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« Anne... la maison aux pignons verts » au théâtre pour la première fois!

28/11/2016 03:48 EST | Actualisé 30/11/2016 01:37 EST
Judo Photo

Espérant avoir de l’aide sur leur ferme en adoptant un garçon, des paysans accueillent non sans surprise une fillette aux cheveux couleur de feu, à l’imaginaire débordant et à la parole inépuisable. Si cette histoire vous rappelle quelque chose, vous faites certainement partie des millions de personnes qui ont lu Anne et la maison aux pignons verts ou qui ont regardé son adaptation télévisuelle. Pour la toute première fois, les mots de Lucy Maud Montgomery résonneront au théâtre, et en français par-dessus le marché!

Frédéric Bélanger, qui signe l’adaptation et la mise en scène de la pièce, a découvert la célèbre rouquine au petit écran, alors qu’il entrait dans l’adolescence. Quelque deux décennies plus tard, il a pensé lui redonner vie dans un projet d’Advienne que pourra, une compagnie dont le but est d’initier les jeunes aux arts de la scène, en combinant le théâtre et la littérature.

«La pièce se concentre sur le premier des huit tomes de son histoire, lorsqu’elle a entre 11 et 17 ans. On la voit passer de l’enfance à l’adolescence et entrer dans la vie d’adulte, avec tous les questionnements intérieurs que ça comporte. Quand on a fait une lecture avec des jeunes du secondaire, la moitié de la classe pleurait à la fin… même les gars. Ils nous disaient que la pièce cernait vraiment bien où ils se trouvaient dans leur vie.»

À son arrivée dans un village de l’Île-du-Prince-Édouard, la jeune-fille-bientôt-femme est également confrontée à de nombreux préjugés en raison de… la couleur de ses cheveux. «À l’époque, on disait que les mères des enfants aux cheveux roux avaient couché avec le diable et qu’elles étaient des sorcières. Anne doit vivre avec tout ça, le jugement des autres et la peur de l’inconnu.»

Ode à la tolérance, l’histoire est sans contredit une célébration de la jeunesse. Bélanger a d’ailleurs choisi de raconter l’histoire à travers le regard des enfants uniquement, excluant la présence de personnages adultes bien connus.

«Il ne faut pas s’attendre à voir la série sur scène. Par exemple, Marilla, la mère adoptive, est très présente dans l’émission et elle nous permet de voir Anne avec un regard extérieur. Mais je voulais mettre la parole de l’enfance à l’avant-plan. Et comme Anne raconte ce qui lui arrive, tout ce dont elle n’a pas été témoin dans l’histoire originale n’existe pas dans la pièce.»

La production se concentre plutôt sur les anecdotes de cours d’école, l’importance de l’amitié et le lien unissant tous ces jeunes, qui représentent certains archétypes de la jeunesse : le petit timide plutôt comique qui n’ose pas s’affirmer, la jeune dévergondée, le beau gars qui parle haut fort, la belle fille sage, et bien sûr Anne, qui vit tout avec une intensité démesurée. «À travers eux, il est question de ce à quoi on aspire, d’accepter nos limites et d’assumer qui l’on est.»

Les enfants/adolescents jouent à raconter leur vie, à l’imaginer et la rêver, imposant au metteur en scène de marier l’onirisme au réalisme.

«Leurs enjeux doivent être portés par des sentiments réels, et non exprimés sous forme de caricature. En même temps, la notion du jeu et de l’imagination sont très présentes sur scène. Au lieu d’acheter une épée au magasin, on utilise une branche de bois et on fait appel au pouvoir d’évocation.»

Dans l’univers de Lucy Maud Montgomery, les jeunes expriment leur vision du monde à travers leurs mots. «Par exemple, quand Anne écoute le son de la rivière, elle dit qu’elle l’entend rire. C’est dans ce genre de phrases qu’on retrouve toute la puissance de l’histoire et du personnage.»

Un personnage qui, après avoir marqué l’esprit de plusieurs générations de lecteurs et de téléspectateurs, exigeait une interprète capable d’incarner sa flamboyance, son optimisme et son opiniâtreté. Très conscient du défi, le metteur en scène est persuadé d’avoir trouvé la perle rare : Pamela Dumont.

«Après sa première audition, je n’étais plus capable de me la sortir de la tête. On a rencontré une cinquantaine d’actrices au total, mais sa singularité l’a démarquée. Paméla a quelque chose d’irrévérencieux et de rentre-dedans qui marche parfaitement avec le personnage. Quand elle est venue nous voir, elle a commencé à lire le texte et Anne est apparue devant nous.»

Anne… la maison aux pignons verts sera jouée à la salle Fred-Barry du 29 novembre au 22 décembre 2016. Cliquez ici pour plus de détails.

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