DIVERTISSEMENT
08/12/2016 11:54 EST | Actualisé 08/12/2016 11:56 EST

Andy Shauf partage sur scène le très bel album «The Party» (ENTREVUE)

Geoff Fitzgerald

Son troisième album titré The Party a réjoui les mélomanes et les critiques de musique. Dans le cadre d’une très longue tournée de concerts, l’auteur-compositeur-interprète anglophone canadien Andy Shauf visitera Ottawa, Montréal et Québec pour partager ses jolies chansons.

Lors de l’entretien téléphonique, la première neige automnale tapissait le sol montréalais, tout comme à Toronto, sa ville d’adoption depuis le printemps.

Questionné quant aux raisons qui ont motivé ce déménagement, l’homme de 29 ans répond qu’il voulait à la fois changer de décor et se rapprocher du dynamisme artistique de la Ville Reine. «Fresh air in Toronto», ironise-t-il avec calme et circonspection.

Après quelques échanges supplémentaires, le timide jeune homme finit néanmoins par se délier la langue. «À Regina, où j’habitais, j’étais plutôt bien. Mais, je voulais me défaire de mes vieilles habitudes. J’étais persuadé que Toronto, au plan artistique, me ferait du bien. De toute façon, je commençais à trouver que c’était long à propos de ma carrière [s’imposer comme véritable artiste accompli].»

Il est assez facile de concevoir que la carrière d’un jeune créateur pourrait se développer plus aisément dans la métropole ontarienne, qui regorge de studios, de labels et de musiciens. D’ailleurs, l’album The Party est paru le 20 mai sous étiquette Arts and Crafts (Chilly Gonzales, Feist, Jacques Green, Kid Koala, Jean-Michel Blais, Timber Timbre, Tricky), dont le siège social est à Toronto.

Ce disque, qui a fait partie de la courte liste du Prix Polaris 2016, est une superbe production qui mélange brillamment la pop et le folk délicat. Les textes, quant à eux, sont originaux et intelligents. Le concept de l’album est plutôt simple: lors d’une soirée festive, des personnages sont en quelque sorte épiés par l’auteur, qui se plaît à raconter un pan de leur vie ou d’illustrer un trait de leur personnalité. Rien d’autobiographique, rassure toutefois Andy Shauf.

«Qui oserait prendre des notes dans un party pour en faire un disque, un livre ou autre chose? Pour ma part, je ne ferais jamais ça. Quel médiocre invité j’aurais fait! Bien entendu, j’ai participé à plusieurs fêtes. J’aime bien prendre quelques bières avec des amis. Quand tu es jeune et que tu habites Régina, aller dans un party c’est souvent ce que tu fais. Inconsciemment, je me suis inspiré de ça, j’imagine. Mais, les comparaisons s’arrêtent là.»

Outre l’écriture, Shauf a pratiquement tout fait sur l’opus. Il joue de presque tous les instruments (guitares, cordes, clarinettes, synthétiseurs, piano, batterie font partie des arrangements).

Après une tentative infructueuse d’enregistrer en groupe des chansons en Europe, il a décidé de poursuivre seul la création du fantaisiste The Party, à Régina. «J’ai reçu une bourse. J’avais le choix entre un studio à Kelowna, en Colombie-Britannique, ou un studio à Cologne en Allemagne. Je me suis dit qu’on ne pouvait pas manquer une telle occasion d’aller là-bas (l’autre côté de l’Atlantique). On est donc parti (un groupe de musiciens) pour faire des chansons. C’était un véritable château. L’endroit était superbe…»

«Le problème, c’est que je me suis rendu compte assez rapidement que j’avais du mal à partager mes idées, poursuit Shauf. Après un moment, j’ai dû me résoudre… Ça ne marcherait pas. On est revenu et je m’en suis occupé à ma façon. Rien de dramatique. Deux des gars qui sont venus en Allemagne avec moi jouent dans le spectacle.»

Fondamentalement, Andy Shauf aime beaucoup créer dans la solitude. Même à Toronto, il n’est pas un animal follement social. Il rencontre un peu, avec modération. Plus jeune aussi, il aimait l’isolement de la maison familiale (d’abord dans un village appelé Estevan et ensuite Régina) afin de jouer de ses instruments. «Mes parents ont toujours aimé la musique. J’ai grandi dans ça. Parfois, ils m’offraient un instrument qui provenait de leur magasin (d’électronique et de divers instruments). J’ai aussi chanté dans la chorale, à l’église. Mes parents étaient assez pratiquants. Je détestais ça! Mais bon, il y a eu du bon, je présume. Mon père participe toujours à des rencontres de gospel.»

Aujourd’hui, Andy Shauf apprivoise un univers bien différent de celui de son enfance. Il a découvert quelques lieux qu’il aime fréquenter à Toronto. «Je n’ai pas eu énormément de temps pour découvrir la vie torontoise et par le fait même travailler sur de nouvelles compositions. J’ai fait énormément de concerts depuis la sortie de l’album. J’ai quand même quelques nouvelles chansons. J’aimerais créer un autre album-concept, mais cette fois avec une approche plus intentionnée au niveau des paroles.»

D’ici la sortie de ce quatrième long jeu, Audy Shauf retournera en Europe au printemps (il a notamment assumé la première partie du spectacle du groupe The Lumineers) et d’autres villes en Amérique du Nord. Il rêve par ailleurs d’aller jouer au Japon.

Sur les planches, Andy Shauf est accompagné de trois musiciens. Selon lui, c’est une prestation relativement calme, de façon à respecter l’ambiance générale du disque The Party. «Il y a bien certains passages plus vigoureux, mais j’aime porter attention aux dynamiques de l’album.»

Andy Shauf sera en concert à Ottawa (Centre national des arts) le 8 décembre, à Montréal (Le National), le 9 décembre, et à Québec (à L’Anti) le 10 décembre.

INOLTRE SU HUFFPOST

Playlist d'automne: 6 albums québécois à surveiller