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Une étude alerte sur la dangerosité des coupes menstruelles

Comment prendre le moins de risques possible avec un tampon et une coupe menstruelle

05/07/2017 09:50 EDT | Actualisé 05/07/2017 10:07 EDT
gregory_lee
Comment prendre le moins de risques possible avec un tampon et une coupe menstruelle

Les tampons et leur composition mystérieuse d'un côté, la coupe menstruelle présentée comme un produit "miracle" de l'autre. Au centre, les préoccupations des femmes et les avancées de la recherche scientifique.

Mardi 4 juillet, les premiers résultats d'une étude ont été présentés par le Centre national de référence du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon (HCL), qui avait lancé à l'automne 2016 une collecte de 700 tampons usagés afin de mener des recherches.

D'après l'étude présentée mardi, "aucun dispositif (dans les tampons hygiéniques) ne stimule la production de la toxine qui déclenche le choc toxique", a souligné le centre. "Les produits semblent avoir un effet neutre, voire bloquer le développement du staphylocoque" la bactérie responsable du choc toxique, explique même le professeur Gérard Lina, chef de service aux HCL. Le choc toxique résulterait plutôt "d'un défaut d'information" sur l'utilisation du tampon. "Quand on les utilise correctement, le risque est moindre, mais pas de zéro", souligne le Pr Lina.

À contrario, les coupes menstruelles permettent une arrivée d'air plus importante, donc d'oxygène, ce qui favorise la croissance du staphylocoque, souligne l'étude menée par le HCL.

Voici les recommandations des spécialistes. À titre de comparaison, nous avons regardé ce qui figurait sur les notices des marques de tampons Tampax, Nett et des coupes menstruelles Be'Cup et Meluna, quatre références étudiées par les chercheurs lyonnais.

Combien de temps faut-il les porter en journée?

Pour les tampons comme pour les coupes, Gérard Lina et François Vandenesch, qui dirige le Centre national de référence (CNR) des staphylocoques, rappellent qu'il ne faut pas les porter plus de 4 à 6 heures.

Selon la notice de la marque Tampax et de Nett (une marque en France), les tampons peuvent être portés pendant 4 à 8 heures. Be'Cup (une marque de coupe menstruelle, comme Diva cup au Québec) est du même avis, "nous recommandons de vider votre be'Cup toutes les 4 à 8 heures, et toutes les 2 à 3 heures en cas de règles très abondantes". Sur le site de Meluna, plus que la sécurité, c'est la contenance qui est mise en avant: "cela dépend de l'abondance de vos règles, mais sachez que la Me Luna© peut contenir jusqu'à 3 fois plus de liquide qu'un tampon super absorbant".

Et la nuit?

Les deux spécialistes recommandent aussi de ne pas les porter la nuit, car la période d'utilisation sera trop longue.

Sur ce point aussi les notices sont moins pointilleuses: "vous pouvez porter un tampon la nuit jusqu'à une durée de huit heures, est-il inscrit sur la notice Tampax. Si vous voulez porter un tampon la nuit, insérez un nouveau tampon avant d'aller vous coucher et remplacez-le dès votre réveil. Si vous dormez habituellement plus de huit heures, utilisez plutôt une serviette hygiénique.

Même chose chez Nett qui met en avant le confort de porter un tampon la nuit par rapport à une serviette. Chez Be'Cup, pas de mise en garde, "vous dormirez sereinement avec cette protection confortable et allant jusqu'à 8h". Du côté de Meluna, il est précisé qu'elle "peut être portée pendant plus de 8 heures, plus longtemps qu'un tampon. Elle peut donc rester en place toute une nuit."

Qu'est-ce que le choc toxique?

Le choc toxique peut potentiellement toucher 1% des femmes, celles qui sont porteuses du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) et être fatal dans de rares cas. Dans les années 1980, la mortalité liée aux chocs toxiques était de 20 à 30%. Elle est désormais proche de zéro.

Avec un tampon, "le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud. C'est donc un milieu de culture formidable et s'il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang", expliquait le professeur Gérard Lina.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

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