DIVERTISSEMENT

Fête nationale à Montréal: Dame Nature a finalement collaboré

24/06/2017 09:37 EDT | Actualisé 27/06/2017 12:26 EDT

Vendredi, 23 juin, veille de Fête nationale à Montréal. On craignait le pire à une heure de l'événement, sous un plafond de nuages gris, mais la Place des Festivals s'est miraculeusement remplie peu avant 21h, alors que le spectacle s'amorçait à 21h10.

Parapluies et drapeaux blancs et bleus levés haut, les Montréalais tenaient visiblement à être au rendez-vous coûte que coûte pour célébrer leur beau Québec, malgré les sautes d'humeur de Dame Nature, dont les larmes s'étaient précédemment faites insistantes à quelques moments dans la soirée.

En prestation d'ouverture, entre 19h30 et 20h30, Fred Fortin et ses acolytes Marie-Pierre Arthur et Patrick Watson ont manqué de chance, la pluie ayant généreusement arrosé leur passage sur scène, conclu devant quelques poignées de spectateurs.

Fête nationale à Montréal: Dame Nature a finalement collaboré

À Québec, il avait déjà été annoncé que le happening sur les plaines d'Abraham allait être devancé d'une heure en raison des orages imminents, devant une assistance minuscule aux premiers instants. À Montréal, le scénario a été tout autre : comme s'il attendait «le» bon moment, le ciel s'est subitement éclairci, quelques minutes à peine avant le coup d'envoi officiel, et l'espace s'est chargé, densément à l'avant, et de plus en plus librement derrière, à l'approche de la rue Sainte-Catherine.

Finalement, le Quartier des Spectacles a grouillé d'activité jusqu'à la tombée de la nuit, la température s'étant somme toute ajustée au diapason de l'ambiance festive. C'est l'organisation en arrière-scène qui a dû pousser un soupir de soulagement!

La langue de chez nous

Le concept de la célébration montréalaise de la Fête nationale, comme celle de Québec d'ailleurs, est le même depuis des lunes : un animateur (cette année, Guillaume Lemay-Thivierge, après le règne de trois ans de Louis-José Houde), des artistes invités, des numéros en solo ou en groupe, un ou deux succès respectifs de chacun mais, surtout, des classiques de la chanson québécoise, qu'on prendra plaisir à fredonner en chœur.

Vendredi, on a été gâtés à cet égard, avec des pots-pourris de Claude Dubois, Robert Charlebois et Gerry Boulet, du Beau Dommage, du Loco Locass, du Jean Leloup, du Paul Piché, du Claude Gauthier, du Daniel Bélanger, du Daniel Lavoie et des échantillons de tubes de toutes les époques, mais aussi de morceaux plus cachés, à connotation historique.

Le tout, sur fond de magnifiques projections colorées et diversifiées et d'éclairages parfois tonitruants. L'impeccable boulot du metteur en scène et réalisateur de la retransmission télévisée, Pierre Séguin, a brillé tout au long de ce concert des plus diversifiés.

Le blues de la métropole a été l'entrée en matière de ce long enchaînement de près de trois heures, un choix très juste en ce 375e anniversaire de Montréal, lequel a rayonné ici et là dans le programme à l'honneur, notamment dans cet assemblage de titres dédiés à la ville, comprenant entre autres Le but, Si j'avais un char, Montréal (cette ville), Sur l'perron, Mon cou, Montréal est une femme, Rue Ontario et Montréal -40. Philippe Brach a été excellent sur le Montréal de Beau Dommage. Idem pour Patrice Michaud sur La bitt à Tibi.

Dans son mot de bienvenue, Guillaume Lemay-Thivierge ne s'est pas éternisé. Affirmant d'abord être particulièrement honoré d'être aux commandes du grand rassemblement, il n'a pas tenté d'imiter son prédécesseur en jouant la carte de l'humour, mais s'est montré très éloquent en parlant du peuple québécois et en rendant hommage à la langue française.

«On célèbre notre culture unique, notre langue officielle. Cette langue qu'on protège depuis des générations (...) Cette langue qu'on peut chanter, qu'on peut crier, qu'on peut baragouiner (...) Cette langue qui se mêle si bien à toutes les autres, c'est le français!», a martelé un Lemay-Thivierge articulé.

Ce dernier a été touchant en expliquant qu'il entonne J'ai souvenir encore à ses enfants en leur racontant l'histoire d'un petit garçon appelé Monsieur Émile, en référence au personnage qu'il a incarné, tout petit, dans le film Le matou. Guillaume, Patrice Michaud, Charlotte Cardin, Philippe Brach, La Bronze et Gardy Fury ont mélangé leur voix sur la ballade et ont été interrompus par l'entrée sous les projecteurs de Claude Dubois lui-même, qui a causé un petit délire au parterre. Allaient suivre Comme un million de gens, Besoin pour vivre (le public a joué les choristes en scandant les yeah, yeah, yeah du refrain), Chasse-galerie et Femme de rêve.

