POLITIQUE

Musulmans refoulés à la frontière: Goodale n'a pas soulevé l'enjeu à Washington

14/02/2017 12:09 EST | Actualisé 14/02/2017 12:10 EST

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a reconnu mardi qu'il n'avait pas abordé avec son homologue américain les cas de citoyens canadiens de confession musulmane qui ont été refoulés à la frontière au cours des derniers jours.

À son entrée à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, il a affirmé qu'il surveillait "très attentivement" la situation, mais qu'il n'avait pas eu "l'occasion" d'en discuter lundi à Washington lors de sa rencontre avec son vis-à-vis.

Le ministre Goodale a soutenu qu'il avait néanmoins la ferme intention de s'assurer que le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, "est bien au courant des préoccupations légitimes" des Canadiens à cet égard.

ralph goodale

Mais de tels cas doivent être "bien documentés" avant d'être présentés pour obtenir "des résultats", a-t-il insisté, disant vouloir travailler de concert avec son nouveau partenaire pour "que les citoyens des deux pays soient traités correctement et avec respect".

Au moins deux citoyens canadiens de confession musulmane, dont un athlète de l'Université de Sherbrooke qui tentait de se rendre à une compétition d'athlétisme à Boston, ont été interdits d'entrée aux États-Unis après avoir été notamment questionnés sur leur religion.

Lorsqu'il avait été questionné en Chambre la semaine dernière sur l'autre cas qui a été médiatisé, celui d'une femme de Brossard d'origine marocaine refoulée à la frontière, le ministre Goodale avait répondu qu'il en "parlerait avec le gouvernement des États-Unis".

Le ministre de la Sécurité publique était l'un des membres du cabinet qui accompagnaient le premier ministre Justin Trudeau à la Maison-Blanche pour sa première rencontre officielle avec le président Donald Trump.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, qui était aussi du voyage, a parlé mardi d'un exercice réussi. "Je pense que la communication a été établie, et nous avons passé le message que le commerce entre nos deux pays est mutuellement bénéfique", a-t-il exposé.

Le président Trump a réaffirmé lundi son intention de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), précisant que son problème avec le traité concernait le Mexique et qu'il souhaitait apporter de petits "ajustements" aux éléments liant le Canada aux États-Unis.

Le ministre Garneau n'a pas spécifié quelles modifications le gouvernement canadien pourrait mettre de l'avant.

"Il faut attendre que les États-Unis nous proposent ces ajustements. On ne peut pas anticiper, on ne sait pas exactement ce qui va être proposé. (...) On va attendre de voir ça, et c'est fort possible que nous aussi, on va proposer des ajustements", a-t-il expliqué.

Voir aussi:

Trudeau rencontre Trump (13 février 2017)

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