POLITIQUE

Claude Surprenant manque d'éthique et nuit au message de la CAQ, dit Éric Caire

24/01/2017 11:23 EST

La gestion du député caquiste Claude Surprenant n'est pas éthique et son cas démontre la nécessité d'un resserrement des règles de l'Assemblée nationale, a déclaré mardi un collègue.

Le député Éric Caire a affirmé que la controverse entourant les dépenses de M. Surprenant nuit au discours d'intégrité et de rigueur budgétaire défendu par la Coalition avenir Québec (CAQ).

M. Surprenant a été rétrogradé par son chef François Legault, mardi, dans ses fonctions parlementaires.

Le député a perdu ses titres de responsable des transports et des mines et forêts. Il sera désormais responsable des dossiers des petites et moyennes entreprises.

Dans un point de presse, en marge d'un caucus caquiste plombé par cette controverse, M. Caire a pris ses distances.

"Je ne cautionne pas ce que Claude a fait, ce n'est pas éthique, a-t-il dit. Ce qu'il a fait je ne le cautionne pas."

M. Caire a cependant d'abord défendu la décision de M. Surprenant d'octroyer un contrat de 700 $ à sa conjointe pour l'aménagement de son bureau de la circonscription de Groulx.

M. Caire a soutenu qu'elle disposait des compétences nécessaires pour effectuer le travail demandé, puisqu'elle est architecte.

Tout en affirmant que ce geste était "proscrit de façon implicite", M. Caire a jugé inutile de changer les règles permettant ce genre de situation, pour éviter de pénaliser les proches des élus.

"Moi je pense que le gros bon sens devrait toujours primer, a-t-il dit. (...) Les règles le permettent, ce que je dis c'est que la conjointe de Claude avait quand même les compétences pour assurer le mandat qui lui a été confié. Ceci dit, je pense qu'on ne devrait pas faire ça."

M. Caire, porte-parole des dossiers du Conseil du trésor, a ensuite affirmé que les règles de l'Assemblée nationale devraient être changées afin d'empêcher les apparences de conflits d'intérêts.

"Pour des raisons d'apparences, je vous dirais oui, a-t-il dit. Et là je donne une opinion personnelle. Je trouve ça triste, parce que ça veut dire que des gens compétents, du fait de leurs liens de sang, pourraient se voir disqualifiés, alors que les compétences sont au rendez-vous."

M. Caire a tout de même minimisé l'impact des gestes posés par M. Surprenant, dont les libéraux réclament la suspension du caucus caquiste, qui ne se compare pas à ce qui a été reproché à certains ministres libéraux, selon lui.

"On n'est pas au conseil des ministres, on ne gère pas des milliards, on n'est pas en train de changer les politiques gouvernementales, a-t-il dit. Les influences ne sont pas les mêmes, on va comparer des oranges avec des oranges."

M. Surprenant a dû rembourser près de 500 $ pour de fausses réclamations de frais de kilométrage alors qu'il faisait du covoiturage avec un autre député, durant l'hiver 2015.

Dans une lettre transmise au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, lundi, la CAQ a réclamé que le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale examine l'ensemble des dépenses des députés.

Mardi, M. Caire a reconnu que la controverse entourant les dépenses de M. Surprenant nuit à la CAQ.

"Quand je lis les reportages ce matin, de toute évidence", a-t-il dit.

M. Caire a ajouté, dans une réponse en anglais, que cela augmente la difficulté de diffusion du message de sa formation.

"Clairement, ce n'est pas le bon message que nous envoyons aujourd'hui à la population, a-t-il dit. Nous devons travailler plus fort."

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter