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Nigéria: les écolières de Chibok ont-elles été achetées ou échangées?

14/10/2016 08:55 EDT | Actualisé 14/10/2016 09:57 EDT
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On ne savait toujours pas avec certitude vendredi si les 21 écolières nigérianes kidnappées par les militants de Boko Haram dans la ville de Chibok il y a plus de deux ans, et relâchées jeudi, l'ont été en échange de leaders du groupe djihadiste ou d'une rançon, ou des deux.

Un négociateur nigérian qui n'a pas été impliqué dans les événements a affirmé à l'Associated Press qu'une "belle rançon" de plusieurs millions de dollars a été versée aux djihadistes par le gouvernement suisse, au nom des autorités nigérianes. La Suisse doit remettre cette année au Nigéria quelque 321 millions $ US en fonds pillés par l'ancien dictateur militaire Sani Abacha et qui avaient été gelés; les Suisses auraient l'intention de récupérer le montant de la rançon à même cet argent.

Les dirigeants suisses ont confirmé jeudi qu'ils ont joué un rôle neutre et humanitaire dans la libération des écolières. Le Comité international de la Croix-Rouge a quant à lui confirmé que Boko Haram lui a remis 21 écolières de Chibok, et que les filles ont ensuite été confiées aux autorités nigérianes.

Un porte-parole du ministère suisse des Affaires étrangères a nié vendredi qu'une rançon ait été payée et indiqué que la restitution des 321 millions $ US est un dossier distinct qui impliquera notamment la Banque mondiale.

Tout près de 200 filles manquent encore à l'appel, mais on ne sait pas combien d'entre elles vivent toujours. Les autorités nigérianes assurent que les négociations se poursuivent pour obtenir leur libération.

Deux responsables militaires ont confié à l'Associated Press, eux aussi sous le couvert de l'anonymat, que les écolières ont été échangées contre quatre leaders djihadistes. Le vice-président nigérian Yemi Osinbajo nie toutefois qu'un tel échange ait eu lieu et il n'a fait aucune mention d'une rançon.

Un quotidien nigérian, le Daily Trust, rapporte qu'aucune rançon n'a été versée, car les quatre leaders libérés ne voulaient pas l'être, puisqu'ils craindraient pour leurs vies au moment où Boko Haram est déchiré par une guerre de pouvoir intestine.

Les parents de certaines filles se rendaient vendredi à Abuja, où les enfants ont été transférées, pour les retrouver.

C'est la première fois que des écolières sont libérées au terme de tractations. Des négociations avaient avorté l'an dernier quand Boko Haram a réclamé un montant de 5,2 milliards $ US pour leur liberté.

L'enlèvement de 276 écolières en avril 2014 a valu la colère du monde à Boko Haram, un groupe islamiste extrémiste nigérian. Des dizaines de filles ont pu s'échapper, mais la plupart n'ont jamais été revues.

Une fille qui a réussi à s'échapper au mois de mai a raconté à sa mère que certaines de ses compagnes sont mortes et que d'autres ont été mariées à des djihadistes. Plusieurs seraient enceintes ou auraient déjà des enfants.

Seulement trois des 21 écolières relâchées n'ont pas de bébé.

Boko Haram diffuse une vidéo des otages (15 août 2016)


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