POLITIQUE

Feu vert d'Ottawa pour le projet Pacific NorthWest LNG (VIDÉO)

28/09/2016 07:39 EDT | Actualisé 28/09/2016 12:50 EDT

Le projet de gaz naturel liquéfié Pacific NorthWest LNG dans le nord de la Colombie-Britannique a reçu le feu vert du gouvernement fédéral du Canada, mais à certaines conditions.

Un texte de Philippe Moulier

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a fait son annonce à Richmond, en banlieue de Vancouver, aux côtés de la première ministre de la province, Christy Clark.

Le ministre Jim Carr des Ressources naturelles et le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic LeBlanc, étaient aussi présents lors de l'annonce.

Cette décision concerne le plus important développement de ressources naturelles privé dans l'histoire du Canada. Celui-ci est appuyé en majorité par le géant énergétique Petronas de Malaisie. Il doit permettre d'acheminer du gaz naturel refroidi sous forme liquide puis transporté par bateau vers des marchés asiatiques.

Le projet de 36 milliards de dollars près de Prince Rupert dans le nord de la province fait l'objet d'une colère d'écologistes et de Premières Nations qui estiment que cet immense projet met à risque l'environnement.

Présente sur place, Christine Smith-Martin, de la Première Nation Tsimshian, n'a pas tardé à réagir, dénonçant le fait qu'une rencontre avec des chefs autochtones qui devait avoir lieu à Ottawa ce mardi ait été annulée, le jour même de l'annonce.

Tenant un pot contenant du saumon entre les mains, elle a critiqué la décision du fédéral, qui met en péril, selon elle, le saumon sauvage, au coeur de la culture traditionnelle de sa communauté.

Par voie de communiqué, le Sierra Club de la Colombie-Britannique déplore la décision, parlant d'un jour sombre pour le saumon et pour le climat. Le groupe croit que cette décision a été prise sans prendre compte des risques que l'usine de Petronas pose « pour des centaines de millions de saumoneaux dans l'estuaire Skeena ».

La Chambre de commerce du Grand Vancouver salue toutefois cette annonce, qui « énergisera l'économie canadienne », selon son président et PDG, Iain Black.

Le gouvernement du Canada affirme que ce projet créera 4500 emplois lors de son étape de construction ainsi que 630 emplois directs et indirects pendant l'exploitation de l'usine.

Ottawa dit également que l'économie en profitera à long terme et que des mesures seront prises pour protéger l'environnement. Selon le fédéral, Pacific NorthWest LNG est soumis à 190 conditions juridiquement contraignantes qui minimisent les risques à la santé des poissons, des mammifères marins, des oiseaux migrateurs, des terres humides et des humains.

Date limite

Le cabinet fédéral avait jusqu'au 2 octobre pour dire s'il approuvait ou rejetait le projet de Pacific NorthWest LNG qui avait déjà reçu le feu vert du gouvernement de la Colombie-Britannique.

En février, un rapport préliminaire de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale avait indiqué que cette usine et ses pipelines rajouteraient dans l'atmosphère de 6,5 à 8,7 mégatonnes de gaz à effet de serre chaque année, et deviendraient « le plus gros émetteur de gaz à effet de serre au Canada ».

Petronas avait annoncé initialement qu'il ferait avancer le projet si Ottawa lui donnait son accord. Depuis, l'entreprise dit vouloir « réexaminer le tout » avant de prendre une décision définitive.

Les prix courants du gaz naturel continuent d'être poussés vers le bas en raison d'un surplus sur le marché et de l'ouverture de plusieurs usines de gaz naturel liquéfié dans le monde, notamment en Australie et aux États-Unis.

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