POLITIQUE

Lucien Bouchard n'est pas inquiet de l'élection de Donald Trump (VIDÉO)

14/11/2016 02:53 EST | Actualisé 15/11/2016 11:02 EST

L'élection de Donald Trump en a surpris plus d'un, à commencer par les sondeurs. C'est aussi le cas de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard. Malgré cela, l'ex-élu péquiste se dit peu inquiet par le nouveau président américain et son influence à venir.

«Je ne suis pas inquiet, car les États-Unis c’est une démocratie, qui a un modèle constitutionnel qui comporte beaucoup de contrepoids, et le président ne fait pas ce qu’il veut», a lancé d’entrée de jeu Lucien Bouchard, lundi matin, dans une entrevue en marge du lancement du livre Bâtisseurs d’Amérique, pour lequel il a rédigé un chapitre consacré à l’histoire d’Henri Bourassa.

Durant la campagne électorale, Donald Trump «en a dit des choses», conçoit M. Bouchard, mais maintenant le milliardaire sera rattrapé par «la réalité du pouvoir». L’ex-premier ministre sait bien de quoi il parle : la complexité de la prise de décisions, des nuances à apporter quand on veut concrétiser une promesse électorale. «Je ne suis pas inquiet pour la suite, car dans son parti il y a des gens prudents qui vont le surveiller […] Mais ce sera important de suivre ce qui s’y passe, car ce que font les Américains a une influence sur nous tous.»

lucien bouchard

L'ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard.

S’il répète ne pas être un sociologue ni un expert de la politique américaine, Lucien Bouchard explique avoir suivi de près l’évolution de la campagne électorale américaine. Il avait la certitude, comme de nombreux analystes, que la démocrate Hillary Clinton finirait par remporter le scrutin, face au bouillonnant Donald Trump. C’est pourtant ce candidat hors norme qui a gagné.

«J’ai été surpris, je ne pensais pas qu’il serait élu. Mais les électeurs ne l’ont pas élu car il est sophistiqué, ou aimable ou respectueux des gens. Ils l’ont élu…Pourquoi? Pour des raisons plus profondes», poursuit-il. Une convergence de ressentiment, de frustration face aux médias libéraux et à «l’establishment» déconnectés des préoccupations de la classe moyenne, estime M. Bouchard.

Le Canada n’est pas à l’abri de l’«effet Trump», prévient le sénateur Pratte

Aussi présent au lancement du livre Bâtisseurs d’Amérique, qu’il a dirigé, le sénateur indépendant André Pratte a semblé plus inquiété de l’élection de Donald Trump. «J’ai été surpris, et ça montre combien les sondages négligent un pan plus conservateur de la population», dit-il.

Mais ce qui dérange surtout l’ancien éditorialiste en chef du quotidien La Presse, c’est que l’élection de Trump met au jour le «dangereux» phénomène de cassure entre une certaine élite métropolitaine et les populations vivant en milieu rural ou plus reculé des grands centres.

«C’est ça qui m’inquiète. Et on ferait l’erreur de dire qu’au Canada qu’on est à l’abri de ça. C’est pas parce qu’on a un gouvernement populaire et un jeune premier ministre, qu’on est à l’abri. Il y a ici des gens ayant des problèmes économiques, financiers, des gens qui se sentent exclus…On pourrait être pris avec des problématiques semblables», constate-t-il.

andre pratte

Le sénateur indépendant et ex-éditorialiste en chef du quotidien La Presse, André Pratte.

Une solution? À son avis, il faut que les élus soient capables de trouver un juste milieu entre être à l’écoute des électeurs et ne pas sombrer dans le populisme pour faire plaisir… «Là il y a un juste milieu très difficile à trouver». «C’est facile pour moi de dire une telle chose, je ne suis pas élu, je n’ai pas eu à gagner des votes… Mais à mon avis la pire chose est de sombrer dans le populisme», ajoute M. Pratte.


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