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Journée nationale des patriotes 2017: la mémoire à l'honneur

11/05/2017 10:34 EDT | Actualisé 11/05/2017 10:34 EDT
Mario Beauregard/La Presse canadienne

Ce lundi 22 mai a lieu la 15e édition de la Journée nationale des patriotes. Le thème choisi: «mémoire historique et commémorations», un domaine où le Québec fait piètre figure, se désole Martine Desjardins, présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ).

«On ne va pas se le cacher, au Québec, on est un peu les cancres de la commémoration, lance Martine Desjardins en entrevue. On oublie le Jour du drapeau, qui est le 21 janvier. Les funérailles nationales tournent en débat, pour savoir qui y a droit…»

C’est pourquoi, explique la présidente, le MNQ milite depuis quelques années pour que le gouvernement du Québec se dote d’une politique de commémorations en bonne et due forme. C’est aussi pourquoi il place le thème de la «mémoire» au centre des festivités patriotes pour une deuxième année consécutive.

Au programme de la journée: visites guidées de lieux historiques, banquets, levée du drapeau patriote, activités familiales, marches et remises des prix du Patriote régional de l’année. Au total, plus d’une quarantaine d’activités thématiques sont organisées aux quatre coins du Québec.

«La vallée du Richelieu est particulièrement riche sur ce chapitre de notre histoire, rappelle la présidente. La région de Candiac également, avec une vingtaine de lieux historiques. Des guides seront vêtus en patriote de l’époque. L’historien Gilles Laporte sera présent.»

Dans la foulée, le MNQ compte distribuer dans les écoles secondaires 20 000 exemplaires d’une brochure ayant pour but de démystifier cet épisode important de notre histoire.

Les patriotes, après tout, se sont battus «pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique», peut-on lire dans le décret adopté en 2002 par le gouvernement Landry.

Un printemps rassembleur

Dans la brochure, on y apprend que la lutte parlementaire menée par le chef patriote Louis-Joseph Papineau dès les années 1820 a débouché sur un soulèvement armé une première fois «écrasé» en novembre et décembre 1837, puis en novembre 1838. Des pendaisons ont suivi en février 1839.

Pourquoi alors souligner ces évènements en mai? «D’une part, le gouvernement désirait remplacer la Fête de Dollard, explique Martine Desjardins. Aussi, il y a le fait que les premières assemblées patriotes ont eu lieu au printemps. C’est une façon de commémorer le rassemblement démocratique et le début d’une mobilisation.»

Les plus perspicaces auront remarqué que les patriotes possèdent leurs propres couleurs, différentes du fleurdelisé, soit l’étendard vert-blanc-rouge. «C’est le drapeau sous lequel se sont ralliés les patriotes, explique la présidente du MNQ. Il a été utilisé de 1832 à 1838.»

Des historiens y voient une parenté avec le drapeau républicain français, qui incarne les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité. D’autres y reconnaissent les couleurs de l’Irlande (vert), de la France (blanc) et de l’Angleterre (rouge).

«C’est tout à fait possible, dit Martine Desjardins. Ça vient nous rappeler que le mouvement patriote va au-delà de la question de la langue. Des Anglais ont participé aux soulèvements. Les patriotes se battaient pour la reconnaissance de leurs droits démocratiques. En ce sens, je crois que tout le monde peut s’y retrouver.»

Pour plus d’information sur les activités se déroulant dans le cadre de la Journée nationale des patriotes, visitez: journeedespatriotes.quebec (site du MNQ)

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