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12/02/2017 09:59 EST | Actualisé 13/02/2017 08:30 EST

«Tout le monde en parle» : Eric Lindros règle ses comptes avec Marcel Aubut

«Si Marcel Aubut n’avait pas été dans l’entourage des Nordiques, auriez-vous accepté de jouer à Québec?», a demandé Guy A.Lepage.

«Yes», a sans détour riposté Eric Lindros.

Venue à Tout le monde en parle pour faire la promotion du documentaire Lindros revisité, que diffusera RDS ce lundi, 13 février, à 20h30, l’ex-vedette de la Ligue nationale de hockey a éclairci, dimanche, les raisons qui l’ont poussée à refuser le juteux contrat de 10 ans et 55 millions que lui offraient les Nordiques de Québec en 1991, une décision qui l’avait fait passer pour un enfant gâté, à l’époque.

Plus de 25 ans plus tard, Lindros parle de «moments difficiles» et martèle que le choix était lié uniquement à l’organisation des Nordiques et son propriétaire, Marcel Aubut. Son père, qui travaillait alors au sein d’une société indépendante d’experts comptables, effectuait toujours des recherches sur les équipes qui s’intéressaient à son fils et leurs dirigeants, et le nom de Marcel Aubut ne lui disait apparemment rien de bon.

«Notre bilan sur cette personne n’était pas reluisant», a affirmé en substance Lindros, qui déplore aujourd’hui que sa famille ait jadis été perçue comme méprisante envers la culture francophone. Il a assuré que ce n’était pas du tout le cas ; à ce moment, son frère s’adonnait à une immersion française et, maintenant, Eric Lindros lui-même est marié à une Montréalaise. C’était «une décision prise par rapport au dirigeant d’une organisation, c’est tout», a fait valoir ce dernier, disant comprendre qu’en pareil cas, les gens finissent par adhérer aux mensonges et aux malentendus. Il espère que Lindros revisité remettra les pendules à l’heure et lui amènera le pardon de la part des amateurs de hockey de la Belle Province.

C’est bien parti ; à la fin de son entretien à Tout le monde en parle, Dany Turcotte a remis à Eric Lindros un chandail des Nordiques, que celui-ci a enfilé avec amusement, en souhaitant que le vêtement soit assez grand pour lui.

«Je préfère avancer plutôt que de cultiver de mauvais sentiments», a précisé le sportif au sujet de Marcel Aubut.

eric lindros

Pas de coupe Stanley

La suite des choses a été, en 1992, que les Nordiques avaient échangé Éric Lindros  par erreur à deux équipes différentes, le même jour, aux Flyers de Philadelphie et aux Rangers de New York. Que s’est-il passé?, a rigolé Guy A.Lepage.

«I don’t know», a lancé Eric Lindros, stoïque. «C’est plutôt révélateur, en fait…», a-t-il ajouté.

Au bout de six jours de négociations, Lindros, alors considéré du haut de ses six pieds et trois et ses 230 livres comme un surdoué de la rondelle, s’est finalement retrouvé avec les Flyers de Philadelphie, où il a évolué pendant six saisons.

Lui aussi présent à Tout le monde en parle, Steve Bégin a raconté, dimanche, qu’il s’était frotté à frapper Lindros sur la glace de Philadelphie à sa troisième partie dans la LNH… alors que celui-ci n’était même pas en possession de la rondelle. La maladresse a valu une punition le reste du match à Bégin.

Eric Lindros, passé ensuite aux Rangers de New York, aux Maple Leafs de Toronto et aux Stars de Dallas, a déjà reçu le trophée Hart, a mené les Flyers en finale de la coupe Stanley en 1997, fait partie du top 20 des moyennes les plus élevées de buts par match et a été intronisé au Temple de la renommée du hockey l’automne dernier, mais n’est jamais parvenu à remporter la fameuse coupe Stanley.

«Très, très, très déçu», a affirmé être Eric Lindros devant ce constat. «Si j’ai une grande déception, c’est celle-là, sans aucun doute.»

Ce  à quoi Dany Turcotte a répliqué : «Si vous étiez allé avec les Nordiques, vous auriez gagné la coupe au Colorado!»

Le reste de l’entrevue a été consacré à l’implication de Lindros au sein de l’organisme See the Line, qui sensibilise aux dangers des commotions cérébrales. L’ambassadeur du regroupement insiste sur l’importance de trouver des solutions pour limiter les dégâts de ce genre de blessures.

Guy A.Lepage a finalement taquiné Eric Lindros sur le fait que celui-ci, en quatre ans de mariage avec sa belle Québécoise, a déjà eu trois enfants. «Il faut être souple», a blagué Lindros, qui ne compte pas pousser sa progéniture à jouer au hockey à tout prix. «Ils feront ce qu’ils voudront (…) L’important, c’est qu’ils bougent. Le sport doit d’abord être un plaisir.»

Aurait-il aimé que ses enfants le voient performer dans son sport?, a demandé Dany Turcotte.

«Pas lors de mes dernières années. Dans les années 90, peut-être, mais après, pas vraiment», a répondu Lindros.