«Le siège» à Radio-Canada: conflits ouverts au Nouveau-Brunswick

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Une petite ville fictive mono-industrielle du Nouveau-Brunswick, Cole Creek, est en état de choc et, peut-être, bientôt, à feu et à sang. L’usine de thermoformage locale, qui est source de revenus pour la quasi totalité des résidents de l’endroit, ferme ses portes. Un millier d’emplois sont ainsi perdus, ce qui menace l’existence même de la municipalité. Et, pour ajouter l’insulte à l’injure, la Canadian Smiths-Thompson, propriétaire de l’entreprise, exige des employés un mois de travail supplémentaire, pour démonter et déménager leur équipement vers leurs nouveaux bâtiments, à Saskatoon.

Le syndicat de l’usine, dirigé par le résigné Mario Cormier (Gilles Renaud), s’offre alors une journée de protestation symbolique, malgré la morne ambiance qui règne et le peu de conviction des troupes, certaines que le moyen de pression ne mènera nulle part. On prévoit une mobilisation pacifique et une manifestation dans le calme. Mais l’opération emprunte un autre tournant lorsque s’y introduit le bouillant Alexis Godin (Alexandre Goyette), qui saute sur le prétexte pour s’infiltrer dans les bureaux des dirigeants, muni d’un sac rempli d’armes.

Son impulsion aura de graves conséquences et tournera à la prise d’otages. On comprendra rapidement que de vieilles rancunes subsistent entre Mario Cormier et Alexis Godin. En fait, c’est toute la famille Godin qui est persona non grata à Cole Creek, pour des raisons qui seront dévoilées au compte-gouttes, mais la guerre est particulièrement vive entre nos deux adversaires, qui cachent des squelettes dans leur placard. On sait que leurs querelles ont été si acrimonieuses qu’elles ont conduit à une mort d’homme. Les circonstances feront remonter leur amertume et, entre Cormier et Godin, une terrible lutte de pouvoir s’installera dans la foulée de la fermeture de l’usine. Combien sanglante sera l’issue, pour les deux hommes et pour leurs concitoyens?

«Suspense social»

Vous êtes intrigués? On parle ici de Le siège – en référence à la prise d’otages -, nouvelle minisérie radio-canadienne en six épisodes d’une heure, dont on dévoilait les grandes lignes et la distribution, mardi matin.

Hélas, pour l’instant, le récit s’arrête ici. Pour connaître la suite, il faudra syntoniser Radio-Canada «quelque part en 2017-2018», nouvelle phrase fétiche d’André Béraud, directeur fictions et longs-métrages à Radio-Canada, laquelle devient peu à peu un «running gag» parmi les journalistes affectés à la couverture de la télévision. Il faudra aussi surveiller ARTV, puisque Le siège y bénéficiera d’une première fenêtre de diffusion, on ne sait pas plus comment, ni à quel moment.

Pierre-Marc Drouin, à qui on doit les romans Si la tendance se maintient et Mile-End Stories, signe ici sa première offrande télévisuelle, qui lui a notamment été inspirée par sa jeunesse à Sorel, et par l’angoisse qui l’avait tenaillé lorsqu’un fleuron de sa localité, la Q.I.T, avait failli être aboli définitivement, pour finalement être rapidement racheté par Rio Tinto Alcan. Drouin décrit son œuvre comme un thriller plein de suspense, un drame social à huis clos dense et intense, une étouffante montée de tension, qu’il n’hésite pas non plus à qualifier «d’engagée».

«J’avais envie de faire un projet où je ramènerais les questions sociales au niveau individuel», a signalé Pierre-Marc Drouin, qui s’exprime avec passion sur son histoire.

Renée Blanchar (Belle-Baie) et Johanne Larue ont aussi collaboré au scénario. À la réalisation, Jim Donovan reprend du service après Le clan, sous le chapeautage  des maisons de production Attraction Images et Phare-Est Média.

Gilles Renaud et Alexandre Goyette, seules têtes d’affiche québécoises, sont deux des trois piliers du groupe d’acteurs de Le siège. Le troisième visage-vedette de la fiction est Denise Bouchard, vue dans Le clan et dans Belle-Baie ; elle incarne Chantal Trempe, négociatrice en chef pour la police nationale, qui reviendra tout juste d’un long congé de maladie et aura la délicate mission de faire triompher la paix, tant entre Cormier et Godin qu’entre la Canadian Smiths-Thompson et la population de Cole Creek.

«C’est clairement le pire retour au travail qu’une personne dans sa position puisse avoir», a gravement laissé planer Pierre-Marc Drouin, à propos de ce personnage.

Comme Denise Bouchard, les autres comédiens du Siège (Lou Poirier, Marc Lamontagne, Marie-Ginette Guay, Guy Frenette, Diane Losier, Raphaël Butler, Matthew Wilson, Christian Essiambre) sont tous acadiens.

Le tournage de Le siège se déroulera entièrement à Moncton, au Nouveau-Brunswick, à compter du jeudi 20 avril, et jusqu’au 13 juin. Après Belle-Baie (2008 à 2012) et Le clan (2015-2016), c’est la troisième fois que Radio-Canada plante l’action d’une de ses dramatiques au Nouveau-Brunswick.


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