Le dégel des champs au printemps contribuerait au réchauffement climatique

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CHAMPS DEGEL
Radio-Canada/Frédéric Pepin
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Les terres arables gelées en hiver peuvent dégager environ 17 à 28 % de plus d'émissions de gaz à effet de serre que ce que les scientifiques pensaient. C'est ce que conclut une étude parue cette semaine dans la revue Nature Geoscience.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Les travaux des chercheurs Mario Tenuta, professeur en écologie appliquée des sols à l'Université du Manitoba, et ses collègues de l'Université de Guelph, dirigés par Claudia Wagner-Riddle, suggèrent que les calculs globaux des émissions de gaz à effet de serre ont négligé un aspect important du secteur agricole.

Leur étude soutient que les calculs actuels ne tiennent pas compte des émissions lors du dégel des terres.

Chaque printemps, le dégel des sols provoque des émissions d'oxyde nitreux (N2O). L'oxyde nitreux est un gaz à l'état de traces qui contribue à la destruction de la couche d’ozone et au réchauffement atmosphérique.

L’étude indique que les terres arables sont de loin la source la plus importante d'oxyde nitreux. Ces gaz sont relâchés pendant deux semaines au printemps lors du dégel des sols.

Les équipes de l’Université du Manitoba et de l’Université de Guelph ont surveillé les émissions dans des lieux de l'Ontario et du Manitoba toutes les 30 minutes sur 14 et 9 ans, respectivement. Elles ont confirmé les données qu’elles ont obtenues en comparant leurs résultats avec ceux de 11 autres lieux qui ont un climat nordique sur la planète.

« Nous espérons que la révision de l'estimation des émissions de N2O provenant des terres arables congelées encouragera la recherche et des pratiques agraires qui réduisent les gaz à effet de serre provenant de l'agriculture », affirme M. Tenuta.

Réduire la quantité de nitrogène

Selon les chercheurs, la raison pour laquelle un champ donné produit plus de N2O est la quantité d'azote qui est laissé par les agriculteurs sur les terres à l’automne.

Le professeur Mario Tenuta estime que les champs qui ont plus d'azote non utilisé en surface sont plus susceptibles de produire le gaz dommageable pour l’environnement au moment du dégel.

« Nous avons une bonne idée de la façon de réduire la quantité d'azote utilisé par les agriculteurs », affirme-t-il.

Il conduit d’ailleurs une nouvelle étude en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Guelph, de l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de l’Alberta.

Selon lui, les résultats de cette nouvelle étude visant à trouver des solutions afin de réduire l’utilisation de l'azote dans les champs pourraient être connus d’ici cinq ans.

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