Charlebois en finale

Les hyperactifs Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin ont été endiablés et «endiablants» sur Y'a pas grand-chose dans l'ciel à soir. Entourés de 70 choristes et de dix danseurs, le couple y est lui-même allé de quelques pas chorégraphiés et a même exécuté une savante pirouette. L'air mythique de Piché, que les deux vedettes ont terminé figées, le bras levé haut, a emprunté quelques accents de musique celtique pour l'occasion. C'était de toute beauté.

On a réinventé le traditionnel discours patriotique, en donnant la parole à des Québécois de toutes origines situés ça et là dans la mer de monde qui animait la Place des Festivals. Sur les écrans des deux côtés de la scène sont apparus des visages jeunes et vieux, qui ont exprimé, chacun à sa façon, leur appartenance à la Belle Province. Leurs jolies réflexions avaient été précédées du Plus beau voyage de Claude Gauthier, rendu par tous les jeunes chanteurs au rendez-vous.

Une bonne pensée à été décernée à Offenbach et Gerry Boulet, dont on a repris les légendaires Mes blues passent pu dans' porte et Chu un rocker. Plus tard, affublé d'un chandail des Expos, Robert Charlebois a fait irruption sans crier gare à la fin d'un medley-coup de chapeau à l'histoire de Montréal, au son de Cartier, qui s'est complétée par une pétarade de feux d'artifice.

Le vétéran a ensuite partagé ses classiques (J't'aime comme un fou, Entr'deux joints, Madame Bertrand) avec Gardy Fury, Philippe Brach et Charlotte Cardin, avant de pousser, seul, une décapante et enflammée Mon pays, serviette autour du cou et énergie de ses 20 ans en prime.

La fiesta s'est poursuivie et terminée – toujours sans averse! - sur une note «Charlebois-esque», avec Ordinaire et Je reviendrai à Montréal, gracieusement offertes par leur interprète original, assis au piano et ému de la réception de la foule.

Toutes ensemble, les troupes de cette 183e Fête nationale à Montréal, y compris Robert Charlebois et Claude Dubois, se sont unies sur l'intemporelle Quand les hommes vivront d'amour. Une sobre finale, représentative des heures qu'on venait de vivre et de bon goût.

Le Grand spectacle de la Fête nationale à Montréal sera présenté intégralement à Radio-Canada ce samedi, 24 juin, dès 20h, puis disponible ensuite sur Tou.tv pendant un mois. Rythme FM et CKOI le diffuseront également samedi soir.

Ils faisaient tous partie du spectacle...

Guillaume Lemay-Thivierge (animateur)

Claude Dubois

Robert Charlebois

Patrice Michaud

Charlotte Cardin

Philippe Brach

Émily Bégin

Gardy Fury

Shauit

La Bronze

Alaclair Ensemble

Quelques numéros intéressants...

- La chanson d'ouverture, Le blues de la métropole, avec Guillaume Lemay-Thivierge, Patrice Michaud, Charlotte Cardin, Philippe Brach, La Bronze et Gardy Fury.

- Le segment des «chansons à turlute», avec Claude Dubois, Patrice Michaud, Philippe Brach, Charlotte Cardin, Gardy Fury, La Bronze, Alaclair Ensemble, Émily Bégin et Guillaume Lemay-Thivierge.

- Le I Lost My Baby de La Bronze et ses motifs visuels psychédéliques derrière.

- Le Y'a pas grand-chose dans l'ciel à soir survolté d'Émily Bégin, Guillaume Lemay-Thivierge, leurs 70 choristes et 10 danseurs.

- Le brassage de popotin frénétique de Gardy Fury à la finale de Bouge tes fesses

- Le duel «rap versus trad» d'Alaclair Ensemble et La Bronze et ses puissants éclairages.

- La version du Plus beau voyage de Patrice Michaud, Philippe Brach, Charlotte Cardin, Guillaume Lemay-Thivierge, Gardy Fury, La Bronze et Émily Bégin, suivie du discours patriotique livré par des Québécois de toutes origines repérés dans la foule, chacun y allant de son témoignage personnel.

- La relecture reggae d'Heureux d'un printemps de Gardy Fury.
- Le Fous n'importe où de Philippe Brach et Charlotte Cardin.
- Charlotte Cardin en solo sur La vie en rose.
- Patrice Michaud en solo sur Tension attention.
- La salutation aux autochtones de Shauit, sur Bienvenue nuitsheuakan, l'un de ses propres textes composés spécialement pour ce soir du 23 juin.
- La portion-hommage à Robert Charlebois (J't'aime comme un fou, Entr' deux joints, Madame Bertrand, Mon pays, Te v'là, Ordinaire, Je reviendrai à Montréal)

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