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Revenus tirés de la diffusion en continu: l'ADISQ réplique à Diane Tell

13/10/2016 11:15 EDT | Actualisé 13/10/2016 11:16 EDT
RADIO-CANADA

L'ADISQ conteste les chiffres évoqués par la chanteuse Diane Tell, qui a défendu le nouveau modèle de la diffusion en continu, le streaming, en entrevue à RDI économie, mardi. Selon la directrice de l'association représentant l'industrie musicale au Québec, Solange Drouin, il y a un «décalage» entre les données de Diane Tell et ce que l'ADISQ observe dans la réalité.

La chanteuse dit avoir touché 904 $ tirés des redevances d'un peu plus de 245 000 écoutes, en août dernier. Le Devoir affirmait le printemps dernier que Jean Leloup n'avait touché que 30 $ pour 540 000 écoutes sur Spotify.

« On ne peut pas comparer les deux sommes et affirmer que les intermédiaires sont responsables de la différence entre ces deux sommes. Jean Leloup reçoit des redevances aussi à titre d'auteur-compositeur, entre autres. Il tire sûrement aussi des revenus à titre d'interprète découlant de son contrat avec la compagnie qui le représente », soutient Solange Drouin.

Diane Tell tire des revenus plus élevés parce qu'elle est propriétaire de sa maison de production et d'édition et qu'elle a conservé la propriété de ses droits. « Même les revenus générés au taux présenté par Mme Tell sont très bas, affirme Solange Drouin. Par exemple, 5 millions de streams dans une année ne généreraient que 18 000 $ pour l'ensemble des partenaires d'un projet artistique. Dans un marché comme le nôtre, un tel niveau de streams est très difficile à envisager pour une masse critique d'artistes, notamment ceux de la relève qui n'ont pas de catalogue de chansons à faire fructifier. »

Par ailleurs, Solange Drouin maintient que la vente d'albums physiques est beaucoup plus payante pour les artistes que ce que laisse entendre Diane Tell. Elle ajoute que les ventes de CD et de vinyles sont en chute. « Au Québec, les ventes de CD sont passées de 13 millions d'albums vendus en 2005 à moins de 6 millions en 2015, une baisse de 57 % au cours d'une période de 10 ans. »

Le vinyle, ajoute Solange Drouin, est un « marché de niche en augmentation au cours des dernières années. Cependant, ce marché semble s'être déjà stabilisé autour de 4 % du marché total des ventes [physiques et numériques] aux États-Unis. [...] Au Canada, la part du marché du vinyle représente 2,1 % du marché total. Le marché est encore en progression, mais il n'a pas atteint le niveau de 4 % des États-Unis. »

Légende urbaine à propos de Jean Leloup

Par ailleurs, dans un message sur Facebook, Eli Bissonnette, président et directeur artistique de Dare To Care Records, la compagnie de disque de Jean Leloup, affirme que l'information sur la rémunération de l'artiste est fausse.

« Je ne sais pas c'est qui le premier à l'avoir sorti », écrit Eli Bissonnette, « mais clairement, il avait poché ses maths 416 et il était pressé de sortir son article et d'avoir ses clics. Et ceux qui reprennent l'info depuis un an sans faire le moindre fact checking parce que "ça doit être vrai, c'est écrit dans le journal" ne sont guère mieux et manquent clairement de rigueur journalistique et de professionnalisme. Voilà, je démens officiellement cette info, ici, aujourd'hui. C'est de la folie furieuse. BIEN SÛR que M. Leloup a un contrat de disque juste et équitable, à la hauteur de son talent et du personnage. Un contrat en phase avec les valeurs et l'éthique de Dare To Care. »

L'ADISQ se défend d'être nostalgique. « Nous déplorons seulement le fait que les revenus versés aux artistes et artisans du milieu de la musique découlant de ces services et de ceux qui les rendent accessibles au public [les fournisseurs d'accès Internet] ne soient pas suffisants pour permettre à une masse critique suffisante d'artistes québécois de vivre de leur art », de conclure Solange Drouin.

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