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Corée du Nord: Donald Trump fait pression sur la Chine

Pyongyang a effectué un nouveau tir de missile qui inquiète les Américains.

04/07/2017 16:15 EDT | Actualisé 04/07/2017 16:15 EDT

Exaspéré par un nouveau tir de missile de la Corée du Nord qui serait désormais capable d'atteindre l'Alaska, le président Trump exhorte la Chine à poser un « geste fort » pour mettre un terme « une fois pour toutes » aux provocations de Pyongyang.

« La Corée du Nord vient de lancer un autre missile. Est-ce que ce gars [Kim Jong-un] n'aurait pas quelque chose de mieux à faire avec sa vie? Difficile de croire que la Corée du Sud et le Japon vont endurer cela encore longtemps. », pouvait-on lire mardi matin sur le désormais célèbre compte Twitter du président Donald Trump.

Peut-être que la Chine va faire un geste fort au sujet de la Corée du Nord et mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes! Donald Trump, président des États-Unis

S'adressant au gouvernement chinois, allié historique de la Corée du Nord, le président américain a exhorté Pékin à agir pour calmer son voisin – quitte à utiliser la manière forte s'il le faut pour mettre un terme aux provocations de Pyongyang.

Moscou et Pékin tentent de désamorcer la situation

La Russie et la Chine, qui ont qualifié « d'inacceptable » ce tir de missile effectué le jour même où les Américains célèbrent leur fête nationale, ont appelé mardi la Corée du Nord à instaurer un « moratoire » sur ses tests nucléaires et ses tirs de missiles balistiques. Dans un communiqué commun, les ministères des Affaires étrangères russe et chinois demandent en contrepartie aux États-Unis de cesser leurs exercices militaires dans la région afin d'apaiser les tensions dans la péninsule.

Moscou et Pékin dénoncent également le déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad. Présenté comme une stratégie défensive destinée à contrer la Corée du Nord, ce système est considéré par les gouvernements russes et chinois comme une menace à leur propre sécurité.

La Corée du Nord, qui a déjà réalisé cinq essais nucléaires, dispose d'un petit arsenal de bombes atomiques. La république stalinienne affirme que sa quête pour développer un missile intercontinental (ICBM) est contrainte par la menace d'invasion de son territoire que représentent les 28 000 soldats américains stationnés en Corée du Sud.

N'importe quel point sur la planète

Dans une annonce publique théâtrale, la présentatrice de nouvelles nord-coréenne de la télévision d'État a évoqué avec émotion un essai « historique » supervisé en personne par le leader Kim Jong-un.

La Corée du Nord est « une puissance nucléaire forte » qui est dotée d'un « très puissant ICBM qui peut frapper tout endroit au monde », a ajouté avec fierté la présentatrice vedette du régime.

Selon Pyongyang, le missile balistique Hwasong-14 a atteint une altitude de 2802 kilomètres et a voyagé pendant 39 minutes sur une distance de 930 kilomètres avant d'atteindre sa cible dans la mer du Japon.

Le Japon et la Corée du Sud aux abois

Selon le Japon et la Corée du Sud, le missile a été tiré près de Banghyon, dans la province de Pyongan du Nord, frontalière de la Chine. Cet essai révèle selon ces deux pays une nette augmentation de la portée des missiles développés par la Corée du Nord.

Le gouvernement japonais a d'ailleurs vivement protesté contre cet essai militaire dans sa zone économique exclusive. Il s'agit pour Tokyo d'une grave provocation du régime nord-coréen et d'une violation des résolutions adoptées par les Nations unies contre Pyongyang.

« J'espère que la Corée du Nord n'ira pas jusqu'au point de non-retour », a pour sa part déclaré le président sud-coréen Moon Jae-in.

L'Alaska désormais à portée des missiles nord-coréens

Selon des experts américains, la performance du dernier engin lancé par Pyongyang est préoccupante dans la mesure où elle constitue une avancée notoire en termes de performance des armes de longue portée que développe Pyongyang. Certains experts estiment qu'un de ces missiles pourrait éventuellement atteindre l'Alaska.

Selon Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales, l'engin pourrait théoriquement atteindre Anchorage.

David Wright, scientifique membre de l'association Union of concerned scientists, estime pour sa part que la fusée a effectué une trajectoire « très incurvée et qu'elle pourrait atteindre une portée maximale d'environ 6700 km sur une trajectoire standard ».

Les analystes doutent cependant de la capacité des Nord-Coréens de miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile de ce type et maîtriser la technologie nécessaire pour effectuer avec précision un tir intercontinental.

Après ce nouveau tir de missile nord-coréen, les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud doivent se réunir cette semaine en marge du G-20, à Hambourg, pour discuter de la situation – une réunion à laquelle le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a vivement convié le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine.

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