BIEN-ÊTRE

S'entraîner en colère ou en étant stressé pourrait provoquer une crise cardiaque

10/10/2016 08:45 EDT | Actualisé 10/10/2016 08:46 EDT
Martin Novak via Getty Images
Detail of young people jogging together in nature with sun setting behind them.

HAMILTON - Si vous êtes en colère ou stressé, vous feriez mieux de vous calmer avant d'aller courir ou de vous entraîner. Un effort intense déployé en étant stressé ou fâché triplerait les chances de souffrir d'une crise cardiaque en l'espace d'une heure, selon une étude canadienne.

L'exercice physique est un remède bien connu au stress et c'est un antidote efficace pour prévenir les maladies du coeur _ le plus grand problème, c'est que les individus n'en font pas assez.

Une nouvelle recherche menée par l'Institut de recherche sur la santé de la population de l'université McMaster, à Hamilton, suggère cependant qu'il pourrait y avoir de bons et de mauvais moments pour s'exercer et les extrêmes pourraient, au contraire, nuire à la personne.

L'étude, qui a été publiée lundi dans le journal de l'Association américaine des maladies du coeur, a été financée notamment par les Instituts de recherche en santé du Canada avec l'aide de bourses de pharmaceutiques.

Barry Jacobs, psychologue aux centres hospitaliers Crozer-Keystone à Philadelphie et bénévole à l'Association américaine des maladies du coeur, a indiqué que l'étude démontrait une fois de plus le lien entre l'esprit et le corps.

D'autres recherches avaient abordé cette relation entre la colère et l'effort, mais la plupart avaient un échantillon modeste ou elles avaient été menées dans un seul pays.

"Nous continuons de conseiller aux patients de faire de l'exercice physique régulièrement, dont ceux qui font de l'exercice pour diminuer les symptômes de stress", a affirmé le docteur Andrew Smyth, qui a dirigé l'étude. Il a toutefois ajouté que les patients ne devraient pas sortir de leur routine dans des moments où ils sont particulièrement colériques ou stressés.

La nouvelle étude s'est penchée sur 12 461 personnes qui ont souffert d'une première crise cardiaque et provenant de 52 pays. L'âge moyen était de 58 ans et les trois quarts des cas étaient des hommes.

Les patients ont rempli un sondage pour déterminer s'ils étaient en colère ou bouleversés et s'ils avaient fourni un effort physique une heure avant l'épisode de crise cardiaque.

Les individus qui étaient en colère ou bouleversés et qui avaient fourni un effort physique avaient trois fois plus de chance d'éprouver des problèmes de coeur. Le risque était plus élevé entre 18 h et minuit et les résultats étaient indépendants d'autres facteurs tels que le tabac, la haute pression ou l'obésité.

Il faut toutefois considérer deux potentiels problèmes à l'étude. Les patients ont fait état eux-mêmes de leur colère ou de leur stress et certaines personnes qui viennent de souffrir d'une crise cardiaque ont tendance à penser qu'ils ont éprouvé ces symptômes avant l'épisode. Par ailleurs, l'effort physique peut être perçu différemment d'un patient à l'autre _ une activité physique exigeante consiste à monter des escaliers pour certains, alors que pour d'autres, c'est de courir un marathon.

Il s'agit aussi d'une étude par observation; elle ne peut pas faire de lien de cause à effet.

Voir aussi:

  • Excuse potentiellement recevable: vous êtes malade
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    Vous devez impérativement renoncer à vos exercices si... les problèmes se situent plus bas que le cou.

    La cause : courbatures, fièvre, congestion pulmonaire, diarrhée et autres problèmes digestifs peuvent être accentués par l’activité physique, indique Lipi Roy, médecin et enseignante clinique en médecine au Massachussetts General Hospital de Boston. Ces symptômes s’accompagnant souvent de déshydratation, le fait de transpirer n’arrangera rien. Au-dessus du cou, les symptômes du nez qui coule, de la gorge qui gratte ou une légère toux sont toutefois susceptibles d’être résorbés par une activité physique raisonnable.

