POLITIQUE

Rentrée parlementaire à Québec : Voici ce qu'il faut surveiller

19/09/2016 04:55 EDT | Actualisé 20/09/2016 03:40 EDT

QUÉBEC – C’est la rentrée parlementaire à Québec mardi et plusieurs dossiers occuperont l’actualité au cours des prochains mois.

Déjà, on peut prévoir que l’opposition voudra ramener dans l’actualité le dossier de la vente des actions de Rona par Investissement Québec, de même que l’attribution d’une importante subvention à un proche du ministre Laurent Lessard.

Plusieurs projets de loi retiendront également l’attention, notamment sur le toujours délicat dossier des accommodements raisonnables.

Voici donc ce qu’il faudra surveiller sur la colline parlementaire cet automne.

  • Régler les dossiers du printemps
    Associated Press
    La rentrée parlementaire ressemble beaucoup au «jour de la marmotte», cette année. En effet, de nombreux dossiers hérités de la dernière session parlementaire continuent d’occuper le gouvernement Couillard. Tout d’abord, les partis d’opposition veulent faire la lumière sur la vente de Rona à des intérêts étrangers, notamment le rôle du cabinet du premier ministre dans cette affaire. Le gouvernement doit également finaliser le projet-pilote avec Uber et calmer la grogne de l’industrie du taxi. Et c'est sans oublier les résultats de l’enquête sur les agissements des policiers envers les femmes autochtones à Val-d’Or, l'investissement du fédéral dans la C-Series de Bombardier et les suites des révélations au MTQ.
  • Pitbulls
    Parmi les projets de loi qui feront débat, on attend la solution du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, dans le dossier des pitbulls. Le ministre a déjà indiqué qu’il déposera un projet de loi cet automne, mais ira-t-il jusqu’à bannir cette race de chiens jugée dangereux, alors que son propre comité s’y opposait? De plus, il faudra voir si c’est Québec ou les municipalités qui sera chargé d’appliquer la loi.
  • Visage découvert et accommodements raisonnables
    Huit ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor, le Québec n’a toujours pas légiféré sur la question des accommodements raisonnables. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, entend régler la question avec son projet de loi 62, sur les services de l’État donnés et reçus à visage découvert, ainsi que l’encadrement des accommodements religieux dans les organismes publics. Québec refuse toutefois de légiférer sur le port de signes religieux par les employés de l’État, ce qui risque de déplaire aux partis d’opposition.
  • Réforme de l’aide sociale
    Alice Chiche
    Le premier ministre Philippe Couillard a fait part récemment de son irritation face aux délais pour adopter la réforme de l’aide sociale. Le projet de loi 70, qui vise à imposer des pénalités aux bénéficiaires qui refusent de participer à des mesures de réinsertion en emploi, a déjà passé près de 100 heures en commission parlementaire. Philippe Couillard est prêt à recourir au bâillon si l’opposition fait de l’obstruction.
  • Élections partielles
    RYAN REMIORZ/PC
    Quatre élections partielles auront lieu au cours des prochains mois. Si les circonscriptions de Verdun et de Marie-Victorin devraient rester respectivement aux mains du PLQ et du PQ, la CAQ bataillera ferme pour reprendre la circonscription de Saint-Jérôme (autrefois occupée par Jacques Duchesneau), après le départ du chef péquiste Pierre Karl Péladeau en mai dernier. Le parti de François Legault devra également reconquérir le cœur des électeurs d’Arthabaska, autrefois représenté par la députée Sylvie Roy, que la CAQ avait expulsé lors de son caucus l’année dernière. Devenue députée indépendante, Sylvie Roy est décédée subitement au courant de l’été. Au cours des dernières années, la circonscription d’Arthabaska a alterné entre la CAQ/ADQ et le PLQ.
  • Éthique
    PC
    À peine entré en poste, le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, doit s’expliquer sur une subvention de 3 millions $ accordée à l’entreprise Pyrobiom Énergies, présidée par son un ami et ex-conseiller politique, Yvon Nadeau. Après «l’affaire Hamad», l’opposition parle déjà d’une «affaire Lessard» et le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a ouvert une enquête. Il y a fort à parier que le sujet sera abordé dès la première période de questions mardi.
  • Resteront-ils?
    PC
    Sam Hamad n’a pas été blâmé par le commissaire à l’éthique pour son intervention en faveur de son ami Marc-Yvan Côté et la firme Premier Tech. Malgré tout, le premier ministre Philippe Couillard n’a pas profité du mini-remaniement causé par la démission de Jacques Daoust en août dernier pour réintégrer Sam Hamad au conseil des ministres. Idem pour Robert Poëti, qui a perdu son poste de ministre pour faire plus de place aux jeunes, aux femmes et aux représentants des régions, selon le premier ministre. Robert Poëti a d’ailleurs été approché par l’équipe du maire de Montréal Denis Coderre pour se lancer en politique municipale. Il n’a pas dit non.
  • Un nouveau chef au PQ
    Montage
    La Parti québécois se donnera un nouveau chef le 7 octobre prochain. Avec le nouveau système d’élections à date fixe, celui-ci aura donc deux années pour unifier le parti derrière lui et faire accepter son programme par les membres du PQ. Le nouveau chef devra aussi se mesurer en chambre au premier ministre Philippe Couillard et se démarquer par rapport au chef de la CAQ, François Legault, deux parlementaires aguerris.
  • Éducation
    PC
    Arrivé à mi-mandat, le gouvernement Couillard veut faire oublier les années d’austérité pour se concentrer sur les réinvestissements, principalement en éducation. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a déjà annoncé de nombreuses nouvelles enveloppes pour rénover des écoles, en plus de lancer une vaste consultation publique sur l’avenir de l’éducation.
  • Plus de pouvoirs aux villes
    PC
    Québec et Montréal devraient obtenir plus de pouvoirs de taxation cette année, avec les projets de loi qui leur accorderont les statuts de métropole et de capitale nationale. Les villes obtiendront également une plus grande marge de manœuvre en tant que gouvernement de proximité. Les choses risquent toutefois de se corser autour du projet de loi 110 sur la négociation des conventions collectives dans le secteur municipal. Les syndicats estiment que la réforme accorde trop de pouvoirs aux villes et ont promis de s’y opposer.
  • Affrontement avec le fédéral
    Alice Chiche
    Le ministre de la Santé Gaétan Barrette accuse son homologue fédéral de vouloir imposer des conditions à ses transferts en santé. Québec refuse par principe de se faire imposer des conditions, évoquant le respect de sa juridiction sur le domaine de la santé. Pourtant, en campagne électorale, Justin Trudeau avait promis une plus grande collaboration avec les provinces.