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Une solution montréalaise aux dépassements de coûts dans la construction

20/03/2017 03:57 EDT | Actualisé 20/03/2017 03:57 EDT
Radio-Canada

Selon une étude de KPMG-SECOR, la majorité des « extras » accordés dans les projets de construction menés par Québec entre 2009 et 2012, qui représentent des dizaines de millions de dollars, était « évitables ». Comment y arriver? Une entreprise montréalaise semble avoir une réponse.

Un texte de Francis Labbé

La firme Axsimo a lancé, il y a trois ans, le logiciel Aïdi, qui vise à faciliter la gestion de projet.

Aïdi a été conçu pour tenir compte des réalités comptables de plusieurs chantiers en temps réel et pour identifier les changements qui peuvent survenir en cours de travaux. Il calcule aussi l'impact de ces changements sur le budget global d'un projet.

Une solution logiciel qui faisait défaut jusque-là, selon Marc Parenteau, l'un des deux cofondateurs de l'entreprise.

« Nous nous sommes rendus compte qu'autant les donneurs d'ouvrages publics ou privés, géraient leurs projets de construction dans Excel », explique Marc Parenteau, cocréateur du logiciel Aïdi.

«Gérer un projet dans Excel, ça va bien. Mais gérer un portefeuille de projets, avec des centaines de projets, on perd le contrôle et on perd la capacité d'avoir du recul et une analyse globale de ces projets.» - Marc Parenteau, cocréateur du logiciel Aïdi

17 % d'« extras »


Selon l'étude de KPMG-SECOR, la valeur des contrats publics accordés par le ministère des Transports du Québec (MTQ), la Société immobilière du Québec (SIQ) et le Centre des services partagés du Québec, en 2012-2013, s'élevait à 450 millions de dollars.

Les frais imprévus, ou « extras », pour la même période, s'élevaient à 77 millions, ce qui représente une augmentation de 17 % du coût initialement prévu.

Pour les années précédentes, les montants sont encore plus importants, soit 112 millions de dollars en 2012 et 104 millions en 2011.

Au total, entre 2009 et 2013, 500 millions de dollars ont été dépensés en frais excédentaires lors de travaux de construction. Des frais qui auraient pu être économisés en grande partie si la pratique de gestion avait été plus rigoureuse.

«Les facteurs justificatifs autres que les « imprévus » représentent respectivement pour le MTQ et la SIQ, 60 % et 84 % de la valeur des suppléments analysés.» - Rapport KPMG-SECOR, 2013

Selon KPMG-SECOR, « certains avenants évitables sont liés à des lacunes dans la planification et la conception des travaux ». Dans son rapport, la firme relève notamment des omissions dans les plans et devis, des erreurs de conception et des fournisseurs ne possédant pas l’expertise et l’expérience requises.

Plusieurs clients

Depuis sa création, le logiciel Aïdi a été utilisé pour gérer plus de 1600 projets, d'une valeur de près de 700 millions de dollars. Parmi les clients d'Axsimo, on retrouve Sobey's, l'Industrielle Alliance et Espaces pour la vie, de la Ville de Montréal.

« Il y a trois ans, j'ai commencé à chercher un outil de gestion pour nos projets », explique Jean Bouvrette, chef de division en gestion de projet pour Espaces pour la vie et la Sécurité publique, à la Ville de Montréal. « Aujourd'hui, je ne m'en passerais plus. Mes équipes sont emballées. »

« Le logiciel peut nous envoyer des avis à propos de tâches critiques, il compte un journal de chantier intégré. La gestion de projet est de plus en plus complexe. Les méthodes de travail ont été uniformisées et les gestionnaires restent en contrôle.

«On sauve énormément de temps, ça facilite la vie dans la gestion de chantier et ça réduit la charge de travail. On optimise la façon de faire.» - Jean Bouvrette, chef de division – gestion de projet, Espaces pour la vie et Sécurité publique, Ville de Montréal.

Espaces pour la vie, de la Ville de Montréal, a géré jusqu'ici une quarantaine de projets avec Aïdi. Il est à l'étude dans certains arrondissements à la Ville de Montréal. « Pour tout organisme qui fait de la gestion de projet, ce genre d'outil est primordial. »

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