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Le succès fulgurant de Rag'n'Bone Man

29/03/2017 09:49 EDT | Actualisé 29/03/2017 09:51 EDT
Rag'n'Bone Man / Facebook

Le chanteur britannique Rory Graham, alias Rag'n'Bone Man, a proposé en mars le premier long jeu de sa carrière solo intitulé Human. L’artiste de 32 ans s’est fait connaître un peu partout dans le monde grâce à la diffusion de la chanson-titre de l’album, à l’été 2016. Cette pièce, qui mélange le soul et le blues, a connu un succès remarquable. Et le disque est en voie de connaître le même sort. Discussion téléphonique transatlantique avec l’homme derrière l’artiste.

Au Canada, Rag’n’Bone Man est devenu rapidement un artiste populaire. Même constat aux États-Unis et dans plusieurs pays européens. L’extrait Human a été entendu près de 50 millions de fois sur des sites internet d’écoute en continu depuis sa sortie. Il a aussi été numéro 1 iTunes dans 25 pays. Le vidéoclip qui lui est dédié a été vu près 210 millions de fois sur YouTube jusqu’à maintenant.

La qualité de son travail a notamment été soulignée par le réseau BBC ou encore Apple, qui en a fait son chouchou en ce début d’année (Music’s New Artist 2017). Avant l’album Human, l’artiste était connu de certains mélomanes européens, sans plus. C’est tout à fait normal. Le colosse tatoué a d’abord foulé les planches de divers bars et salles de spectacle de la Grande-Bretagne avant de pouvoir enfin enregistrer un premier disque complet, qui l’a propulsé sur la scène internationale.

Brighton et Brixton

La passion de Rory Graham pour la musique remonte à son enfance. «Ma mère chantait très bien et mon père jouait de la guitare, explique-t-il au bout du fil. Les deux ont eux un impact important sur moi côté musique. J’ai d’ailleurs appris à jouer de la guitare durant mon enfance.»

À 15 ans, il a formé un groupe de drum'n’bass qui s’appelait Rag'n’Bonez. En parallèle, les membres avaient fondé leur station de radio pirate. Ils y diffusaient leur musique, entre autres.

Une autre étape importante dans le cheminement de Graham fut Brighton, une ville britannique située complètement au sud de l’Angleterre. «Après un déménagement à Brighton, je me suis familiarisé avec le hip-hop, raconte Rory Graham. J’allais dans des soirées consacrées au genre. Souvent, j’y participais en tant que musicien. J’ai finalement rencontré deux autres gars (Gizmo et DJ Direct) avec qui j’ai formé le groupe The Rum Committee. La formation existe encore. Nous allons même proposer un album prochainement.»

«À part Brighton, j’ai aussi passé pas mal de temps à Brixton (un quartier du sud de la capitale anglaise, à environ 90 minutes en train chez lui), poursuit-il. Durant cette période, j’ai fréquenté différentes salles de spectacles que j’ai beaucoup appréciées.»

Sa mère et son père

Et cinq années ont filé.

Ce serait une fête en l’honneur de son anniversaire de naissance qui aurait marqué le vrai tournant dans sa vie professionnelle. Selon Rory Graham, c’est lors d’une soirée dans un bar que tout a débloqué.

«Le moment crucial est arrivé lorsque j’ai eu 21 ans. Mon père et moi allions dans des soirées d’improvisation (music jam) au pub. N’importe qui pouvait prendre le micro. Durant trop longtemps, j’ai eu trop la trouille pour chanter devant des gens. Cette fois, j’avais bu un peu et j’ai fini par me lancer. En plus, je célébrais mon anniversaire! J’ai adoré l’expérience. Les personnes présentes dans la salle m’ont alors dit que j’avais une excellente voix…»

Cette voix grave et puissante, il ne l’a jamais développée avec l’aide d’un professionnel. Ses parents auraient souhaité lui payer des cours spécialisés dans une école de chant, mais ils n’en avaient pas les moyens financiers. «Ma mère a quand même eu une grande influence sur ma voix, puisqu’elle chantait toujours. Inconstamment, j’ai pris de son talent. Pour le reste, je me suis débrouillé à ma façon. Aujourd’hui, je suis assez satisfait de ce que je peux livrer en studio ou sur scène.»

«Cependant, je n’ai pas la connaissance technique des chanteurs qui ont reçu une formation adéquate, ajoute-t-il. C’est peut-être pour cette raison que j’ai délaissé un peu la guitare ces dernières années. Je tenais à parfaire mon chant. J’ai d’ailleurs découvert que je pouvais maîtriser les aigus malgré ma voix grave naturelle.»

Rag’n’Bone Man et l’humain

Il y a environ cinq ans, Rory Graham a commencé une carrière solo sous le nom d’artiste Rag’n’Bone Man. Il a d’abord publié le EP Bluestown, en 2012, sur lequel il chante. Pour faire connaître son travail, il a livré certains concerts dans des salles relativement modestes. Ensuite, il a offert d’autres mini-albums, dont Wolves (2014). Six mois plus tard, il a signé avec Columbia Records (Sony Music). Puis, il a fait une tournée significative en Europe.

Avant de pouvoir gagner sa vie dans le domaine de la musique, Graham a travaillé durant cinq années auprès d’autistes. «Je me suis occupé de personnes atteintes du syndrome d’Asperger et de Down (trisomie 21). Ma sœur est d’ailleurs autiste. Je travaillais 60 heures par semaine, environ. C’était prenant, mais humainement très enrichissant. J’ai énormément grandi à travers ce boulot. J’ai notamment appris l’importance de la compassion dans les rapports humains. Je dois dire que j’ai eu du fun aussi. J’ai des amis parmi ces anciens patients. Je leur rends visite, quand je peux…» 

La carrière explose

En juin 2016, l’extrait Human est paru et tout s’est emballé. «C’est fou. Je ne m’attendais pas du tout à un tel engouement du public. Je pensais que Human serait un apéritif. Cette chanson devait préparer le terrain pour la sortie de mon premier long jeu. La pièce a beaucoup marché à la radio et sur Internet. Je suis extrêmement reconnaissant de ce qui m’arrive.»

Rag’n’Bone Man, d’où provient de nom ?

«C’est directement influencé d’une émission de télé humoristique qui s’appelle Steptoe and Son. J’allais souvent chez ma grand-mère le samedi matin pour regarder ce sitcom diffusé sur le réseau BBC. Je trouvais ça très drôle. Les deux personnages principaux avaient une pauvre entreprise de cueillette et de revente de vieilleries (on dit rag’n’bone en anglais).»


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