DIVERTISSEMENT

1200 personnes unies par la diversité lors du spectacle «Ensemble»

27/02/2017 08:33 EST | Actualisé 27/02/2017 08:33 EST
Radio-Canada

Conçu à toute vitesse dans la foulée de l'attentat du 29 janvier, le spectacle Ensemble a fait salle comble, dimanche soir, au Capitole de Québec. Devant 1200 spectateurs réunis pour célébrer la diversité, une centaine d'artistes aux origines et aux disciplines variées se sont succédé pendant plus de deux heures et demie.

La soirée s'est amorcée avec la pianiste Anoush Moazzeni. Le chanteur Bruno Pelletier, originaire de Québec, s'est ensuite amené sur scène.

Dans une atmosphère sobre, il a entonné sa chanson « J'ai essayé », écrite par le regretté Roger Tabra. « Les mots résonnent de façon encore aussi actuelle et percutante 18 ans plus tard », avait dit Bruno Pelletier juste avant le début du concert.

Quelques semaines plus tôt, Bruno Pelletier avait aussi chanté cet air de circonstance lors d'un spectacle à Saint-Hyacinthe. Il avait alors invité son public à partager des mots de réconfort, peu de temps après l'attentat.

Pascale Picard, Karim Ouellet et Bobby Bazini, notamment, lui ont succédé. La chanteuse Marième, née dans la capitale d'un père sénégalais et d'une mère québécoise, a ensuite fait lever la foule lorsqu'elle a partagé la scène avec des DJ pour entonner un medley des chansons « Je t'aime », « Africaine à Québec », « Les ailes d'un ange » et « Fatouma ».

La chanteuse Marième et le chanteur Papa T lors du spectacle Ensemble au Capitole de Québec Photo : Radio-Canada/Valérie Cloutier

Autre moment remarqué : la prestation de Nadia Essadiqi, de son nom d'artiste La Bronze, qui a chanté « Formidabe », de Stromae, mais en langue arabe.

Après l'entracte, le rappeur de Québec et initiateur du récent Festival contre le racisme, Webster, a pris le temps d'adresser quelques mots à la foule. « Ces dernières années, on a laissé parler la haine trop fort. On a laissé parler la division trop fort. On a laissé parler l’ignorance trop fort. »

Avant d'entreprendre la chanson « QC History X », qui traite de la place des Noirs dans l'histoire, Webster a demandé aux spectateurs de répandre l'amour.

Les prestations se sont ensuite enchaînées notamment avec Steve Hill, The Lost Fingers et un numéro de style Bollywood.

La soirée s'est terminée avec émotion vers 22 h lorsque le président du Centre culturel islamique de Québec, là où l'attentat du 29 janvier a eu lieu, est monté sur scène. En compagnie de nombreux autres artistes, il a entonné une chanson populaire en arabe.

Une soirée très attendue

Un peu plus tôt en journée, lors des répétitions, la fébrilité était à son comble. Il faut dire que le spectacle, qui alliait cirque, musique, danse et chant, avait été conçu très rapidement.

« C’est un peu la cohue, c’est un peu l’enfer même, mais ça se passe très bien! », avait lancé Olivier Dufour, le concepteur de l'événement.

Dès la fin de l’avant-midi, une centaine d’artistes tous azimuts avaient commencé à converger vers le Capitole.

King Abid et Karim Ouellet Photo : Radio-Canada

« Ce n’est que des rencontres improbables entre des artistes de différents univers […] Là, on l’entend et on fait "Wow, ça marche vraiment!" », s'est réjoui Olivier Dufour pendant les répétitions.

«Je pense qu’il y a vraiment un cadeau qui est en train de se préparer pour les gens de Québec. Les artistes sont arrivés avec la volonté de donner un cadeau.» - Olivier Dufour, concepteur du spectacle Ensemble

L’idéateur du spectacle, Byron Mikaloff, poussait quasiment un soupir de soulagement en voyant le résultat.

« C’est intense, mais c’est le fun de voir la diversité sur la scène […] C’est le fun de voir le spectacle arriver parce qu’avant, c’était juste dans nos têtes », dit le membre du groupe The Lost Fingers.


Vigile à Québec à la mémoire des victimes de l'attentat


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