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Premier essai Porsche Panamera 2017: en confiance peu importe la vitesse

18/01/2017 12:17 EST | Actualisé 18/01/2017 12:17 EST
LuxuryCarMagazine.com

Plusieurs heures après avoir quitté Détroit et le Salon nord-américain de l’Auto, me voilà à Mexico, pressé de retrouver un lit le plus rapidement possible.

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La correspondance n’a pas été de tout repos à Atlanta, et le vol menant à la capitale mexicaine non plus. Mais je savais que le déplacement en vaudrait la peine. J’étais au Mexique pour découvrir la Porsche Panamera 2017, la plus récente génération de la berline Porsche introduite en 2009.

Une course sur rue

Ce premier contact avec la nouvelle Panamera promettait d’être unique. Loin d’un lancement traditionnel, ce voyage au Mexique allait plutôt pousser les limites de la voiture sur des routes inconnues au trafic dense et où les limites de vitesse n’étaient que théoriques.

Nous allions en réalité vivre une portion du Carrera Panamericana, une course sur route de 3 372 kilomètres qui a eu lieu pour la première fois en 1950. D’une durée de six jours, l’épreuve relie la ville de Juárez située tout juste après la frontière américaine avec Cuauhtémoc à la frontière du Guatemala.

Normalement, j’aurais été nerveux à l’approche d’un tel événement. La conduite rapide ne me dérange aucunement et j’adore pousser une voiture aux limites de ma tolérance sur un circuit fermé. Par contre, lorsque je sais que je vais devoir conduire rapidement sur une route publique, avec une voiture que je ne connais pas, surtout dans un événement où il faut suivre une cadence soutenue afin de ne pas retarder tout un groupe, j’ai tendance à ressentir une certaine appréhension.

En contrepartie, je savais que j’allais conduire une Porsche et personnellement, il n’y a rien de mieux pour me mettre en confiance. La première voiture que j’ai conduite sur une piste était une Porsche. Le comportement des modèles de la marque allemande sied très bien à mon style de conduite. Je peux leur trouver plusieurs défauts et je n’ai aucune difficulté à les évaluer objectivement, mais le fait demeure que si j’ai le choix d’une seule voiture pour conduire le genre de routes que nous avons rencontrées au Mexique, je me tourne vers Porsche.

Nous avions deux modèles à notre disposition, la Panamera 4S et la version Turbo. La première est propulsée par un moteur V6 biturbo de 2,9 litres développant 440 chevaux et 406 lb-pi de couple tandis que la Porsche Panamera Turbo est alimentée par un V8 biturbo de 4,0 litres offrant la bagatelle de 550 chevaux et 568 lb-pi de couple. La puissance est envoyée aux quatre roues par l’entremise d’une boîte automatique à 8 rapports, peu importe la version.

Malgré une différence de 110 chevaux entre les deux modèles, l'écart n’est que de 0,6 seconde pour atteindre 100 km/h. La Panamera 4S réussit l’exercice en 4,2 secondes tandis que la Turbo requiert 3,6 secondes.

Porsche Panamera 2017

Un premier contact

Me voilà donc derrière le volant de la Panamera Turbo devant notre hôtel de Mexico. Devant moi se trouve notre « pace car », une Porsche Boxster S 2017 pilotée par un pilote d’expérience. Derrière moi, le reste du groupe. Pour le moment, le casque offert par Porsche pour l’événement peut être laissé sur la banquette arrière. Nous devrons parcourir une bonne centaine de kilomètres pour sortir de la ville et la circulation est, comme à l’habitude dans cette ville, pénible.

Après quelque temps, la route se dégage et voilà que la Boxster s’éloigne soudainement. J’écrase l’accélérateur de la Panamera Turbo qui bondit vers l’avant après une demi-seconde d’hésitation en émettant un son profond et authentique qui n’est cependant pas aussi bestial qu’une AMG de Mercedes-Benz ou même un M de BMW.

La poussée demeure phénoménale et rapidement nous avons atteint plus de 200 km/h. Les limites de vitesses sur les autoroutes du Mexique sont les mêmes qu’au Québec et les policiers surveillent ces routes, mais il ne semble pas avoir de problèmes. La vitesse grimpe jusqu’à 230 km/h et la Panamera est toujours bien posée et bien stable.

Encore du trafic, puis encore des vitesses loufoques, puis finalement nous sommes à l’extérieur de la ville sur une route sinueuse dans les montagnes. C’est alors qu’a lieu l’épreuve écourtée du Carrera Panamericana.

Notre parcours serait passablement plus court que la course elle-même puisque devant nous se trouve une section de route fermée par la police militaire mexicaine d’une longueur d’environ 10 kilomètres. Nous devions alors parcourir le trois quarts de cette section en 7 min 35 s.

Un calcul rapide permet de constater que ce n’était pas une épreuve de vitesse. L’objectif était surtout de reproduire le plus fidèlement possible le temps de notre copilote, exercice que mon collègue et moi n’avons pas très bien maîtrisé.

Roulant beaucoup trop rapidement et attaquant chaque courbe avec aplomb, nous avons dû ralentir avant la fin pour ne pas arriver prématurément et devoir expliquer ce que nous n’avions pas compris des explications très claires données au départ. Tout un contraste au reste de la journée alors que nous avons atteint des vitesses ridicules qui seraient tout à fait normales sur l’Autobahn allemand, mais beaucoup moins recommandables sur les autoroutes et routes montagneuses en banlieue de Mexico.

Nous passons ensuite à la Panamera 4S. Difficile de remarquer une réelle différence en matière d’accélération puisque nous sommes encore dans les montagnes et les lignes droites se font rares. Dépasser exige beaucoup de préparation et un peu de chance, et plus d’une fois un autobus apparaissant à la dernière minute nous oblige à revoir notre stratégie.

La sonorité de la 4S est également notable. Comme la Turbo, elle est honnête et certainement agréable à l’oreille. La voiture est aussi plus légère et semble un tantinet plus agile dans les courbes serrées. Cela dit, il y a une différence de 63 400 $ entre la Panamera 4S (114 300 $) et la version Turbo (167 700$), un écart qui ne se justifie pas si nous tenons compte uniquement de variables tangibles.

Avec le soleil qui est sur le point de se tirer sa révérence, nous voilà de retour en ville et dans le trafic. J’en profite pour jeter un coup d’œil plus exhaustif à l’habitacle de la nouvelle Panamera 2017. Porsche a remplacé la collection de boutons sur la console centrale par des commandes tactiles tandis que l’écran central de 12,3 pouces sert d’interface principale pour accéder aux fonctions de la voiture. Il faut même passer par là pour ajuster la direction de la buse de ventilation centrale.

Personnellement, j’aimais mieux les commandes physiques de l’ancienne Panamera. Oui, il y en avait beaucoup, mais c’était plus facile de trouver rapidement le bouton que nous désirons. Le nouvel habitacle est beaucoup plus élégant et raffiné, mais il faudra plus de temps pour le maitriser.

Pour le reste, la Porsche Panamera 2017 ne déçoit aucunement. Il ne reste qu’à l’évaluer dans des conditions plus réalistes, mais je n’ai aucun doute qu’elle sera tout aussi à l’aise.