DIVERTISSEMENT

Claude Dubois parle de son cancer à cœur ouvert à «Tout le monde en parle»

21/11/2016 05:39 EST | Actualisé 21/11/2016 06:50 EST

Claude Dubois a fait une grande révélation sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche : il a appris il y a quelques mois qu’il est atteint d’un cancer de la moelle osseuse. Il n’en avait encore jamais parlé publiquement.

On croyait que le chanteur était de passage à la populaire émission de Radio-Canada uniquement pour présenter son nouvel album, Zampano, où il revisite des morceaux inspirés de l’univers de Fellini sur des rythmes pop-rock, et sur lequel il reprend son plus grand succès, Si Dieu existe, mais l’entrevue menée par Guy A.Lepage a finalement surtout porté sur la maladie de Dubois.

«On m’avait donné trois ans à vivre», a annoncé ce dernier. «J’ai toujours cru que j’étais fait à l’os, mais en réalité, j’étais fait à la moelle», a-t-il ajouté, référant ainsi à son type de cancer.

«Quand tu apprends qu’il te reste trois ans et que tu as des enfants de six et neuf ans, c’est fatiguant. Mais j’ai surtout eu, un moment donné, la révélation de me faire dire : non, ça va peut-être être plus que ça», a continué Claude Dubois, en blaguant ironiquement sur son mode de vie toujours «straight». «On ne peut pas avoir meilleur exemple de savoir-vivre…»

Tout le monde en parle - 20 novembre 2016


C’est en travaillant sur les pelles mécaniques qu’il possède chez lui que Claude Dubois s’est retrouvé étourdi et qu’il a réalisé que sa santé n’allait pas bien. Il bénéficie maintenant de traitements de chimiothérapie depuis huit mois. Il fréquente l’hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme et a lui-même baptisé la salle d’attente de l’endroit, «la salle d’attente de l’au-delà».

«C’est surtout (une salle) où personne ne te reproche de passer en avant des autres», a-t-il badiné, rappelant ainsi une controverse qui l’a touché il y a quelques années, lorsqu’il avait outrepassé une file d’attente pour recevoir un vaccin avec sa famille.

«Je n’ai pas droit à la faiblesse», s’est encouragé l’auteur-compositeur à voix haute, en rendant hommage à tous les gens atteints d’un cancer qui luttent pour leur vie. Après quoi, il a noté que c’est lui-même qui a demandé à Guy A.Lepage le droit d’aller s’expliquer à Tout le monde en parle.

«J’avais peur que ça coule de tous bords, tous côtés et que ça fasse peur à mes petits. On aurait pu raconter n’importe quoi à mon sujet, sachant que j’avais un cancer. (…) Je vais leur dire (à ses enfants) maintenant. Je voulais qu’ils sachent qu’ils ne vont pas perdre papa demain matin. Ça va aller, il est encore là.»

«Il n’y a que l’être humain qui s’imagine éternel. Ça m’inquiète de laisser mes petits ; ça, ça m’emmerde. Je n’ai jamais eu peur de ça (la mort). Mais je l’ai croisée, à quelques reprises…», a observé Claude Dubois.

«Dieu existe-t-il?», a demandé Guy A.Lepage à son invité, un clin d’œil à sa légendaire Si Dieu existe.

«Dieu existera toujours pour ceux qui en ont besoin. (…) En même temps, je ne veux pas l’emmerder. Tout à coup je le vois ; tout le monde va dire que je suis viré fou! Il faut être fou pour le voir véritablement. Pour l’entendre, on est moins fou, je suppose. C’est déjà merveilleux.»

Touchant Pierre Bruneau

Autre entretien bouleversant dimanche, celui avec Pierre Bruneau, honoré plus tôt cette semaine pour son action philanthropique au sein de la Fondation Centre de cancérologie Charles-Bruneau, qu’il a lui-même mis sur pied à la suite du décès de son fils Charles, en 1988, alors que le petit garçon n’était âgé que de 12 ans.

«C’est un engagement que j’ai pris auprès de Charles. (…) Je ne savais pas, à ce moment-là, ce que ça voulait dire. (…) Il (Charles) est toujours avec moi. Pour moi, ces enfants-là ne meurent pas sans nous laisser quelque chose d’important. Leur présence est différente, mais ils sont toujours avec nous», a expliqué le chef d’antenne de TVA – qui occupe cette fonction depuis 40 ans - avant de se remémorer sa dernière nuit avec son fils, pendant laquelle il lui a raconté un voyage à Paris.

Pierre Bruneau avait 35 ans lorsque son fils Charles a rendu l’âme. Un an et demi après le drame, le malheur semblait vouloir s’acharner sur sa famille : son fils cadet, Jean-Sébastien, alors âgé de 8 ans, est tombé d’un tremplin de trois mètres, a été blessé sérieusement au cou et a passé 23 jours dans le coma. Sa réadaptation pour réapprendre à parler et à marcher a duré 18 mois. Pierre Bruneau est devenu très ému lorsque Guy A.Lepage a énuméré ces événements.

