POLITIQUE

Alimentation : la sénatrice Nancy Greene Raine veut interdire la publicité destinée aux enfants (VIDÉO)

28/09/2016 07:08 EDT | Actualisé 28/09/2016 08:04 EDT

OTTAWA – En tant qu’ancienne athlète olympique, la sénatrice Nancy Greene Raine s’inquiète de voir une proportion grandissante d’enfants obèses au Canada et des répercussions sur le système de santé canadien.

« L’obésité, c’est une crise. De plus en plus, les jeunes prennent trop de poids, et ça continue toute leur vie. Quand ils arrivent à 30 ou 40 ans, ils auront des maladies qu’ils n’auraient pas s’ils avaient eu une vie active et saine », déplore-t-elle en entrevue avec Le Huffington Post Québec.

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La sénatrice Greene Raine (deuxième à partir de la droite). (Photo : HuffPost)

L’Organisation mondiale de la santé a identifié le marketing d’aliments malsains et en faibles apports caloriques comme étant l’un des principaux facteurs de l’obésité à travers le monde. Quelques pays, dont le Mexique, le Royaume-Uni, la Suède ou la Norvège, ont déjà adopté des restrictions pour limiter les dommages.

La sénatrice conservatrice, qui a été consacrée athlète féminine canadienne du 20e siècle, pense qu’il faut s’attaquer à la base du problème. C’est pourquoi elle a déposé le projet de loi S-228 qui interdirait la publicité pour les aliments et boissons qui ciblent les enfants de moins de 13 ans partout au Canada.

Intitulée Loi sur la protection de la santé des enfants, l’initiative de Nancy Greene Raine vise à éliminer les emballages, étiquettes, publicités et autres techniques de marketing qui amènent les petits à consommer des aliments souvent trop sucrés ou trop gras.

Fini, les petits bonhommes sur les boîtes de céréales ou les couleurs vives qui attirent l’œil. L’objectif serait de rendre les emballages neutres le plus possible, afin d’éviter que les enfants réclament une marque de nourriture plus qu’une autre. Cela permettrait également de mettre tous les aliments sur le même pied d’égalité.

Les lois actuelles sont trop permissives, dit-elle, et mettent les parents dans une situation impossible lorsqu’ils vont à l’épicerie avec leurs petits. « Ce n’est pas facile pour les parents qui veulent faire la bonne chose. Les enfants demandent toujours les produits qui ne sont pas bons [pour la santé]. »

En ce moment, seul le Québec interdit la publicité destinée aux moins de 13 ans pour tous les produits. Mais la Loi sur la protection du consommateur a été adoptée en 1980, et avec les avancées technologiques, il devient de plus en plus facile de contourner les règles.

Si elle salue le leadership de la province dans ce domaine, la sénatrice Nancy Greene Raine croit malgré tout qu’un cadre fédéral plus restrictif – qui engloberait toutes les techniques de marketing – devrait être appliqué à l’ensemble du Canada.

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Un enfant sur cinq réclame des marques d'aliments spécifiques. (Photo : Thinkstock)

Son projet de loi vient d’ailleurs rejoindre la lettre de mandat de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott. Le premier ministre Justin Trudeau lui a demandé d’adopter « de nouvelles restrictions, semblables à celles maintenant en vigueur au Québec, sur la publicité visant la consommation de boissons et d’aliments mauvais pour la santé destinée aux enfants ».

Nancy Greene Raine a déposé son projet de loi au Sénat, mais il devra être adopté par ses collègues, puis envoyé à la Chambre des communes avant de recevoir la sanction royale du gouverneur général. Il entrerait en vigueur un an après.

La sénatrice se dit convaincue que son projet de loi recevra l’appui du gouvernement Trudeau, puisqu’elle en a déjà parlé avec la ministre Philpott, qui l’a encouragée à poursuivre ses efforts.

Gageons que les États-Unis, qui fait face à une épidémie d’obésité sans précédant, surveillera les actions du Canada du coin de l’œil.

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