels dans les autres aspects de la vie. »

Le premier Colloque québécois sur le Trouble d'accumulation compulsive aura lieu le 22 mars, à l'Hôtel Universel Montréal. Mercredi, le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé une subvention de 3000 $ pour l'événement. L'IUSMM est présentement à la recherche d'autres sources de financement.

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