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30 % des Canadiens ont subi des sévices avant l'âge de 15 ans

16/02/2017 05:02 EST | Actualisé 16/02/2017 05:02 EST
pixelfit via Getty Images
Depressed young woman sitting on stairs outdoors, with copy space

Près du tiers des Canadiens ont subi aux mains d'un adulte des sévices sexuels ou physiques, et parfois les deux, avant l'âge de 15 ans, est-il rapporté par Statistique Canada dans une analyse dévoilée jeudi.

Plus précisément, 30 pour cent ont déclaré s'être fait infliger ces mauvais traitements lorsqu'ils étaient enfants ou adolescents.

Ce qui signifie plus de 10 millions de Canadiens.

Ces chiffres proviennent des données auto-déclarées par des Canadiens de 15 ans et plus qui ont été recueillies dans le cadre de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2014 sur la victimisation. Cette analyse ratisse donc plus large que les crimes rapportés à la police.

Environ 26 pour cent des Canadiens ont déclaré avoir subi de la violence physique et huit pour cent des sévices sexuels avant l'âge de 15 ans. Une plus faible proportion, soit 5 pour cent, disent avoir subi les deux, les femmes étant plus nombreuses à rapporter ces doubles abus.

Qui sont les victimes?

Plus d'hommes que de femmes ont été victimes de violence physique et sexuelle: soit 32 pour cent contre 27 pour cent. Mais alors que les hommes ont été plus souvent victimes d'actes violents que les femmes, ces dernières étaient trois fois plus nombreuses que les hommes à avoir déclaré des agressions sexuelles.

La violence physique et sexuelle est plus fréquente chez les Autochtones: 40 pour cent ont déclaré en avoir été victimes.

Gravité et fréquence des sévices

La gravité des actes violents a aussi été évaluée: 23 pour cent des Canadiens disent avoir été giflés ou avoir été frappés avec un objet assez dur pour avoir été blessés. Les formes les plus graves de violence, dont avoir reçu des coups de pied ou de poing, d'avoir été mordu, étranglé, brûlé ou attaqué d'une autre façon, ont été déclarées par sept pour cent des Canadiens.

En ce qui concerne la violence physique subie pendant l'enfance, elle est plus souvent le fait des parents ou des beaux-parents.

Parmi les victimes, 66 pour cent ont rapporté avoir subi des sévices entre une et six fois, 20 pour cent ont indiqué que cela s'est produit entre sept et 21 fois, et 15 pour cent ont rapporté un nombre encore plus grand d'agressions.

La très grande majorité des victimes, 93 pour cent, n'ont pas parlé à la police ni aux services de protection de l'enfance de ce qu'ils ont subi.

En fait, la plupart des victimes, soit 67 pour cent d'entre elles, n'en ont parlé à personne, pas même aux amis ou à la famille.

Celles qui s'étaient confiées aux autorités étaient le plus souvent celles qui avaient vécu plusieurs agressions.

Selon les données de l'enquête, il semble aussi y avoir une triste continuité dans le temps.

Ceux qui ont été victimes de violences étant enfants étaient deux fois plus susceptibles d'en avoir subi à nouveau une fois adultes, si on se fie à ce que les répondants ont rapporté lors des 12 mois ayant précédé l'enquête: sept pour cent par rapport à trois pour cent des non-victimes. Ces personnes étaient aussi exposées à un risque plus élevé d'être victimes de violence conjugale et d'autres types d'agressions plus tard dans la vie.

Par contre, l'état matrimonial, la scolarité, l'emploi et le revenu des personnes ayant subi de la violence pendant l'enfance sont semblables à celles qui n'en ont pas subi.


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