DIVERTISSEMENT

«Volta» du Cirque du Soleil: c'est du sport! (PHOTOS)

28/04/2017 05:51 EDT | Actualisé 28/04/2017 06:08 EDT

Le Cirque du Soleil avait annoncé sa volonté de rafraîchir sa proposition et de rajeunir son contenu – et, par le fait même, on imagine, sa clientèle – avec Volta, sa plus récente création présentement à l’affiche sous chapiteau rayé blanc et bleu (et non plus jaune et bleu comme dans le passé) dans le Vieux-Port de Montréal.

Tant par le cadre (un clinquant jeu télévisé), les thèmes (l’action et l’aventure, la quête de célébrité, l’union qui fait la force, les souvenirs d’enfance), les disciplines exploitées (inspirées des sports extrêmes) et l’enrobage (musique techno signée M83, costumes scintillants, cellulaires en accessoires, environnement futuriste), l’atmosphère de Volta est de fait très juvénile. Ça flashe, c’est tonitruant. On n’est pas ici dans le recueillement ou l’esprit de communion. C’est du sport, comme on dit!

«Volta» du Cirque du Soleil: c'est du sport!

L’histoire est celle de Waz, animateur d’un populaire jeu à la télévision, qui carbure à la gloire. Lorsqu’il deviendra trop imbu de lui-même, des images de sa jeunesse lui reviendront en mémoire, des «esprits libres» l’entraîneront dans un voyage intérieur et, à la fin, le personnage reconnectera avec l’essentiel.

L’auteur et metteur en scène Bastien Alexandre et le directeur de création Jean Guibert avaient confié il y a quelques mois vouloir aborder la notion de volte-face, d’où le titre de leur labeur.

Vélos, cordes à sauter, patins à roulettes, cerceaux, échelles acrobatiques, fils de fer et unicycles s’imbriquent dans les chorégraphies de danse contemporaine et autres interprétations musicales. Certaines illusions sont parfaites. Les prouesses de suspension capillaire, de main à main sur unicycle, de BMX sur roulodrome (skatepark), de parkour (incluant des sauts à l’intérieur d’étroites structures) et d’anneaux-bungee sont particulièrement inventives et impressionneront à coup sûr les non-initiés.

Ainsi, malgré des longueurs, un rythme très inégal (surtout en deuxième partie), quelques parenthèses plus tranquilles ici et là et peu d’acrobaties à couper pleinement le souffle, Volta divertira, amusera, comme l’ont fait OVO, Luzia, Kurios et tant d’autres auparavant, et en effet, vos préados écarquilleront sans doute les yeux d’ahurissement devant la témérité des 46 artistes en piste.

Peu de nouveauté

Ceci dit, Volta pose quand même problème. Parce que, même en tentant de se réinventer, le Cirque du Soleil n’y parvient même pas à moitié. L’institution québécoise demeure une valeur sûre dans son créneau, mais on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de redondance d’une production à l’autre.

Le fort aspect onirique est toujours présent, tout comme le clown (toujours le même - on a du moins l’impression que c’est toujours le même) qui revient périodiquement en cours de prestation nous dérider de ses pitreries ; cette fois, le «combat» avec les machines à laver est proprement (sans jeu de mots) interminable.

Le tapis rouge de «Volta» du Cirque du Soleil

Le fil conducteur de tous les spectacles se ressemble sensiblement d’une fois à l’autre, la dynamique des numéros est à peu près toujours semblable. On voit venir à des kilomètres à la ronde les segments qui se concluront en folle mêlée de groupe et les contorsions qui feront s’exclamer «Oh!» et «Ah!» à la foule.

Et on n’a pas réellement re-brassé les cartes avec Volta. Ceux qui espéraient des avenues encore jamais empruntées (mis à part la notion de sport), un remodelage – même minime - de la formule, un virage ne serait-ce qu’à 180 degrés, un mini bris de l’ordre établi, seront déçus.

On a modifié un tantinet (à peine!) le parfum du glaçage sur le gâteau, mais qu’il soit à la vanille, au chocolat ou au caramel, un gâteau reste un gâteau : la saveur a beau changer, la consistance et les ingrédients de base demeurent les mêmes. Sans se transformer du tout au tout, il serait peut-être temps pour les troupes du Cirque de servir un nouveau dessert, peut-être plus léger et moins sucré, au public. Sinon celui-ci pourrait avoir mal au cœur incessamment…

Volta est présenté sous chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal jusqu’au 23 juillet.