POLITIQUE

Ensaf Haidar espère que son mari Raïf Badawi se méritera le prix Nobel de la paix (VIDÉO)

06/10/2016 05:37 EDT | Actualisé 06/10/2016 08:29 EDT

OTTAWA – Ensaf Haidar se croise les doigts. Elle espère que son mari Raïf Badawi, emprisonné en Arabie saoudite, se méritera le prix Nobel de la paix 2016. Le gagnant sera dévoilé vendredi.

L’épouse du blogueur saoudien, condamné à 1000 coups de fouet, croit qu’un prix Nobel « relancerait le fait que Raïf est le symbole actuel de la paix et surtout de la liberté d’expression, de conscience, de religion et de presse », a-t-elle fait savoir via son interprète et la directrice générale de la Fondation Raïf Badawi, Evelyne Abitbol.

«M. Trudeau a aidé beaucoup de monde. J’espère qu’un jour, il va aider Raïf» - Ensaf Haidar

Le blogueur faisait partie des nominés du prix Nobel de la paix en 2015, aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel, du pape François et d’Edward Snowden, sonneur d’alarme de la National Security Agency (NSA). C’est finalement le Dialogue national tunisien qui s’est mérité le prix du comité norvégien l’an dernier.

Mercredi, Ensaf Haidar était à Ottawa aux côtés de l’ancien ministre libéral Irwin Cotler pour demander au gouvernement canadien – et au premier ministre Justin Trudeau, en particulier – de redoubler d’ardeur afin de libérer son mari.

ensaf haider

Ensaf Haidar se bat pour revoir son mari emprisonné. (Photo : PC)

Jeudi, elle s’adressera à la presse au siège des Nations unies à New York pour décrire sa déception à la suite de l’inaction de l’Arabie saoudite à la tête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

« Ensaf a eu un immense espoir que Raïf soit libéré. Elle voyait cette nomination comme une ouverture du pays aux droits humains. Et imaginait la libération imminente », décrit Evelyne Abitbol.

«Le Canada a été le champion des droits de l’homme et doit le redevenir de façon plus forte avec des cas comme celui de Raïf» - Evelyne Abitbol

Malgré les embûches et les voyages successifs pour raconter son histoire, l’épouse du blogueur saoudien ne perd pas espoir. Elle demande maintenant au premier ministre Trudeau de l’aider pour que ses trois enfants puissent retrouver leur père au Canada.

« Il m’a donné l’espoir. M. Trudeau a aidé beaucoup de monde. J’espère qu’un jour, il va aider Raïf. Je sais, il n’a pas la citoyenneté encore, mais on habite ici. On a besoin que toute la famille reste ensemble », a-t-elle confié au Huffington Post Québec – dans un très bon français.

« Quand M. Trudeau est devenu premier ministre, j’étais très contente. Il connait l’histoire de Raïf, il connaît notre histoire. J’espère… et j’ai encore espoir. »

Redevenir le «champion» des droits de l’homme

Québec a remis un certification de sélection pour des motifs humanitaires à Raïf Badawi en juin 2015. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, avait dit à l’époque qu’il s’agissait d’un « geste fort » pour qu’il vienne s’installer dans la province avec sa famille, une fois libéré.

Evelyne Abitbol presse Ottawa d’emboîter le pas au gouvernement du Québec. « Le Canada a été le champion des droits de l’homme et doit le redevenir de façon plus forte avec des cas comme celui de Raïf, dont la famille vit ici, au Canada et lui émettre un sauf-conduit, ça s’est déjà vu! »

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’est défendu mercredi de ne pas en faire assez pour libérer le blogueur. Pourtant, son parti adressait les mêmes critiques au gouvernement Harper quand il était dans les bancs de l’opposition.

« Savez-vous si on n’a pas pris le téléphone? Alors on ne dit rien de ce genre de choses pour s’assurer qu’on aura de bons résultats », a-t-il rétorqué aux journalistes qui le questionnaient à ce sujet.

Le ministre Dion a déjà réclamé la « clémence » dans le cas précis de Raïf Badawi auprès de son homologue saoudien, lors d’une rencontre en décembre dernier. Le premier ministre Justin Trudeau avait pour sa part dit qu’il n’était pas prêt à s’impliquer personnellement dans le dossier.

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