POLITIQUE

La victoire de Trump peut-elle inspirer le Parti conservateur du Canada?

14/11/2016 05:47 EST | Actualisé 14/11/2016 05:48 EST

Donald Trump doit-il être vu comme un modèle? La question est loin de faire l'unanimité au sein du Parti conservateur du Canada, qui est en pleine course à la direction. Si la candidate Kellie Leitch ne se gêne pas pour s'associer au prochain président américain, bien des conservateurs estiment que la formule Trump ne peut pas s'appliquer au pays.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Dans une course à douze candidats, la question s'impose. Comment pouvez-vous vous démarquer?

« Pas en imitant Donald Trump », lance d'entrée de jeu Chris Alexander, l'ancien ministre de l'Immigration.

S'il évoque le prochain président américain, c'est que pendant le premier débat des candidats conservateurs, mercredi, il en a été abondamment question. La candidate Kellie Leitch veut s'associer aux succès du républicain victorieux.

C'est cette députée ontarienne qui fait beaucoup parler d'elle depuis quelques mois avec sa proposition d'imposer un test de valeurs canadiennes aux immigrants conservateur.

Dimanche, la plupart des candidats dans la course à la direction ont échangé pendant un débat informel dans le sud d'Ottawa. Kellie Leitch n'a pas pu y participer et le nom de Donald Trump a beaucoup moins évoqué que lors du dernier débat.

Comprendre la frustration des électeurs

Même si la plupart des adversaires de Kellie Leitch critiquent ses prises de position, tous ne sont pas prêts à rejeter du revers de la main la formule Trump.

Ce même Chris Alexander, qui ne veut surtout pas imiter le prochain président américain, estime par exemple qu'il y a des leçons à tirer pour les politiciens canadiens quant à l'humeur des électeurs.

Pour le député de Beauce, Maxime Bernier, la victoire du candidat républicain envoie aussi un signal d'alarme aux politiciens canadiens sur les propos qu'ils tiennent pour séduire le plus grand nombre de personnes.

Et les militants, eux?

La question n'intéresse pas que les candidats.

Le débat de dimanche dans le sud d'Ottawa a attiré quelques centaines de membres du parti.

Avant l'événement, certains ont profité du temps doux pour discuter sous un chapiteau où la plupart des campagnes avaient installé des kiosques. Parmi ces membres très intéressés par l'avenir de leur formation, certains ont aussi offert leur réflexion sur ce qu'il faut retenir de l'élection présidentielle.

« Je pense que ce qui est arrivé aux États-Unis, c'est les États-Unis », dit un jeune militant de la région d'Ottawa. Selon lui, les réalités socio-économiques dans certaines régions américaines qui ont contribué à la victoire de Trump sont beaucoup moins présentes ici.

Même écho pour un partisan du candidat Michael Chong : « Ça ne marche pas au Canada », dit-il.

Non loin d'eux, un membre récent du parti est beaucoup plus nuancé. « Parfois il [Trump] ne dit pas les bonnes choses. Mais c'est un homme qui a réussi par lui-même, puis en politique. Je crois que ça va être à regarder dans les années qui vont venir », lance-t-il.

Divisions en vue

Si les candidats à la succession de Stephen Harper sont au diapason sur plusieurs enjeux, dont le libre-échange, les récents débats ont montré que certaines divisions persistent au sein du Parti conservateur du Canada.

C'est le cas sur des enjeux comme l'environnement et l'immigration. L'entrée en scène du prochain président américain pourrait contribuer à exacerber davantage les tensions.

Le séisme a été si fort chez nos voisins qu'il est possible que même au sein des formations politiques canadiennes, on des secousses pendant encore un moment.

Parti conservateur: qui sont les candidats?