DIVERTISSEMENT

L'album «I Go Missing In My Sleep» de Wilsen: folk de nuit (ENTREVUE)

27/04/2017 02:41 EDT | Actualisé 27/04/2017 02:47 EDT
Courtoisie

Mené par l’auteure-compositrice-interprète Tamsin Wilson, le trio américain Wilsen proposera vendredi I Go Missing In My Sleep, un album de 11 pièces folk délicates dont les paroles furent influencées par ces lambeaux de quiétude qui habillaient la nuit de New York, lors du processus de création.

Déjà connu de certains mélomanes en raison de la parution ses deux EP Sirens (2013) et Magnolia (2014), Wilsen offre son premier long jeu en carrière. Cela dit, la plupart des Québécois ne connaissent toujours pas cette formation basée à Brooklyn. La donne devrait changer éventuellement puisque le groupe a récemment signé une entente avec la maison de disque montréalaise Secret City Records. Une belle destinée, selon la chanteuse britannique, qui a passé plusieurs années au Canada durant son enfance.


«Je suis née à Londres, en Angleterre, puis j’ai déménagé avec mes parents à Calgary quand j’avais 5 ans. Je suis retournée dans la capitale anglaise à 18 ans. Plus tard, je suis venue en Amérique. J’ai rencontré Drew (Arndt, le bassiste) et Johnny (Simon, le guitariste) à l’université, au cours de ma nouvelle vie new-yorkaise. J’ai notamment étudié la musique. Ça fait environ 5 ans que nous jouons ensemble. Le groupe existe depuis 2013.» 

Pour coréaliser l’album, les membres de Wilsen ont fait appel au respecté producteur et ingénieur de son Ben Baptie (Adele, Mark Ronson, U2, Ellie Goulding, Lady Gaga, Rufus Wainwright, Will Butler, Ray Lamontagne et plusieurs autres). Sauf qu’au cours du processus, Baptie est rentré dans son pays natal, l’Angleterre.

«Un soir, il est venu voir l’un de nos spectacles à New York, raconte Tamsin Wilson. Progressivement, il est devenu un ami. Il a offert son soutien pour quelques sessions de création. Quand est venu le temps de produire l’album, il c’était normal pour nous de lui demander son aide. En studio, il a suggéré un paquet de bonnes idées. Heureusement, nous avions terminé deux semaines d’enregistrement studio avant qu’il quitte les États-Unis. Au final, l’album n’a pas été trop affecté.»  

Lorsqu’il était installé en Europe, il a mixé l’album à distance, «malgré le fait qu’il était très occupé» (au Strongroom Recording Studios de Londres).

Nouvelle approche

Auparavant, Tamsin Wilson composait la musique et écrivait les paroles en même temps (la plupart du temps avec sa guitare), faisant des maquettes qui permettaient d’aller plus loin avec ses deux acolytes. Du moins, ce fut son approche pour la création des morceaux des précédents EP. Cette fois, elle a choisi de créer d’abord la musique, sans se soucier des textes.

«J’ai beaucoup de plaisir avec les progressions d’accords et les mélodies. Je pensais que cette manière de procéder me permettrait plus facilement de respecter l’échéancier de l’entrée en studio… Je voulais donner la musique aux gars. J’ai donc retardé l’écriture des paroles. Pour moi, c’était une méthode stimulante. Je ne pensais pas que cette approche aurait autant d’impact sur les textes!»

Silence de la cité

wilsen i go missing in my sleep

Le titre de l’album  est puisé des paroles de la chanson A Parting. I Go Missing in My Sleep réfère également, d’après la chanteuse, à l’ambiance qui régnait lorsque les musiciens de Wilsen ont enregistré les overdubs, ces ajouts finaux que l’on fait parfois à certaines chansons après l’enregistrement principal.

«La nuit était souvent le seul moment disponible pour le faire. Je me couchais très tard, parfois à l’aube. C’était une période de création très particulière. J’ai adoré faire de la musique au moment où la tranquillité régnait sur la ville. Pour une rare fois de la journée, le monde était très silencieux. C’était pour moi des moments de très grande liberté. Bref, au moment de choisir un titre pour le disque, nous avons réalisé que les ambiances qu’on y proposait s’arrimaient bien avec les univers du rêve et de la nuit.»

L’insecte nocturne

Au cours de la nuit, Tamsin Wilson a aussi écrit plusieurs des chansons d’I Go Missing In My Sleep. «J’avais passé beaucoup de temps à composer les musiques. Je me répétais donc sans cesse que je devais écrire, peu importe le sujet. Le deadline mettait de la pression. Durant ces sessions d’écriture, j’étais la plupart du temps dans ma chambre de ce petit appartement. Une fois, j’étais bloquée. Je ne pouvais sortir aucune idée. Je alors tenté de me motiver à écrire sur n’importe quoi: une chaise, une table, peu importe! C’est alors qu’un mille-pattes s’est pointé dans la pièce. Il est resté là longtemps.»  

La chanson née de cette rencontre entre la chanteuse et l’insecte s’appelle Centipede. Elle est devenue une sorte de métaphore associée à l’état d’esprit de la chanteuse, à ce moment. «Cet insecte était là, longuement immobile. À l’inverse de moi, il semblait tout à fait détendu. Je me suis dit que je pourrais m’inspirer de sa vie pour écrire une pièce…Ça m’a obligée à réfléchir sur moi-même, d’une certaine façon.»


Il faut croire que Tamsin Wilson n’est pas restée prisonnière trop longtemps du syndrome de la page blanche. Même si l’élégant I Go Missing In My Sleep ne fait que sortir vendredi, elle a déjà sur papier des bouts de nouvelles chansons.

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I Go Missing In My Sleep

Wilsen

Secret City Records

Sortie le 28 avril

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