Le PQ veut revoir les règles sur le vote de confiance envers son chef

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JEAN FRANCOIS LISEE
Clement Allard
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Radio-Canada a appris que l'exécutif national du Parti québécois proposera à ses membres de revoir les règles entourant la tenue des votes de confiance envers leur chef.

Un texte d'Hugo Lavallée

Dans une proposition qui sera soumise aux militants lors du prochain congrès du parti, et dont nous avons obtenu copie, l’exécutif entrouvre aussi la porte à la tenue de primaires au sein du parti pour l’élection des prochains chefs et prépare le terrain à la création de nouveaux comités thématiques au sein de la formation politique.

À moins que les militants n’en décident autrement lors de l’ouverture du prochain congrès du Parti québécois, prévu cet automne, Jean-François Lisée devra se soumettre à un vote de confiance, une situation que d’aucuns jugent absurde, M. Lisée venant à peine d’être élu chef par les membres du parti.

Afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise à l'avenir, le PQ proposera à ses militants d’amender les statuts actuels du parti, pour ne prévoir la tenue d’un vote de confiance que dans la mesure où le chef exerçait cette fonction lors des élections générales précédant le vote de confiance.

«L’alignement actuel des événements fait en sorte qu’on se retrouve dans une situation un peu aberrante. Comme ce n’est pas le genre de situation qui se produit souvent, ce n’était pas prévu explicitement dans nos statuts, mais là, on veut remédier à cette situation.» - Membre de l'exécutif national qui a requis l'anonymat

Cette proposition ne permettra toutefois pas au chef Lisée d’échapper à la tenue d’un vote de confiance l’automne prochain, puisque les nouveaux statuts qui seront adoptés n’entreront pas en vigueur avant la fin du prochain congrès.

Pour passer outre au vote de confiance prévu cette fois-ci, les militants devraient, dès le début du prochain congrès, amender son ordre du jour de manière à annuler la tenue du vote prévu. Rien n’indique pour le moment que le parti ou des militants veuillent mettre de l’avant une telle proposition.

« Si on fait ça, le débat sur l’opportunité de tenir un vote de confiance risque de se transformer en vote de confiance lui-même alors ça reviendra au même. Le chef est mieux de simplement se soumettre au vote de confiance cette fois-ci », explique une source, ajoutant qu’il serait imprudent pour Jean-François Lisée de ne pas se préparer en vue de la tenue d’un tel vote.

Ouverture timide à la primaire

Comme cela avait été évoqué précédemment, le parti compte ouvrir la porte pour que de simples sympathisants du Parti québécois, qui ne sont donc pas des membres en règle, puissent participer à la sélection du prochain chef de la formation politique. Mais attention : cela ne se fera pas automatiquement, du moins si la proposition présentement à l’étude est adoptée.

En fait, lorsqu’une nouvelle course à la direction devra être organisée, les membres du parti auront le choix : ils pourront limiter le vote aux seuls membres du parti, ou encore, l’ouvrir aux sympathisants. Le document obtenu par Radio-Canada définit ainsi ce statut : « Toute personne âgée de 16 ans et plus et qui signe une déclaration confirmant qu’il [sic] souscrit aux principes, valeurs et objectifs du Parti québécois et qui acquitte un droit déterminé […]. »

« La proposition pour les nouveaux statuts ne tranche pas le débat sur le fond. Tout ce que ça fait, c’est de faire en sorte que les membres, la prochaine fois qu’il y aura une course, puissent avoir le choix, s’ils le veulent, d’ouvrir le vote aux sympathisants. Ça ne crée pas d’obligation », poursuit le membre de l’exécutif national à qui nous avons parlé.

À la suite de la défaite électorale de 2014, le député et candidat à la direction Alexandre Cloutier avait proposé de permettre aux sympathisants du Parti québécois de participer au choix du nouveau chef. La proposition avait toutefois été rejetée, puisqu’elle aurait nécessité la tenue d’un congrès extraordinaire des membres afin de modifier les statuts du parti, une opération alors jugée trop complexe et coûteuse à organiser.

De nouveaux comités

Afin de mieux refléter la « diversité québécoise », le Parti québécois souhaiterait aussi pouvoir créer des « comités nationaux » chargés de s’attarder à des « thématiques précises ». Contrairement au SPQ Libre à l’époque, ces comités n’auraient toutefois aucun statut formel au sein du parti et ils pourraient être créés et dissous au bon vouloir de l’exécutif national.

Le groupe « Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre » a été reconnu comme club politique du Parti québécois de 2005 à 2010, mais ses prises de position, parfois contraires à celles prônées par la direction du parti, ont parfois mis dans l’embarras les chefs du PQ.

« L’idée c’est que les nouveaux comités qu’on veut créer aient une reconnaissance [et] que ces comités puissent avoir une représentation au sein des instances du parti, sans pour autant que ces comités soient permanents. Ça permet de les faire naître et disparaître selon la réalité du terrain, sans les maintenir en vie artificiellement, pour avoir des comités qui sont efficaces à des moments stratégiques », fait-on valoir sous le couvert de l’anonymat.

C'est la fin de semaine prochaine à Québec, lors du Conseil national du Parti québécois, que seront dévoilés aux militants le nouveau projet de programme du parti (appelé la « proposition principale » dans le jargon péquiste) et les amendements proposés aux statuts et règlements de la formation politique.

Les militants disposeront des prochains mois pour s'approprier les textes et en débattre entre eux, avant leur adoption au début de l'automne prochain lors du congrès du parti.

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