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Une mère qui exige un «docteur blanc»: pas un cas isolé

21/06/2017 09:49 EDT | Actualisé 21/06/2017 09:50 EDT

Le cas d'une mère qui ne voulait pas que son fils soit vu par un « médecin brun aux dents brunes » dans une clinique à Mississauga, en banlieue de Toronto, n'est pas unique, mais reflète un problème assez répandu, selon la présidente désignée de l'Association médicale de l'Ontario.

La Dre Nadia Alam raconte avoir vu des exemples similaires de racisme « durant mes études, ma résidence et mes années de pratique ».

«Beaucoup de médecins de minorités visibles ou qui ont un accent, ce qui suggère qu’ils sont immigrants, font face à des événements comme ça.» - Dre Nadia Alam, présidente élue de l'Association médicale de l'Ontario

Certains patients demandent carrément de voir un autre docteur, citant la couleur de votre peau, raconte la Dre Alam.

« J'ai été blessée »

La Dre Mireille Norris du département de gériatrie de l'Hôpital Sunnybrook de Toronto, qui est d'origine haïtienne, dit avoir été « harcelée » et « blessée [psychologiquement] » par des patients.

«[C'est comme si certains patients sentaient] qu'ils peuvent le faire, parce que c'est un médecin de couleur, une minorité, une femme.» - Dre Mireille Norris

La Dre Norris ajoute qu'elle se « protège » maintenant, en s'assurant de toujours avoir une infirmière ou un autre employé de l'hôpital à ses côtés lorsqu'elle discute de questions délicates avec des patients.

Pour sa part, la première ministre Kathleen Wynne est « outrée » par les propos de la mère. « Ce genre de comportement, de racisme et de haine, n'a pas sa place dans notre société », a-t-elle affirmé.

Que peuvent faire les médecins?

Selon la Dre Alam de l’Association médicale de l’Ontario, il s’agit d’une « zone grise ».

Elle explique qu’un médecin peut quitter la pièce s’il sent que sa sécurité est menacée, mais il s’expose à une plainte et la perte possible de son permis de pratique s’il refuse de soigner un patient.

« On doit admettre qu'il y a un problème, dit-elle. Les écoles de médecine et les programmes de résidence peuvent jouer un rôle [quant à l'enseignement de la façon de gérer des cas du genre]. »

Pour sa part, la Police régionale de Peel précise que son service des relations multiculturelles examine les événements. Mais aucune plainte ou accusation n'a été déposée.

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