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Lucie Laurier, actrice «hors milieu» (ENTREVUE)

27/06/2017 09:20 EDT | Actualisé 27/06/2017 09:20 EDT
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Lucie Laurier garde le sourire et les yeux pétillants en racontant son anecdote, mais avance son visage et tend les bras devant elle sur la table pour bien appuyer son propos. On la sent peut-être pas outrée, mais certainement indignée.

«J’ai une amie qui avait été appelée pour une audition, et elle a été rappelée pour se faire dire de ne pas se pointer, finalement, parce qu’elle n’avait pas assez de followers sur Instagram. On parle d’une actrice de plus de 25 ans d’expérience. Ça n’a aucun rapport!», tonne-t-elle d’une voix douce.

La comédienne utilise cet exemple pour illustrer comment le milieu du cinéma et de la télévision sélectionne désormais ses têtes d’affiche désirées. Ce milieu, Lucie Laurier estime ne plus vraiment en faire partie, après quelques années passées en Europe (de 2008 à 2011) et, avoue-t-elle, peu de démarches concrètes pour revenir dans le circuit des personnalités en demande.

Elle a bien tenu un petit rôle dans Prémonitions, la série originale d’addikTV, l’an dernier, et on peut présentement la voir au cinéma dans Bon Cop Bad Cop 2, où elle reprend le personnage qu’elle incarnait dans le premier volet, mais sinon, c’est plutôt calme pour elle, côté carrière. Pour l’instant, l’artiste a dans sa mire le scénario d’une réalisatrice qu’elle admire, un film qui pourrait être tourné prochainement, mais rien n’est encore officiellement signé.

«Je suis un petit peu hors milieu, je vais t’avouer, concède-t-elle. Je n’ai pas d’agent qui me soumet pour des projets. Mais je ne sais pas quoi penser. Ça fait 34 ans que je fais ça. Je connais le milieu pas mal par cœur, même si c’a beaucoup changé. J’ai un peu un rapport amour-haine avec ce milieu, ce métier. Je l’aime peut-être à petites doses!»

«C’est tellement devenu un tel métier d’exposition, 24 heures sur 24, poursuit la femme de 42 ans. Moi, je rêve du cinéma dans une forme de mystère. Aujourd’hui, c’est une surexposition. Et j’imagine que je vais être obligée de le faire! Mais j’ai 32 posts en trois ans sur les réseaux sociaux (rires). J’ai compris qu’il y en a qui en font 32 par jour. Mais il faut accélérer à cet égard, sinon les gens (les producteurs, ndlr) ne veulent même pas nous rencontrer. Moi, ça ne m’est pas encore arrivé, mais ça se produit quand même. Ça n’a plus à voir du tout avec le talent.»

Elle blague qu’elle n’a pas tellement la culture du selfie imprégnée en elle.

«Même moi, qui avais été taxée de vouloir à tout prix de l’attention, d’être prête à tout, ce n’est pas vrai que je vais me préparer tous les jours pour être cute devant mon kodak. Et mon bras est trop court! Qu’est-ce que tu veux que je fasse? J’ai toujours l’air déformée (rires).»

«Haute démolition»

Malgré ces observations sans pitié, Lucie Laurier n’est pas amère pour autant. Comme on le constate, elle fait preuve d’autodérision et n’a pas l’apitoiement facile. N’empêche, elle est lucide à maints égards. Puis, elle reste optimiste.

«J’adore tourner, être sur un plateau. Mais les façons de tourner ont changé. La caméra HD, c’est de la «haute démolition», on s’entend. C’est un autre rythme, une autre gang, je suis super has been. C’est la même chose pour tout le monde : on prend les actrices et on les jette. Je suis aussi un peu responsable, parce que je suis partie en Europe pendant quatre ans. C’est le cycle de la vie : il faut rester pertinent.»

«Je ne suis jamais non plus totalement fataliste. Parce que ça fait longtemps. J’ai eu plein de hauts et de bas. Et il y a autre chose dans la vie…»

Hyperactive dans les événements mondains avec son compagnon Pierre Karl Péladeau par les temps qui courent, Lucie Laurier a également d’autres bonnes raisons de se réjouir, puisque son fils de 24 ans, Timothy, s’épanouit pleinement dans son boulot de créateur d’effets visuels au sein de l’entreprise Fake Studio. Le jeune homme est aussi l’une des moitiés du duo humoristique Infiniternet, qui obtient un certain succès sur le web.

Puis, elle était bien excitée de renouer avec l’univers policier de Bon Cop Bad Cop, elle qui se dit friande de longs-métrages d’action. Rappelons qu’elle était aussi de Nitro, en 2007.

«Je soupçonne un niveau de testostérone élevé chez moi (rires). Je suis une personne active, tonique dans la vie. Je trippe sur ces films-là. Je suis même une fan de Schwarzenegger et de Van Damme! C’est culte! J’aime ça!»

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