«On se pose toujours la question, qu’est-ce qu’on a fait ou qu’est-ce qu’on a manqué faire», a philosophé Pierre Bruneau, avant de revenir sur les paroles de sa mère, qui se demandait toujours «comment» régler les problèmes, et non «pourquoi» ceux-ci se produisent, et de vanter la force de son couple. «Il (Jean-Sébastien) va très bien aujourd’hui. Il est rendu à 35 ans».

Feux crépite encore

L’auteur Serge Boucher et les comédiens Maude Guérin et Alexandre Goyette sont venus parler de la série Feux, qui a pris fin lundi dernier, les deux derniers affichant une merveilleuse complicité après les moments parfois lourds qu’ils ont partagé à l’écran. Alexandre Goyette s’est retrouvé au bord des larmes lorsque Guy A.Lepage a évoqué la scène de la mort du petit Hervé, le fils de son personnage, Marc.

«Ça m’a dévasté, a admis le comédien, en ayant peine à retenir ses sanglots. Mais quand je le joue, il faut que je le joue comme un sportif qui arrive à une compétition aux olympiques, et qui fait : j’ai une job à faire, c’est aujourd’hui qu’il faut que ça se passe (…) Il y a aussi le texte de Serge (…) Nous, on est bons parce qu’on a un grand texte à porter pour vrai.»

«… et parce qu’on est dirigés de main de maître par Claude Desrosiers (le réalisateur), aussi, a ajouté Maude Guérin. On a fait énormément de prises sur cette série, chose qu’on fait très peu. Claude essayait toujours d’aller chercher «la» petite affaire.»

Serge Boucher, créateur de Feux, mais aussi de Aveux et Apparences, a pour sa part insisté sur son plaisir de prendre le temps de développer une intrigue sur plusieurs épisodes et de ne pas miser uniquement sur les rebondissements.

«Le grand plaisir, c’est la construction (…) Ce qui m’intéresse, c’est d’aller en profondeur et dans le profondément humain. (…) Ce que je revendique, c’est de ne pas tout mâcher pour le spectateur. En voyant Feux, j’aimais le côté qu’on n’expliquait pas (…) Je ne dis pas au monde quoi penser, les gens sont assez intelligents pour s’approprier des personnages et des situations».

Un one man show pour Perizzolo

Il aura fallu plus de 20 ans à Martin Perizzolo pour lancer son premier one man show, dont la première montréalaise aura lieu le 3 octobre 2017. Celui qui est sorti de l’École nationale de l’humour à 19 ans a dit avoir eu besoin de prendre de la maturité en participant à d’autres projets avant de se lancer dans un périple en cavalier seul, comme l’écriture de textes sur Un gars, une fille, des rôles dans Les beaux malaises et les publicités des Fromages d’ici et un premier spectacle, Q, à thématique sexuelle, qu’il qualifie comme un «prologue» à son premier «vrai» one man show, que produit evenko.

«Je pense que je suis un coureur de fond, à la base», a illustré l’artiste à tout faire, soutenant qu’il a fait ses classes sérieusement dans chacun des créneaux qu’il a occupé.

Ami de Mike Ward, Perizzolo a défendu la liberté artistique de ce dernier dans l’affaire l’opposant à Jérémy Gabriel.

«Je ne pense pas qu’il a été trop loin au sujet du petit Jérémy. Moi, je n’ai pas la sensibilité pour aller là, je ne pourrais pas faire ce gag-là, mais je comprends d’où vient ce gag-là. Je pense que ce gag-là est valable. Il y a un malaise, et le gag parle de ça. (…) Après, c’est un choix artistique. Je me trouve assez mal placé pour juger ce qu’un collègue fait à ce niveau-là. Mais je pense que le gag a le droit d’exister», a exposé Martin Perizzolo, en reconnaissant que Jérémy Gabriel, de son côté, a le droit d’être blessé et de réagir devant la plaisanterie.

Le bédéiste québécois Guy Delisle, qui vit en France depuis plusieurs années, s’est inspiré de l’histoire vécue d’un coopérant français pour élaborer son nouveau roman graphique, S’enfuir : récit d’un otage. Sur 428 pages, il relate ainsi les 111 jours de captivité subis par Christophe André, qui a été enlevé par des rebelles tchétchènes lors d’une mission pour Médecins sans frontières, en 1997. Seuls deux articles sont parus dans les journaux à propos du drame vécu par Christophe André, dont l’un publié dans Libération, mais l’homme n’a pas souhaité que l’épisode soit récupéré autrement, à la télévision ou ailleurs. «Il n’attendait pas après ça», a précisé Guy Delisle entre ses explications de la troublante aventure de sa muse.

Dans le film documentaire L’héritier, la jeune cinéaste Edith Jorisch relate la quête de son grand-père, parti sur la trace de tableaux du maître Gustav Klimt, enlevés à sa famille par les nazis pendant la guerre. «C’est ça, mon héritage. Mon grand-père a mené cette vie, et c’a été ma mission, de la faire connaître», a relevé Edith Jorish en fin d’émission, en parlant de l’existence rocambolesque de son ancêtre. L’héritier sera présenté le lundi 21 novembre, à 21h, à Télé-Québec.