    Quand reprendre l’exercice : une fois que les symptômes ont disparu, mais en douceur. Si vous avez eu de la fièvre, attendez que votre température se soit stabilisée au moins deux jours de suite avant de vous y remettre pour de bon, prévient Michele Olson, docteur et professeur en sciences de l’activité physique à l’université d’Auburn (Alabama).
  • Excuse potentiellement recevable: Vous avez mal dormi la nuit dernière
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    Vous devez impérativement renoncer à vos exercices si... vous aviez prévu de commencer la journée par un peu d’exercice, mais vous avez vraiment passé une mauvaise nuit (cinq ou six heures de sommeil maximum).

    La cause : dans un monde parfait, vous dormiriez le nombre d’heures recommandées et vous feriez de l’exercice tous les jours. Mais, quitte à choisir, préférez le sommeil. Il est essentiel au maintien des mécanismes de base (fonctions cognitives, régulation de l’appétit, etc.) et votre entraînement, si vous le poussez, s’en trouvera amélioré étant donné qu’un sommeil de qualité permet de mieux s’entraîner. Qui plus est, vous risqueriez de vous blesser. “Si, en début de matinée, un patient me prévient qu’il est très fatigué, nous n’exécutons pas de mouvements complexes, parce que je sais qu’il n’est pas suffisamment alerte et concentré pour les faire correctement et sans se blesser”, remarque Jessica Matthews, consultante santé et condition physique chez ACE et professeure adjointe en science de l’activité physique à l’université Miramar de San Diego (Californie).

    Quand reprendre l’exercice : dès que vous aurez retrouvé un sommeil de sept à neuf heures par nuit.
  • Excuse potentiellement recevable: Vous ne vous êtes pas remis-e de votre dernière séance
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    Vous devez impérativement renoncer à vos exercices si... vous êtes tellement courbaturé que le moindre geste du quotidien est douloureux (comme le fait de s’asseoir ou de sortir du lit).

    La cause : aussi désagréable soit-il de faire travailler des muscles extrêmement endoloris, là n’est pas le facteur principal. “Ce niveau de courbatures, parce qu’il entrave votre capacité de mouvement, augmente les risques de blessure”, ajoute-t-elle.

    Quand reprendre l’exercice : une fois que vos muscles auront récupéré, c’est-à-dire quand il vous en coûtera moins de vous déplacer et d’exécuter les mouvements de base.
  • Excuse potentiellement recevable: Vous vous êtes blessé-e
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    Vous devez impérativement renoncer à vos exercices si… Pas de mise en garde qui tienne. Si vous savez que vous êtes blessé, ou pensez l’être, faites une pause.

    La cause : en cas de cheville foulée, vous pourriez être tenté de limiter vos exercices à la moitié supérieure de votre corps, mais c’est plus compliqué que ça. “Toutes les parties du corps sont connectées", explique-t-elle. "Donc, même si la blessure est localisée sur l’épaule, les mouvements de votre corps quand vous marchez lentement sur un tapis de course, par exemple, pourrait aggraver la blessure.” À mesure que vous vous rétablirez, vous pourrez reprendre tranquillement l’entraînement, mais il faut être conseillé par un professionnel de la santé. Consultez votre médecin si vous pensez être victime d’une blessure. Il ou elle en évaluera la gravité et vous orientera vers un thérapeute physique ou un spécialiste en médecine sportive pour des exercices plus adaptés.

    Quand reprendre l’exercice : quand votre médecin ou le spécialiste le dira.
  • Excuse potentiellement recevable: Pour vous, chaque séance de gym est un défi personnel
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    Vous devez impérativement renoncer à vos exercices si... vous vous reconnaissez dans l’un de ces énoncés : les exercices qui sont habituellement difficiles semblent impossibles ces derniers temps parce que vos muscles vous font mal en permanence, parce que vous êtes victime de troubles du sommeil ou parce que votre rythme cardiaque au repos semble plus élevé que d’habitude. Ce sont des symptômes du syndrome de surentraînement, explique le Dr Olson.

    La cause : votre corps demande grâce. Le syndrome de surentraînement ne touche pas seulement les sportifs de haut niveau, précise-t-elle. Si vous augmentez l’intensité ou la durée de vos séances de manière déraisonnable et que vous essayez de tenir ou de surpasser ce niveau à chaque séance (au lieu, par exemple, d’y aller fort le lundi et plus tranquillement le vendredi), vous pouvez en être victime.

    Quand reprendre l’exercice : une fois que votre rythme de sommeil sera rétabli. C’est un bon indicateur de l’état de votre corps.

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