POLITIQUE

Bilan diplomatique 2016: Stéphane Dion plutôt satisfait

20/12/2016 03:14 EST | Actualisé 20/12/2016 03:15 EST
Radio-Canada

Élection de Donald Trump, crise en Syrie, otages canadiens, dossier saoudien : 2016 a été très occupée pour le Canada sur la scène internationale. Nous avons rencontré le ministre des Affaires étrangères pour revenir sur la dernière année.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

En général, Stéphane Dion se dit satisfait du rôle joué par le Canada dans le monde.

S’il reconnaît qu’Ottawa ne s’était pas retiré des enjeux internationaux sous le gouvernement Harper, le ministre, qui a visité une trentaine de pays cette année, croit que le Canada est aujourd'hui plus présent.

«Partout où je vais maintenant, je n’ai plus à dire je suis le ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Justin Trudeau, tout le monde le sait, tout le monde s’y attend.» ― Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

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Le moment difficile : la crise des otages

Tout comme pour le premier ministre, le moment le plus difficile vécu par Stéphane Dion en 2016 a été l’exécution de deux otages canadiens par un groupe terroriste aux Philippines.

La position canadienne est claire et ne changera pas : il ne faut pas payer de rançons aux preneurs d’otages. Le ministre Dion estime que payer encouragerait davantage les groupes terroristes à kidnapper des ressortissants canadiens.

«Ça a été les pires moments de l’année, peut être les pires moments de ma vie. Je crois qu’on a pris la bonne décision, mais j’aurais tellement voulu qu’on arrive à sauver ces deux personnes.» ― Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

Donald Trump et la relation canado-américaine

Le président élu des États-Unis Donald Trump lors d'un discours en Caroline du Nord Photo : Reuters/Shannon Stapleton

C’est probablement l’événement qui a attiré le plus l’attention à l’échelle de la planète, et l’élection de Donald Trump à la présidence américaine occupe déjà beaucoup le ministre des Affaires étrangères.

Difficile de dire comment la présidence Trump va se traduire dans les relations canado-américaines, notamment sur la question du commerce international.

Stéphane Dion estime qu’il est possible de travailler avec le gouvernement américain dans le dossier des changements climatiques, pour lequel la vision de Justin Trudeau et celle de Donald Trump sont très éloignées.

«On va s’efforcer de demander à nos amis américains d’avoir un leadership positif dans le monde. Le Canada va tout faire pour avoir cette influence positive. […] La difficulté ne nous fait jamais peur.» ― Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

La Syrie et l’impasse à l’ONU

La crise syrienne a monopolisé beaucoup d’efforts internationaux ces derniers mois, notamment de la part du Canada.

Il y a quelques semaines, le Canada a présenté une résolution qui a obtenu l’appui de 122 pays pour faire pression sur le Conseil de sécurité et permettre l’acheminement d’aide humanitaire dans la ville assiégée d’Alep.

Dans la gestion de cette crise, le Conseil de sécurité a été montré du doigt.

«Le Canada aimerait beaucoup qu’il y ait une réforme sur le plan des veto. Ce n’est pas demain la veille que les Russes vont renoncer à leur veto, ou les Chinois, ou les Français. Alors qu’est-ce qu’on fait avec ça?» ― Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

Pour le ministre Dion, des changements doivent être effectués à l’intérieur de l’institution internationale. Il estime qu'un désengagement n'aiderait en rien.

Le gouvernement Trudeau est actuellement en campagne pour obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité à partir de 2021.

Le controversé dossier des blindés saoudiens

Dans le bulletin généralement positif qu’a donné la semaine dernière Amnistie internationale au gouvernement Trudeau, ce dossier controversé faisait figure d’ombre au tableau.

Le ministre Dion défend cette décision, impliquant un contrat d’une valeur de 15 milliards de dollars, affirmant que le Canada exporte du matériel militaire vers le royaume depuis de nombreuses années et que rien ne prouvait que les autorités saoudiennes en avaient fait l’usage pour brimer les droits de l’homme.

Stéphane Dion ouvre toutefois la porte à la mise en place de nouvelles mesures pour contrôler l’exportation de matériel militaire canadien.

«On va renforcer cette rigueur l’année prochaine, on aura différentes annonces en ce sens, pour s’assurer que quand un équipement militaire canadien est vendu quelque part, il ne soit pas utilisé à mauvais escient.» ― Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

L’approbation de l’exportation de blindés saoudiens vers l’Arabie saoudite est actuellement contestée en Cour fédérale, à Montréal.

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