Le SPVM voulait aussi écouter les conversations en personne de Lagacé et Djelidi

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PATRICK LAGACE
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En une occasion, la police de Montréal s'est préparée à placer des agents en filature pour écouter les échanges entre le chroniqueur Patrick Lagacé et le policier Fayçal Djelidi dans un lieu public. Mais, finalement, elle ne l'a pas fait, parce que la rencontre entre les deux hommes n'a pas eu lieu.

Le policier Normand Borduas, qui travaillait aux enquêtes internes du SPVM, a témoigné à cet effet, jeudi, lors de sa quatrième journée devant la Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

"On s'est préparé à le faire et la rencontre n'a pas eu lieu finalement. M. Lagacé ne s'est pas présenté", a rapporté le témoin.

La technique qu'il décrivait consiste à placer des agents d'infiltration dans un lieu public où une rencontre d'intérêt est censée avoir lieu et d'écouter ainsi ce que les deux personnes se disent.

Le policier Borduas enquêtait alors sur le policier Djelidi. M. Lagacé était vu comme une personne utile à l'enquête, parce que le policier Borduas soupçonnait le policier Djelidi de transmettre des informations sensibles aux médias.

Me Christian Leblanc, qui représente plusieurs médias, contre-interroge le policier non seulement sur les techniques d'enquête qui ont été utilisées, mais également sur celles qui ont été qu'envisagées sans être déployées.

"Je pense que c'est pertinent pour la commission de savoir jusqu'où les policiers peuvent, veulent, demandent d'aller dans la surveillance de journalistes pour découvrir leurs sources, notamment policières", a justifié Me Leblanc.

Bonsoir les sportifs

L'avocat s'est amusé à relever que l'une des communications aux médias faites par Fayçal Djelidi à Cogeco Nouvelles d'une durée d'une douzaine de minutes - qu'il a présentée dans sa liste au juge autorisateur pour obtenir un mandat - était en fait... un appel à l'émission Bonsoir les sportifs, une tribune téléphonique animée par Ron Fournier.

L'enquêteur Borduas ignorait que cet appel du policier Djelidi à un média était aussi anodin.

L'enquête avait permis de relever que le policier Djelidi et le chroniqueur Lagacé avaient eu 85 contacts en quelques mois, qu'il s'agisse d'appels ou de messages textes.

La commission d'enquête commence à prendre passablement de retard. Le témoignage de l'enquêteur Borduas, qui en est jeudi à sa quatrième journée, était censé ne durer qu'une journée et demie.

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