POLITIQUE

Maximum 40 km/h (et même 30 km/h) presque partout à Montréal

Les automobilistes du Vieux-Montréal seront limités à 30 km/h, voire 20 km/h à certains endroits.

04/07/2017 15:09 EDT | Actualisé 04/07/2017 15:58 EDT
temmuz can arsiray

MONTRÉAL – La Ville de Montréal souhaite abaisser les limites de vitesse à 40 km/h sur l'ensemble de ses artères, à l'instar de ce qui a été fait dans des arrondissements comme Le Plateau-Mont-Royal et Rosemont. Les rues locales auront une limite de 30 km/h.

Le maire Denis Coderre a annoncé cette nouvelle mesure mardi, en compagnie d'élus et de représentants d'organismes comme Vélo Québec.

«L'objectif est d'harmoniser les limites de vitesse sur tout le territoire de la métropole», a affirmé le maire, soulignant l'importance d'encadrer les initiatives des arrondissements qui ont déjà abaissé les limites de vitesse.

«Montréal, ce sont des quartiers distincts, mais c'est une seule ville. En matière de sécurité routière et de protection des usagers vulnérables, la cohérence des actions est primordiale.»

Olivier Robichaud

50 km/h en périphérie

Le maire a invité l'ensemble des arrondissements à suivre les balises décrites dans la nouvelle stratégie, qui fait partie de la politique «Vision Zéro» visant à réduire les accidents impliquant les cyclistes et les piétons. Les artères et les rues locales des quartiers centraux devraient donc imposer les limites de 40 km/h et 30 km/h respectivement, alors que les quartiers périphériques pourront maintenir une limite à 50 km/h sur leurs artères.

Les extrémités est et ouest de la rue Sherbrooke, par exemple, conserveront une limite de 50 km/h. Idem pour les boulevards Henri-Bourassa et Marcel-Laurin.

Les automobilistes du Vieux-Montréal seront limités à 30 km/h, voire 20 km/h à certains endroits.

Forcer les récalcitrants

L'imposition de limites de vitesse dans les rues locales revient aux arrondissements. Le maire Coderre a toutefois annoncé son intention de « forcer les récalcitrants » à suivre les lignes directrices annoncées aujourd'hui.

«Si certains arrondissements ne suivent pas, on ira chercher un règlement pour forcer les récalcitrants. C'est de valeur, mais ça va se faire», a-t-il lancé.

«Application laxiste», dit l'opposition

Projet Montréal s'est réjoui que l'administration Coderre prenne exemple sur les mesures instaurées depuis plusieurs années dans des quartiers contrôlés par le principal parti d'opposition à l'hôtel de ville. La porte-parole Marianne Giguère estime toutefois que la Ville a fait preuve de «laxisme» dans l'application des mesures de sécurité pour les cyclistes et les piétons.

«On ne compte plus les occasions ratées d'améliorer la sécurité des déplacements dans nos rues. On n'a qu'à penser aux travaux sur les rues Jarry et Peel, et sur le boulevard Saint-Michel, qui ont été faits sans que des améliorations à l'aménagement soient apportées. On est très loin de la Vision Zéro», a mentionné Mme Giguère.

Olivier Robichaud
Marianne Giguère

Celle-ci ajoute que, selon le bilan annuel du SPVM, quatre piétons de plus sont décédés sur la route en 2016 comparativement à l'année précédente, pour un total de 15 décès. Le nombre total d'accidents impliquant des piétons a toutefois diminué de 0,1% et le nombre d'accidents impliquant des cyclistes a diminué de 2,4%.

Désagréable pour les automobilistes?

George Iny, directeur de l'Association pour la protection des automobilistes, craint toutefois que la mesure puisse affecter négativement les commerces.

«Il y a déjà un sentiment que conduire à Montréal est désagréable. Il ne faudrait pas que les nouvelles mesures aient un effet dissuasif pour la fréquentation des commerces», a-t-il déclaré.

Au Plateau-Mont-Royal, par exemple, le maire Luc Ferrandez a essuyé maintes fois les critiques de restaurateurs et autres entrepreneurs depuis qu'il a limité la vitesse, réduit les places de stationnement et instauré des rues à voie unique.

M. Iny ajoute toutefois que les mesures pourraient être acceptables si elles sont appuyées par des données empiriques montrant une réduction des blessures et des fatalités.