POLITIQUE

Le décret anti-immigration de Trump s'invite à la conférence Manning

24/02/2017 05:08 EST | Actualisé 25/02/2017 12:35 EST

OTTAWA – Une panéliste invitée à la conférence Manning pour parler d’islam radical suggère de bannir tous les ressortissants de certains pays musulmans, à la manière du président américain Donald Trump.

Dans un billet de blogue publié le 22 octobre 2014, le soir de la fusillade d’Ottawa, la conférencière Raheel Raza proposait de « mettre un moratoire sur l’immigration de pays musulmans pour une période donnée jusqu’à ce que les choses se calment ».

« Quiconque souhaite participer dans un jihad à l’étranger ou revient d’une telle entreprise doit avoir leur citoyenneté révoquée et on doit leur donner un billet sans retour pour le pays de leur choix aussitôt que possible », ajoutait-elle.

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Raheel Raza (à gauche) est d'accord avec le décret anti-immigration de Trump (Photo: Courtoisie).

En entrevue avec le Huffington Post Québec, elle se dit tout à fait d’accord avec le décret anti-immigration qui avait été initié par le président Trump pour bannir les citoyens venant de sept pays – l’Iran, l’Iraq, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen.

Mme Raza dément avoir souhaité bannir les citoyens de tous les pays musulmans, mais voudrait plutôt voir une « interdiction temporaire » des « pays qui font la promotion et qui financent le terrorisme ».

« Si [le terrorisme et la radicalisation] sont une grave préoccupation, je considèrerais encore [une interdiction] pour mettre de l’ordre et pour renforcer notre sécurité à la frontière », a-t-elle indiqué, sans expliquer comment ce scénario pourrait réellement s’articuler au Canada.

Un panel pas très objectif

Mme Raza faisait partie d’un panel à la conférence Manning, une grand-messe des conservateurs canadiens qui a lieu annuellement à Ottawa, pour s’exprimer sur comment « diriger la lutte contre l’extrémisme islamiste et son idéologie au Canada ».

Aux côtés de Thomas Quiggin, qui a produit une récente étude sur l’islam radical qui n’a pas fait d’examen scientifique par ses pairs et sans même interviewer des musulmans, était aussi présent pour expliquer aux participants comment le Canada était infiltré par des organisations terroristes.

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Des participants arborent la fameuse casquette «Make America Great Again». (Photo: PC)

M. Quiggin est allé jusqu’à prétendre que l’attentat du Centre culturel islamique de Québec, qui a fait six morts et 17 orphelins, était le résultat d’un « cycle politique » et a accusé le Centre d’avoir fait dévier les dons récoltés vers des organisations terroristes.

Lors de la période de questions, la foule – majoritairement blanche et masculine – demandait aux panélistes, le plus sérieusement au monde, s’il était légal de déclarer que le prophète Mahomet est un pédophile ou encore s’il était possible de surveiller les mosquées pour détecter des activités terroristes.

Ce n’est pas le seul panel à la conférence Manning qui fait penser aux politiques du président américain. Parmi les autres activités, l’on retrouvait aussi un forum sur les élites et le sentiment anti-establishment ou encore une discussion sur l’influence de Trump au Canada.