Gabriel Nadeau-Dubois prêt à devenir premier ministre un jour

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GABRIEL NADEAUDUBOIS
Gabriel Nadeau-Dubois / Facebook
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Gabriel Nadeau-Dubois ne manque ni d'assurance ni d'ambition. Le nouveau député solidaire de Gouin voit grand, très grand. Pour son parti et pour lui-même.

Selon lui, Québec solidaire est aux portes du pouvoir, prêt à former le prochain gouvernement. Et quand QS prendra le pouvoir, à court ou moyen terme, il sera prêt à occuper le siège de premier ministre du Québec.

Si ce scénario se présente, "c'est sûr que je ne reculerai pas", assure le jeune député avec aplomb, au cours d'une longue entrevue avec La Presse canadienne visant à faire le point sur ses débuts remarqués en politique active.

Mais il faudra d'abord qu'il soit désigné par sa base comme porte-parole aux débats des chefs de la prochaine campagne électorale et candidat premier ministre, comme l'était sa prédécesseure dans Gouin, Françoise David. Les statuts de Québec solidaire font en sorte que le parti n'a pas de chef, mais plutôt deux porte-parole, un homme et une femme, lui-même et Manon Massé. Les membres devront donc choisir entre les deux, à l'automne.

Il ne se fera pas prier pour être candidat premier ministre. "Si les membres me le demandent, c'est sûr que je vais y aller", dit M. Nadeau-Dubois, qui n'entend reculer devant aucun défi.

"J'ai envie d'être ici un bon moment", dira-t-il à propos de sa présence à l'Assemblée nationale, où il semble à l'aise comme un poisson dans l'eau, même s'il n'a que deux semaines d'expérience parlementaire derrière la cravate.

"J'adore ça" la vie de parlementaire, commente-t-il, parce qu'elle est synonyme d'action. Depuis qu'il a été assermenté, il n'a pas chômé, multipliant les points de presse, posant des questions directement au premier ministre en Chambre, et potassant déjà ses dossiers en commission parlementaire.

Même si Québec solidaire demeure un parti marginal sur l'échiquier politique, avec trois députés et seulement 7,6 pour cent d'appuis aux dernières élections générales, M. Nadeau-Dubois estime qu'il faut désormais inscrire Québec solidaire dans les ligues majeures, "une force politique de premier plan".

"L'étape qui commence pour nous maintenant, c'est la marche vers le gouvernement", dit-il, fuyant toute fausse modestie.

QS va ratisser large dès octobre 2018, prédit le député, et gruger des votes à toutes les formations politiques, pas seulement au Parti québécois. Des libéraux et caquistes seraient prêts à voter QS, selon lui.

"Dorénavant, Québec solidaire se présente devant les gens en disant: Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement", est persuadé le député, qui entame sa carrière politique sans complexe.

Malgré son manque d'expérience, il n'est pas exactement du genre à rester dans l'ombre. "Mon intention, c'est de déranger", confie le député de 27 ans. "Je ne suis pas venu en politique pour me tenir tranquille dans mon coin."

L'ex-leader étudiant du printemps érable sait parfaitement que les opinions sont très tranchées à son sujet. Certains l'adulent, d'autres le qualifient d'arrogant. Mais il s'en fout.

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"Il y a des gens qui vont me détester, mais ça ne me dérange pas", laisse tomber celui qui ne veut pas se laisser distraire par ce genre de considérations.

En politique, ce qui l'anime, ce qui le motive vraiment, c'est "changer le système dans lequel on vit", c'est "transformer le système politique et économique", dit l'homme de gauche, qui veut "prendre le pouvoir pour changer les choses" en profondeur au Québec.

Le momentum est parfait, selon lui. L'exemple de plusieurs pays, dont la France, où le mouvement En marche! lancé par Emmanuel Macron il y un an a été couronné de succès, représente une source d'inspiration et confirme sa vision des choses.

"Partout à travers le monde, il y a un vent de changement qui souffle très, très fort", note-t-il, décelant dans plusieurs démocraties une "fatigue" envers les partis traditionnels.

Sur cette lancée, il n'a aucunement l'intention d'édulcorer le programme du parti ou de le recentrer pour gagner des votes. Ce programme, il l'endosse intégralement, sans réserves. Pas question, donc, d'arrondir les angles.

Car le problème de QS ne réside pas dans le contenu radical de certaines de ses propositions, mais plutôt dans le défi de transformer ses idées en "politiques publiques concrètes" visant à améliorer la vie des gens "au quotidien".

Est-il d'accord, par exemple, avec le programme du parti sur la nationalisation de différents secteurs d'activités, comme les mines? Oui. Il cherche quand même à se faire rassurant: "On ne veut pas nationaliser les dépanneurs".


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