NOUVELLES

Feu à Charlesbourg : un pompier aurait ordonné de sauter du 4e étage

21/09/2016 01:18 EDT | Actualisé 21/09/2016 01:48 EDT
Radio-Canada

C'est bel et bien un pompier qui a donné la directive aux occupants d'un logement en feu à Charlesbourg de sauter du 4e étage de l'immeuble, selon trois policiers qui sont intervenus le 6 janvier dernier. Leurs témoignages contredisent ainsi les conclusions du rapport préliminaire du Commissariat aux incendies de la Ville de Québec.

L'avocate des occupants, Me Dominique Bertrand, se dit « choquée » et souhaite la tenue d'une enquête indépendante pour déterminer pourquoi ces témoignages n'ont pas été mentionnés.

Les dépositions des policiers apparaissent dans les annexes du rapport d'enquête sur l'événement qui a fait deux blessés graves et dont Radio-Canada a obtenu copie.

Ces policiers affirment qu'en constatant qu'il était impossible de déployer la grande échelle, un pompier a donné l'ordre pour que l'enfant, sa mère et son conjoint sautent du balcon de l'appartement pour échapper aux flammes.

En juin dernier, le sommaire du rapport du Bureau du commissaire aux incendies a pourtant accrédité le témoignage des pompiers qui affirment que des voisins avaient incité les occupants de l'appartement à sauter.

Le chef investigateur Jean-Pierre Boilard mentionnait par ailleurs dans son rapport que ces témoins auraient eu «intérêt à se taire et laisser les pompiers faire leur travail».

L'avocate de la famille choquée

En possession des annexes contenues dans le rapport, Me Dominique Bertrand était au courant de l'existence de ces témoignages dont le rapport ne fait pas mention.

« On est à faire des vérifications pour voir si ces annexes-là ont été consultées en entier par le commissaire. On ne peut pas concevoir que quelqu'un aurait volontairement camouflé des informations importantes », affirme Me Bertrand.

Est-ce que quelqu'un peut sciemment avoir décidé de protéger quelqu'un ou de ne pas vouloir révéler au public l'entièreté de la chose, alors que cette personne-là doit être neutre? ―Me Dominique Bertrand, avocate de la famille

L'avocate de la famille qui songe toujours à intenter une poursuite contre la Ville de Québec réclame la tenue d'une enquête indépendante. Me Bertrand met en doute l'indépendance du Commissariat aux incendies.

«Le Commissariat aux incendies dépend de la Ville de Québec. Ça prendrait un organisme indépendant qui vienne essayer de nous expliquer pourquoi les informations-clés qui sont dans les déclarations ne se retrouvent pas dans le rapport.»

De nouvelles informations, dit le syndicat

Le président du Syndicat des pompiers de la Ville de Québec insiste pour sa part sur la neutralité du Commissariat aux incendies.

Éric Gosselin soutient que ces informations sont nouvelles et que les pompiers ont bien fait leur travail ce soir-là. « Le contenu du rapport pour nous est suffisant. Pour le reste, tout est devant les tribunaux », dit-il.

Le rapport de 45 pages du commissaire confirme en effet que la grande échelle du premier camion arrivé sur place a été l'objet d'un bris, mais que malgré ce bris mécanique, les pompiers avaient une solution de rechange et ont agi rapidement.

La chute n'a pas eu de conséquence pour l'enfant de 10 ans, mais la mère et son conjoint ont subi, eux, des blessures importantes aux jambes et au dos.

Nathalie Chicoine porte désormais des prothèses pour se déplacer et ne peut plus travailler comme infirmière auxiliaire.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter