BIEN-ÊTRE
05/05/2017 07:43 EDT | Actualisé 05/05/2017 07:46 EDT

Prévenir les rechutes d'un cancer à l'aide d'une prise de sang

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Des chercheurs britanniques ont montré qu'avec une simple prise de sang, ils pouvaient prévoir les risques de récidive dans certains types de cancers du poumon jusqu'à un an avant l'apparition de nouvelles tumeurs sur des radiographies.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Combattre un cancer est une course contre la montre. Qu’il soit nouveau ou récurrent, plus on le découvre tôt dans son développement, plus on a de chances de le vaincre. Toutefois, certains cancers, comme le cancer du poumon, restent très agressifs et peuvent rapidement se répandre dans le corps.

Plusieurs équipes de chercheurs tentent de développer des méthodes pour détecter l'apparition du cancer ou encore une rechute. Une équipe britannique, dont le travail a été publié dans la revue Nature, s’est attaquée à ce problème en utilisant la technique de la biopsie liquide.

Cette méthode est basée sur le même principe qu’une biopsie normale. Mais au lieu de prélever et d'analyser un échantillon de tumeur, on prélève et on analyse du sang.

Les chercheurs estiment qu'un test sanguin pourrait en effet indiquer la présence d'un cancer, et ce, avant même l’apparition des premiers symptômes.

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Un suivi personnalisé

Pour y parvenir, il faut cependant identifier quels éléments permettront une meilleure détection du cancer par le sang. Plusieurs types de biomarqueurs ont été envisagés jusqu’à maintenant, principalement des protéines anormales produites par les cellules cancéreuses.

Les chercheurs britanniques ont plutôt opté pour un marqueur unique à chaque patient : l’ADN tumoral circulant.

Tout cancer a des mutations qui lui sont propres. Quand une cellule meurt, une petite partie de son code génétique se retrouve dans la circulation sanguine pendant un certain temps. La biopsie liquide va donc permettre de détecter ces brins d’ADN provenant de la tumeur et de les analyser.

Dans le cadre de son étude, l’équipe de chercheurs a suivi une centaine de patients atteints du cancer du poumon.

En analysant le profil génétique de la tumeur des patients, les chercheurs ont pu déceler leur ADN tumoral et ensuite suivre ses traces dans le sang au cours de la rémission.

48 heures au lieu d'une année

L’équipe britannique a remarqué qu’on pouvait détecter la présence d’ADN tumoral - ou son absence - après une chirurgie de façon fiable chez au moins 60 % des patients de leur étude.

Pour les patients qui ont pu être suivis grâce à leur ADN tumoral, les résultats sont impressionnants : dans 92 % des cas, les chercheurs ont pu prédire qu’un patient allait faire ou non une rechute au cours de la prochaine année.

Si, dans les 48 heures après une chirurgie, le taux d’ADN tumoral circulant n’est plus détectable, les risques de rechute deviennent minimes. Au contraire, si de l’ADN est présent, une tumeur se trouve toujours quelque part dans le corps.

Mesurer la présence d’un cancer par l’ADN circulant peut aussi indiquer si un traitement est efficace ou non.

Selon les chercheurs, cette technique pourrait être utilisée pour diagnostiquer plusieurs autres types de cancers. Ils estiment que d’ici deux à trois ans on pourrait commencer à l’appliquer dans certaines cliniques.

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