POLITIQUE

L'homme de confiance de Martine Ouellet a voulu «casser» un député du Bloc

07/06/2017 10:28 EDT | Actualisé 07/06/2017 10:28 EDT

Le torchon brûle toujours entre la chef du Bloc québécois Martine Ouellet et la majorité de son caucus.

Le HuffPost Québec a appris que la tension est si vive à l’interne que des informations ont été coulées par son chef de cabinet Louis-Philippe Dubois dans le but avoué de nuire à la réputation de l’ancien chef par intérim Rhéal Fortin et de mettre fin à une fronde de certains députés.

MISE À JOUR: Le chef de cabinet de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a été démis de ses fonctions, puisqu’il n’a « plus le lien de confiance avec l’ensemble de l’aile parlementaire nécessaire à la réalisation de son travail ». Mme Ouellet et son chef parlementaire Xavier Barsalou-Duval ont condamné toutes pratiques de coulage dans les médias par voie de communiqué.

LIRE AUSSI:

» Le lien de confiance entre les bloquistes et Martine Ouellet est «affecté»

martine ouellet

Le bureau d’avocats dont M. Fortin fait partie a déjà obtenu de juteux contrats de l’ancienne administration du maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon.

Si l’on en croit un reportage de Radio-Canada, Bissonnette Fortin Giroux a obtenu près de 1,9 million de dollars en contrats entre 2007 et 2012. Or, aucune accusation n’a été portée à l’endroit du député de Rivière-du-Nord ni de sa firme.

Certains députés n’en reviennent pas que l’homme de confiance de Mme Ouellet ait voulu nuire à l’un des leurs. « Si c’est avéré, cette histoire-là, pour moi, c’est trop gros pour y croire », a laissé tomber Gabriel Ste-Marie, le leader parlementaire du Bloc et député de Joliette.

« On est tellement une petite équipe, on a tellement à faire, on a tellement de défis devant nous. Il faut qu’on se tienne ensemble », a-t-il plaidé. « Si c’est avéré...un bris de confiance majeur. Ça n’a aucun sens. »

Monique Pauzé, la députée de Repentigny, estime quant à elle que c’est « difficile à croire » que la garde rapprochée de la nouvelle chef cherche à couler un des leurs.

« On ne se cachera pas que le climat est tendu. Est-ce que c’est pour ça? On a des discussions. Je pensais que c’était des discussions honnêtes. Est-ce que c’est pour cette raison-là qu’on veut faire un exemple? C’est bizarre. C’est difficile à croire. »

« Je trouve ça incroyable que quelqu’un veuille, dans le fond, ‘casser’ un député. C’est sûr qu’il va falloir faire la lumière sur tout ça », a poursuivi l’ancienne whip de la formation politique.

M. Fortin, pour sa part, s’est refusé à tout commentaire sur ses liens avec l’ex-maire Gascon et sur l’attitude de M. Dubois à son endroit.

Le courant ne passe pas

Dès son entrée en poste, Mme Ouellet a entrepris de centraliser les activités de ses députés. Tout communiqué de presse, toute annonce ou tweet doit être approuvé par elle-même ou son chef de cabinet avant publication.

La semaine dernière, le Bloc québécois a exprimé des craintes sur la Banque de l’infrastructure du Canada, qui pourrait faire fi des lois du Québec. Cette annonce n’avait pas été autorisée par Mme Ouellet, et sa garde rapprochée a voulu s’assurer que cette situation ne se reproduise plus, selon nos informations.

Même si l’initiative a été découragée dans ses propres rangs, Mme Ouellet a pourtant accepté de présenter conjointement une motion sur le sujet, initiée par le péquiste Nicolas Marceau, qui a été adoptée à l’Assemblée nationale à l’unanimité.

Une autre motion qui demande au gouvernement canadien de reconnaître l’État palestinien a elle aussi été source de malentendus, la semaine dernière. Le porte-parole bloquiste en matière d’affaires étrangères, Luc Thériault, était tenu dans l’ignorance jusqu’à la parution du communiqué, selon La Presse Canadienne. C’est son collègue Mario Beaulieu qui doit présenter la motion à la Chambre des communes.

Le Devoir avait déjà fait état d’insatisfactions dans le caucus après l’élection par acclamation de Mme Ouellet. Certains députés étaient réticents à l’idée qu’elle nomme Xavier Barsalou-Duval comme chef parlementaire ou encore M. Dubois comme chef de cabinet.

Depuis la parution de l’article, le caucus bloquiste est resté muet sur les difficultés internes du parti. Mais la volonté de « casser » l’un des leurs leur fait craindre le pire.

« On est juste 10 au Bloc et je pense qu’on a bien des combats devant nous. Il faut qu’on soit unis, » soutient M. Ste-Marie. « Le mouvement indépendantiste a tellement à faire… Il faut qu’on soit vraiment unis, il faut qu’on apprenne à travailler ensemble. »

LIRE AUSSI:

» Un proche de Martine Ouellet songe à prendre le relais dans Vachon