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Le flot de clandestins en provenance des États-Unis explose

23/01/2017 12:06 EST | Actualisé 23/01/2017 12:09 EST

Le Canada est confronté depuis avril dernier à une explosion du nombre de demandeurs d'asile qui entrent au pays de manière clandestine, en transitant légalement par les États-Unis. En cause, un accord entre les deux pays, que le Conseil canadien pour les réfugiés demande d'abolir.

Un texte de Catherine Kovacs

En 2002, au lendemain des attentats du 11 septembre, le Canada et les États-Unis signaient une entente en vue de limiter le nombre de demandeurs d'asile au pays. L'accord, entré en vigueur en 2004, stipule que l’asile sera automatiquement refusé à toute personne en provenance des États-Unis, considérés comme un pays sûr, qui réclame l'asile au Canada.

Par contre, si le demandeur d'asile réussit à franchir la frontière canadienne clandestinement, il a droit à une audience en vertu de la Charte des droits et libertés et du droit international sur les réfugiés. Pour le Canada qui voulait contrôler sa frontière, l'accord a donc créé l'effet contraire.

Si l'on s'en tient aux derniers chiffres de l’Agence des services frontaliers du Canada, en décembre dernier seulement 305 demandeurs d'asile sont entrés clandestinement au Québec comparativement à 20 en décembre 2015. Depuis le premier avril 2016, plus de 1000 personnes ont ainsi franchi la frontière canadienne au Québec uniquement. Du jamais vu.

On assiste donc à l'arrivée massive de demandeurs d'asile en provenance, entre autres, du Moyen-Orient, du Soudan et de l'Éthiopie. Ces derniers entrent aux États-Unis avec un visa en bonne et due forme, mais leur objectif est de traverser au Canada.

Le Conseil canadien pour les réfugiés réclame le retrait d'une entente qui va à l'encontre des droits des réfugiés.

Selon le président du syndicat des douaniers, Jean-Pierre Fortin, le Canada envoie le message qu'il est facile de traverser la frontière canadienne par les chemins non surveillés. De plus, cette situation représente un danger pour la sécurité du pays, selon lui.

Pour l'avocat montréalais Mitchell Goldberg, expert en droit des réfugiés, cette entente est tout simplement un non-sens. « C'est une contradiction qui n'a pas de sens, on ne comprend pas ».

Le Conseil canadien pour les réfugiés dénonce cette entente depuis le début, puisqu'elle met les demandeurs d'asile dans une situation intenable qui les force à la clandestinité. Le Conseil réclame le retrait de cette entente qui va à l'encontre des droits des réfugiés.

Les groupes humanitaires souhaitent que le nouveau ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, lui-même entré au Canada comme réfugié à 16 ans, se penche sur cette entente et y apporte des correctifs.

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