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Un juge emprisonne une victime d'agression sexuelle pour l'obliger à témoigner

05/06/2017 03:46 EDT
Service de police d'Edmonton

La ministre de la Justice de l'Alberta s'est excusée auprès de la mère d'une victime d'agression sexuelle, qui a été emprisonnée par un tribunal qui voulait s'assurer de son témoignage durant l'audience préliminaire de son agresseur.

« J'ai été outrée et attristée d'apprendre comment cette jeune femme avait été traitée par notre système judiciaire, après avoir été victime d'un horrible crime », affirme la ministre Kathleen Ganley. « J'ai présenté mes excuses à sa mère. »

kathleen ganley

La ministre de la Justice de l'Alberta, Kathleen Ganley

Une enquête indépendante sera aussi menée pour s'assurer que ce genre de cas ne se reproduise pas.

Elle survit à une violente attaque

La victime était une femme de 28 ans, dont l'identité est protégée par une interdiction de publication de la cour. Radio-Canada utilise le pseudonyme Angela Cardinal pour raconter son histoire.

Angela Cardinal était sans-abri et dormait dans le couloir d'un immeuble d'appartements lorsqu'elle a été attaquée, en juin 2014, par Lance Blanchard, un homme au lourd passé criminel.

kathleen ganley

Lance Blanchard a été reconnu coupable de plusieurs accusations, dont une d'agression sexuelle grave.

Lance Blanchard l'a violemment attaquée, poignardée et agressée sexuellement. Selon les documents de la cour, Angela Cardinal a été ligotée et a subi une profonde entaille à la main en se protégeant d'un coup de couteau.

« J'ai essayé de m'échapper, mais je n'étais pas capable de m'enfuir », a témoigné la victime. « Je priais pour mourir avant qu'il ne me fasse encore plus mal. »

Angela Cardinal a finalement réussi à composer le 911 sur son téléphone cellulaire pour obtenir des secours.

Les circonstances de l'emprisonnement

Angela Cardinal s'est présentée à la cour le 5 juin 2015 pour témoigner contre son agresseur. Elle s'est endormie à plusieurs reprises durant les procédures et avait de la difficulté à répondre aux questions.

À la suite de la demande de la procureure de la Couronne, Patricia Innes, le juge Raymond Bodnarek a ordonné qu'Angela Cardinal soit enfermée dans un centre de détention provisoire. Le juge a utilisé l'article 545 (1) du Code criminel du Canada pour justifier sa décision, un article qui s'applique normalement aux personnes qui refusent de témoigner.

Angela Cardinal a supplié la cour de la libérer. Elle a été emprisonnée pendant cinq jours.

«Je suis la victime, et regardez-moi, j'ai des menottes. Il faut commettre un crime pour aller en prison!» - Angela Cardinal

Le juge a refusé sa demande, mais a promis que des précautions seraient prises pour qu'Angela Cardinal soit détenue loin de son agresseur. À plusieurs reprises, elle a été obligée de côtoyer Lance Blanchard durant le trajet du centre de détention à la cour.

Fin tragique pour Angela Cardinal

Sept mois après l'audience préliminaire, Angela Cardinal est morte, tuée par balle dans un accident impliquant une arme à feu. Un homme a plaidé coupable à une accusation d'homicide involontaire en lien avec sa mort.

Angela Cardinal ne s'était pas confiée à sa mère avant de mourir. Cette dernière a seulement appris les détails du crime et du traitement de sa fille en cour après sa mort.

« Ce n'est pas correct », dit la mère d'Angela en pleurant. « Après tout ce qu'elle a vécu, c'est tellement injuste. »

Lance Blanchard a finalement été reconnu coupable de voies de fait graves, d'agression sexuelle grave, d'enlèvement et de plusieurs autres accusations graves. La Couronne a l'intention de demander qu'il soit déclaré délinquant dangereux.

D'après les informations de Janice Johnston

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