«Ne m'oublie pas» chez Duceppe: prendre une volée de François Papineau (ENTREVUE)

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Imaginez un peu. En plein coeur de l'enfance, vous faire arracher de votre famille sans aucune explication. C'est ce qu'a vécu Gerry, dont l'histoire est racontée dans la pièce Ne m'oublie pas (Forget me not) de Tom Holloway dans une traduction de Fanny Britt, présentée du 15 février au 25 mars 2017 au Théâtre Duceppe. Entrevue avec François Papineau, qui prendra les traits de cet être tourmenté.

C'est entre 1945 et 1968 que plus de 3000 enfants britanniques ont été enlevés à leurs parents pour être envoyés en Australie afin de favoriser l'immigration blanche. Un véritable drame pour les jeunes enfants, qui sont devenus de faux orphelins. Un sujet dur et triste, que Tom Holloway a décidé d'aborder en 2013. Qu'est-ce qui a donné envie à Papineau de se lancer dans cette aventure chez Duceppe?

«Avant de connaître la pièce, ça me tentait de jouer avec Louise Turcot. C'est une actrice extraordinaire. Et bien sûr, la pièce est intriguante. C'est un événement grave, que je ne connaissais pas. C'est un scandale qui est venu au jour il y a seulement quelques années. On faisait croire à ces enfants qu'ils allaient vivre une super expérience. Souvent, c'était loin d'être le cas: ils devenaient des aides ménagères, des employés de ferme... On leur faisait croire que leurs parents étaient morts...»

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«Ne m'oublie pas» chez Duceppe
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Gerry, croyant que ses parents étaient décédés depuis qu'il avait tout juste quatre ans, apprend qu'il a en fait été enlevé. Dans la cinquantaine, l'homme est loin d'avoir vécu la belle vie promise par le gouvernement. Aujourd'hui hanté par son enfance, Gerry est devenu alcoolique et colérique. Comment aborde-t-on un personnage aussi complexe? «Se préparer pour ce genre de rôle, c'est se débarrasser de ses préjugés pour s'imprégner. Je suis assez sensible au sort des enfants en général. J'ai fait des recherches, des lectures... Ça s'est passé aussi au Canada. Ce sont des destins tout à fait tragiques. Ça me fait capoter de voir comment des adultes ont été en charge, même l'Église! C'était un véritable nettoyage ethnique.»

En découvrant que sa mère est vivante, le personnage principal passera par toute une gamme d'émotions: «En apprenant que sa mère n'est pas morte, il se demande inévitablement si l'abandon était volontaire. C'est assez difficile de décrire le parcours émotif. C'est plein de colère et d'espoir de retrouver l'amour.»

Avec Louise Turcot, Jonathan Gagnon et Marie-Ève Milot, dans une mise en scène de Frédéric Dubois, Papineau assure que Ne m'oublie pas est un des incontournables de la saison. «C'est une pièce clever, brillante. Il y a de très belles performances. La pièce va toucher au coeur tout ceux qui vont la voir. Je n'aime pas tant que ça le théâtre: mon choix de participer a été en fonction de la pièce, de savoir que je vais être avec des excellents partenaires pour donner de grosses volées au public.»

Entre théâtre, télévision et cinéma

François Papineau ne donne pas sa place. On a notamment eu peur de son rôle de directeur de prison dans Unité 9; on l'a vu récemment dans Les mauvaises herbes au grand écran; on l'a vu dans plusieurs pièces de théâtre (Le Fil à la patte, Le Barbier de Séville, Un tramway nommé désir, etc)... À travers tous ces médiums, lequel le fait le plus évoluer?

«Aujourd'hui, il faut qu'une pièce change ma vie: ce ne sont vraiment pas toutes les pièces qui font ça. Il faut que je sente que je peux me péter la gueule. Il ne faut pas que ça tombe sous le sens. Faut pas que ce soit évident à faire. Même si j'ai la chienne pendant des mois, je finis par faire la job. La chienne est doublée par la sûreté d'y arriver.»

À la télévision, même combat. Papineau tient à jouer des rôles significatifs. «Il y a beaucoup de divertissement dans la vie: je veux jouer des enjeux profonds. On voit aussi une vague de téléromans qui sont une sorte de pornographie: on parle d'enlèvements, d'événements sordides. Ça devient un exercice de voyeur: on veut savoir où ils en sont avec telle ou telle histoire absurde.»

À travers tous ses projets, a-t-il parfois des doutes sur son talent? «Je me demande si c'est une source tarissable. Je suis tout le temps étonné que ça fonctionne. Quand je fais des projets comme Ne m'oublie pas, je me demande quelle va être la prochaine affaire qui va me donner ce thrill-là. Étonnamment, on arrive avec des propositions. Je ne prends rien pour acquis. À cinquante ans, je n'ai pas de plan de carrière. Ça se peut que j'arrête, je ne sais pas!»

Ne m'oublie pas, du 15 février au 25 mars 2017 au Théâtre Duceppe. Pour toutes les informations, c'est ici.

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