POLITIQUE

Plus de 1,3 million d'enfants canadiens en situation de pauvreté

25/11/2016 06:25 EST | Actualisé 25/11/2016 06:25 EST
shutterstock

La pauvreté infantile au Canada a certes diminué au cours des dernières années, selon l'organisme Campagne 2000, passant de 19,1 % en 2012 à 18,5 % en 2014. Elle demeure toutefois plus élevée qu'en 1989, période où le taux atteignait 15,8 %.

Si l'on omet le territoire du Yukon, où le taux de pauvreté infantile se situe à 12,6 %, le Québec est la province canadienne où le taux est le moins élevé, s'élevant à 15,1 %. Il est suivi de près par l'Alberta, où le taux est de 15,5 %. Campagne 2000 estime toutefois que les chiffres pour l'année 2014 ne représentent pas l'impact de la chute des prix du pétrole survenue en Alberta à la fin de cette même année.

 

Quant aux pires taux de pauvreté infantile au pays, hormis le territoire du Nunavut où le taux se chiffre à 38 %, c'est la province du Manitoba qui fait piètre figure. Dans cette province, 29 % des enfants vivent dans la pauvreté. La Saskatchewan est la seconde province à afficher le taux le plus élevé, soit 24,6 %.

L'organisme blâme en partie le « faible niveau des prestations d'aide sociale » pour l'ampleur de la pauvreté au Canada. « Les revenus sont insuffisants dans toutes les provinces et tous les territoires au Canada », peut-on lire dans leur rapport.

Campagne 2000 souligne toutefois que les « transferts gouvernementaux sont des investissements cruciaux et efficaces pour réduire ou prévenir la pauvreté », ajoutant que, sans les programmes d'aide déjà en place, au moins 712 000 enfants canadiens de plus seraient en situation de pauvreté.

Le rapport formule des recommandations qui portent notamment sur le logement, la précarité d'emploi, les inégalités de revenu et les services éducatifs et de garde à l'enfance. Par exemple, Campagne 2000 demande à Ottawa « d'indexer l'ACE [Allocation canadienne pour enfants] à l'inflation à compter de 2017 pour permettre aux familles de suivre l'augmentation du coût de la vie », alors qu'Ottawa prévoit l'indexer en 2020.

L'Allocation canadienne pour enfants (ACE) est un nouveau programme qui a été mis en place par le gouvernement Trudeau et qui remplace trois programmes, dont la Prestation fiscale canadienne pour enfants et la Prestation universelle pour la garde d'enfants. Il s'agit d'une prestation non imposable. Les montants versés sont calculés par l’Agence du revenu du Canada à partir du revenu familial net ajusté, qui est généralement légèrement inférieur au revenu familial.

Des inégalités persistantes

Campagne 2000 dénonce par ailleurs les inégalités qui sont parmi les causes de la pauvreté chez des familles. « Nous devons aussi concentrer nos efforts à mettre fin à la discrimination dont sont victimes des groupes d'enfants dont les taux de pauvreté sont plus élevés, notamment les enfants dont une femme est le soutien économique, les enfants autochtones, les enfants racialisés, les enfants présentant des incapacités et les enfants nouvellement immigrés au pays », affirme la coordonnatrice nationale de Campagne 2000, Anita Khanna, dans un communiqué.

Le rapport donne comme exemple l'iniquité salariale par rapport au sexe de la personne. Les femmes qui travaillent à temps plein et toute l'année obtiennent 72 % de la rémunération moyenne des hommes.

Aussi, toujours selon le rapport, 60 % des enfants autochtones qui vivent dans une réserve et qui détiennent le statut d'Indien vivent dans la pauvreté.

«À vrai dire, la pauvreté n'est pas uniquement sexiste; elle est également chroniquement raciste, colonialiste, homophobe, xénophobe et discriminatoire.» - Rapport de Campagne 2000.

Pour résoudre ces problèmes, Campagne 2000 recommande notamment de « revitaliser le Plan d'action canadien contre le racisme » et « [d']accélérer l'adoption de mesures législatives obligeant les industries assujetties à la réglementation fédérale de verser un salaire égal aux femmes pour un travail de valeur égale ».

L'organisme souhaite également qu'Ottawa s’attaque à la pauvreté chez les Autochtones. « Le gouvernement doit se plier au jugement du Tribunal canadien des droits de la personne et financer de manière équitable les services d’aide à l’enfance dans les réserves », a demandé Rachel Gouin de l’organisme Repaires jeunesse du Canada, lors d'un point de presse.

Voir aussi:


35 photos résumant parfaitement la vie avec des enfants


Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter