POLITIQUE

Le Bloc va laver son linge sale en famille lors d'un caucus spécial

07/06/2017 02:06 EDT | Actualisé 07/06/2017 04:01 EDT
PC

Le Bloc québécois tiendra un caucus spécial mercredi soir avec leur chef Martine Ouellet pour faire la lumière sur le comportement de son ancien chef de cabinet Louis-Philippe Dubois.

M. Dubois a été démis de ses fonctions dans la journée, après des révélations du HuffPost Québec à son sujet. Il avait tenté de couler des anciennes informations dans le but de nuire à l’ancien chef par intérim Rhéal Fortin.

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« Il va peut-être se calmer, là, a-t-il dit. Si ça s’avère et ça sort, OK, ça va nous donner un méchant coup – on va peut-être perdre cinq, six points [dans les sondages] – mais ça va revenir dans un mois ou deux. »

En conférence de presse, sept des dix députés ont dénoncé ce comportement estimé inacceptable. Le leader parlementaire Gabriel Ste-Marie dit que le lien de confiance avec la chef est « affecté » et que l’embauche de M. Dubois était une erreur de jugement.

« Louis-Philippe Dubois, le chef de cabinet de la chef, travaillait davantage contre les députés du Bloc que pour le Bloc. Ça, c’est un immense manque de jugement. C’est un immense manque de jugement d’avoir nommé Louis-Philippe Dubois comme chef de cabinet », a-t-il pesté en conférence de presse.

Plusieurs députés avaient des réticences à ce que Mme Ouellet, élue par acclamation à la mi-mars, nomme M. Dubois comme chef de cabinet dès son entrée en fonction. Il travaillait auparavant comme attaché politique pour le bloquiste Xavier Barsalou-Duval, qui est maintenant chef parlementaire.

« Nous autres, on lui avait dit que [M. Dubois] n’avait pas les compétences et qu’il n’avait pas notre confiance. Là, notre lien de confiance avec Martine est affecté, ça va prendre bien du travail pour le rétablir », a prévenu M. Ste-Marie.

« Martine a décrit elle-même Louis-Philippe Dubois comme son complice. Non seulement il a été son directeur de campagne, mais je rappelle qu’il a été aussi son directeur des communications lors de [sa deuxième] course à la chefferie du Parti québécois. »

La députée de Repentigny, Monique Pauzé, a raconté qu’un autre employé de Mme Ouellet de tenté de « saboter » l’assemblée générale du Bloc dans sa circonscription en s’en prenant à un membre de son personnel, lundi soir. « Il l’a menacé physiquement et il l’a traité de tous les noms. »

« Est-ce qu’il y a une culture d’intimidation depuis quelque temps? Je pense que ça donne un exemple », a renchéri Mme Pauzé.

Le doyen du parti, Louis Plamondon, a convoqué un caucus spécial avec la chef à 18h à Ottawa. Mme Ouellet a donc dû partir en vitesse de Québec vers la capitale du Canada pour faire face à un caucus visiblement furieux.

M. Ste-Marie n’a pas voulu s’avancer sur les sujets précis qui seraient abordés, ni sur la teneur des discussions, mais on comprend que ça va chauffer. « Au Bloc, on lave notre linge sale en famille, on va faire ça ce soir. »