BIEN-ÊTRE
21/04/2017 09:50 EDT | Actualisé 21/04/2017 10:09 EDT

Béa Johnson, la papesse du mouvement Zéro déchet séduit le Québec

courtoisie

Expression à la mode, le concept du Zéro déchet gagne des adeptes. À Québec, la conférence de la « papesse » de ce mode de vie, la Californienne d’origine française Béa Johnson, a fait salle comble jeudi soir au Cercle, réunissant plus de 250 personnes. Alors qu’une centaine d’étudiants d’un cégep de la région avaient écouté son discours quelques heures auparavant.

Qu’est-ce qui fait courir les foules ? « Je crois que le concept intéresse de plus en plus de gens, mais qu’on ne sait pas par où et comment commencer notre démarche », dit bien humblement Mme Johnson, juste avant sa conférence à Québec, qui était la dernière d’une mini-tournée au Québec et en Ontario.

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Alors que la majorité des familles québécoises jettent quelque 700 kg de déchets par année, celle de Béa Johnson n’envoie qu’un minuscule demi-litre de matières aux ordures.

Le Québec en avance

« Le mouvement progresse rapidement depuis quelques années et le Québec est en avance sur plusieurs pays et régions, affirme-t-elle en entrevue. En fait, je constate que les communautés francophones sont plus près de leur alimentation, des plaisirs simples et de la consommation responsable. Les épiceries en vrac poussent partout, c’est génial ! ».

La veille, elle avait visité et rencontré les gens du Cirque du Soleil, à Montréal, et s’est dit enchantée par les actions concrètes qui étaient posées concrètement au sein de cette entreprise. « Le Zéro déchet, ce n’est pas seulement pour notre maison. Ça vise d’abord les grands consommateurs et pollueurs que sont les entreprises, lance-t-elle. Ça vise tout le monde, en fait. On vit tous sur la même planète. »

C’est un article qu’elle a publié dans le New York Times, en 2010, qui a été le véritable déclic. Depuis, son mode de vie minimaliste lui a valu le titre de la papesse de ce mouvement ; son livre Zéro Déchet a été traduit dans une douzaine de langues et son blogue Zero Waste Home a été consulté plus de 10 millions de fois.

Changer de vie

Pourtant, il y a dix ans, Béa Johnston tenait un autre discours. Celui de la mère de famille qui vivait le rêve américain, installée en banlieue de San Francisco et consommant autant que ses voisins. Puis, graduellement, elle a supprimé le superflu (les emballages, les produits inutiles, la garde-robe luxueuse, etc.) et elle a consommé autrement. En vrac et de seconde main, essentiellement.

« Je ne manque de rien ! Au contraire, j’en ai plus aujourd’hui », dit celle qui a conservé la grande maison (avec panneaux solaires) et qui voyage plus souvent qu’auparavant.

Alors que la majorité des familles québécoises jettent quelque 700 kg de déchets par année, celle de Béa n’envoie qu’un minuscule demi-litre de matières aux ordures. Elle transporte d’ailleurs son petit bocal de déchets partout et l’expose fièrement dans toutes ses conférences. « Le bocal est devenu un symbole du mouvement, mais il est aussi une source de fierté », poursuit-elle.

Menant une vie active, la conférencière et auteure est aussi l’objet de plusieurs critiques. Oui, elle mange de la viande une fois par semaine (d’un élevage local et bio, dit-elle), elle chausse des bottes de cuir pour leur durabilité et elle est peu portée vers la fabrication maison. « Je fais mon propre mascara, mais c’est tout. Quand je vois des recettes maison qui nécessitent une dizaine d’ingrédients coûteux et trop de temps, je me dis qu’on est loin du Zéro déchet », soutient-elle.

Les 5 principes du Zéro déchet :

• Refuser

• Réduire

• Réutiliser

• Recycler

• Composter

Ce que le public retient de sa conférence:

« Je ne voulais absolument pas manquer sa première conférence à Québec. Elle est inspirante, intègre et elle propose des solutions concrètes. » - Amélie

« J’aime le fait qu’elle ne soit pas végane et qu’elle respecte ses limites. Ça démontre que tout le monde peut faire sa part pour la planète ; pas besoin d’être « extrémiste » dans notre approche. » - Claire

« J’achète presque tous mes aliments en vrac, mais j’aimerais en faire plus. Un pas à la fois, comme elle dit. » - Marc

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