DIVERTISSEMENT

UZEB, le retour des prodiges

Le dernier rendez-vous du groupe à la Place des Arts remonte à 1991.

30/06/2017 09:36 EDT | Actualisé 30/06/2017 14:15 EDT
Victor Diaz Lamich

Les membres du groupe UZEB n'avaient pas offert de spectacle depuis 25 ans. C'était donc un moment historique pour les amateurs de ce trio mythique de jazz-fusion québécois, jeudi, lorsque le bassiste Alain Caron, le guitariste Michel Cusson et le batteur Paul Brochu se sont présentés sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, à Montréal.

Il y a un quart de siècle, UZEB avait livré un concert extérieur devant une foule immense au Festival international de jazz de Montréal (FIJM). Pas besoin d'expliquer plus longuement la symbolique de cette renaissance UZEB.

Les musiciens sont arrivés sur les planches vers 20h45, à la suite d'une courte présentation du cofondateur du FIJM, André Ménard. Le mot «UZEB, UZEB, USEB» a alors été scandé par les spectateurs qui remplissaient le lieu. Une ovation avant la première chanson, voilà qui donnait le ton à cette première prestation de la tournée RE3UNION.

«On était ici, il n'y a pas si longtemps, il me semble », a dit le bassiste Alain Caron, visiblement touché par l'accueil. Pourtant, le dernier rendez-vous avec UZEB à la Place des Arts remontait à 1991. «Vous êtes certainement les fans les plus fidèles et les plus patients [...] Ça faisait un moment qu'on avait envie de revenir sur scène. La seule façon, c'était au Festival de jazz de Montréal».

UZEB - Festival de Jazz de Montréal

Virtuosité 2.0

Comme mentionné par l'un des musiciens dans un article de Radio-Canada, UZEB offre aujourd'hui une musique 2.0. Un travail qui respire leur évolution. Mêmes pièces, certes, mais livrées sous l'effet du temps qui a passé. Chacun a maturé, chacun a personnalisé sa couleur aussi.

Célébrées à grands coups de solos, ces retrouvailles entre les virtuoses musiciens et son public ont été grandement réussies.

La basse (notamment sur Perrier Citron et la romantique chanson bleue de cabaret jazz Après les confidences) et la guitare (dont New Hit, Goodbye Pork Pie Hat) ont craché une quantité ahurissante de notes durant la soirée. Caron et Cusson n'ont pas été chiches au rayon des (sympathiques) esbroufes musicales. Même Brochu, à quelques occasions, a démontré son savoir-faire dans quelques solos bien sentis. Mentionnons ceux sur le morceau Slinky et sur le bouillonnant Wake Up Call (issu du fameux album Noisy Nights, paru en 1988). Durant cette dernière pièce, le batteur a livré un combat musical démentiel avec son ami Alain Caron. D'ailleurs, durant ce passage, qui a duré cinq bonnes minutes, le bassiste a été particulièrement fougueux. Le pouce frappait les cordes de son instrument à une vitesse impressionante.

Et puis, n'oublions pas les cinq musiciens de cuivres (trombone, trompette et trois saxophones) qui ont ajouté une couleur très appréciée à la moitié des chansons proposées par UZEB, dont Junk Funk et Loose. Ces musiciens apportaient une richesse nécessaire à des morceaux qui trahissent parfois leur âge. Et puis, c'était beaucoup mieux que les quelques échantillonnages utilisés çà et là par UZEB durant le concert. Le MAC était-il vraiment nécessaire ?

Sur une mer teintée de jazz, de rock et parfois de blues (comme sur Cool It), on a dérivé avec UZEB durant environ deux heures, jusqu'aux rappels incluant 60, rue des Lombards, Brass Licks et Spider.

Oui, nostalgie, oui têtes blanches, oui quelques petits engourdissements dans la mécanique générale, mais franchement les trois comparses étaient beaux à voir et à entendre, 25 ans plus tard.

À noter que UZEB participera à une tournée de concerts au cours des prochains mois, que ce soit au Québec ou de l'autre côté de l'Atlantique.

La liste des chansons offertes par UZEB avant le spectacle

  • Uzeb Club
  • New Hit
  • Junk Funk
  • Goodbye Pork Pie Hat
  • Perrier Citron
  • Après les confidences
  • Loose
  • Cool It
  • Misteur Bill / Wake Up Call / Funkaleon
  • 60, rue des Lombards
  • Brass Licks
  • Spider

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