«Chuck» de Philippe Falardeau: les hauts et les bas d'un boxeur déchu

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Dans son nouveau film, Chuck, Philippe Falardeau dresse le portrait de Chuck Wepner, un boxeur poids lourd oublié du grand public après un combat iconique de 15 rounds contre le fameux Mohammed Ali. Sous les traits de Liev Schreiber, le voilà bien vivant et de retour sur le ring.

Même si son nom ne vous dit probablement pas grand-chose, derrière Chuck Wepner se cache Rocky Balboa, l’icône cinématographique imaginée par Sylvester Stallone pour sa saga à succès. «Quand j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite été attiré par cette histoire exceptionnelle, a expliqué Philippe Falardeau en entrevue. J’avais devant moi le parcours d’un homme dont les choix de carrière ont été sacrifiés sur l’autel de la notoriété.»

Ancrée dans le disco des années 1970, le long métrage préfigure l’ère du vedettariat à tout prix qu’avait déjà prophétisé Andy Wahrol et son fameux quinze minutes de célébrité. «C’est pourquoi ce n’est pas un film de boxe, mais un film sur un boxeur, a ajouté Falardeau. D’ailleurs le match de boxe a lieu dans le premier tiers et non à la fin du film comme exercice de rédemption mainte fois vue dans d’autres productions du genre.»

D’abord titré The Bleeder, un clin d’œil au surnom du boxeur du New Jersey qui, visiblement, encaissait les coups sanglants sans frémir, le biopic s’intitule aujourd’hui Chuck. Le changement s’est confirmé après qu’un autre film de boxe – sortie l’automne dernier – portait un titre similaire. «Pour ne pas créer de confusion, les producteurs ont décidé de changer le titre pour Chuck», précise le réalisateur québécois.

Poète ratoureux

À la suite de son combat historique contre le grand Ali, qu’il réussit à envoyer au tapis le 24 mars 1975 par un expéditif et inespéré uppercut, Chuck devint une véritable vedette jusqu’à la déchéance. En effet, ce coureur de jupons cocaïnomane et fêtard invétéré se retrouva derrière les barreaux pour trafic de drogue. «Quel destin fascinant! Il a eu son heure de gloire, toutefois, il s’est rapidement retrouvé avaler par une spirale qu’il n’a pas pu ou su contrôler», raconte le cinéaste.

Afin de construire un Chuck plus proche de la réalité, Falardeau est allé chercher dans les archives du sportif des traits de caractère insoupçonné comme cette passion de la poésie. «Ce n’était pas inclus dans le scénario initial, mais quand j’ai appris qu’il aimait écrire des poèmes, je me suis dit qu’il fallait mettre cela dans le film.»

Les précédents longs métrages de Philippe Falardeau ont souvent mis en scène des personnages nobles. La dignité dans Monsieur Lazhar ou la persévérance dans le récent Guibord s'en va-t-en guerre font du cinéaste un allié des âmes sensibles. «Chuck possède plus de défauts que de qualités. Son caractère sale et rude m’attirait comme une nouvelle avenue à explorer cinématographiquement. Il est menteur, ratoureux, malgré tout, Chuck n’est jamais détestable. Il nous touche. Son charisme et son appétit de vivre sont tout simplement contagieux», a-t-il conclu.

Chuck – Drame sportif – Entract Films – 101 minutes – Sortie en salles le 19 mai 2017 – États-Unis.

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